‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 300 sur 393 · Bordier, Géographie médicale, p · texte numérisé non relu

Bordier, Géographie médicale, p

6. Arch. méd. nav.y 1866, t. V, p. 5. Id. ibid., 1891, t. LVI, p. 343.

7. M. A. Legrand, Arch. méd. nav., 1891, t. LVI, p. 343 : Hépatite suppurative et abcès du foie en Nouvelle-Calédonie.

Cette maladie faisait presque absolument défaut pendant les premières années de l'occupation française. « Il ne faudrait cependant pas croire, ajoutait le D1" Lacroix, à son absence absolue chez des gens ayant antérieurement contracté une affection du foie. » A. partir de 1869, l'abcès du foie commence à devenir beaucoup plus fréquent. Sans atteindre à beaucoup près les mêmes proportions qu'au Sénégal, au Bengale, où cette affection occasionne 25 et 33 p. 100 de la mortalité générale, elle figure dans certains milieux calédoniens pour des chiffres s'élevant jusqu'à 8 p. 100. Quelles sont les causes de cet état de choses ? Ici, comme pour la plupart des autres maladies, il convient d'incriminer, outre le climat, des affections du foie contractées antérieurement, la dysenterie qui paraît souvent prédisposer à l'abcès du foie f, surtout la détestable hygiène, l'alcoolisme, qui est une des causes principales de suppuration du foie dans les pays chauds. « Si l'abcès du foie est devenu plus fréquent en Calédonie 9, c'est aussi sans doute que les années de séjour accumulent chezles sujets l'usure organique. La Nouvelle-Calédonie est un pays chaud, un pays à dysenterie, où l'on consomme bien souvent des eaux corrompues et malsaines ; l'île voit sa population, bien qu'encore peu nombreuse, s'entasser dans des bâtiments trop étroits, avec l'eau pure en quantité restreinte. » Et M. Legrand ajoute : « L'usage de l'eau bouillie est-il donc impossible à introduire dans nos [ mœurs coloniales? Il épargnerait tant de vies humaines ! »

De ce que l'eau en Nouvelle-Calédonie n'engendre pas la malaria, il ne s'en suit pas qu'elle soit toujours bonne à boire 3. Comme pour la dysenterie et l'hépatite suppurative, c'est l'eau sans doute qu'il faut incriminer pour la fièvre typhoïde, la plus répandue des maladies ubiquitaires qu'on observe en Calédonie. C'est une des causes principales de mortalité de la population européenne, une endémie toujours grave et redoutable. Assez rare au début, elle a enlevé chaque année, de 1861 à 1868, 5 à 6 p. 100 de l'effectif militaire. De 1869 à 1882, elle a occasionné 120 décès sur 263, soit 45 p. 100 de la mortalité totale à l'hôpital militaire ; de 1882 à 1890, elle a causé encore 60 décès sur un effectif de 1600 à 1700 hommes. Elle est due, dit M. Nicomède \ à l'absence de toute espèce de précaution contre elle.

Quant aux affections des voies respiratoires, si fréquentes chez les indigènes, elles sont assez rares dans la population européenne. Cependant la phtisie pulmonaire, la pneumonie infectieuse, font des victimes.

Il convient enfin de signaler la tendance qu'offrent en Calédonie les

t. La même carte s'applique à la distribution géographique de l'abcès du foie et de la dysenterie (Bordier, Géographie médicale, p. 2*21).

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