Island Life, p
caractère plus ou moins archaïque de la faune, distinguent celles qui sont récentes de celles qui sont isolées depuis longtemps. Quant aux lies océaniques, elles sont généralement situées loin des continents; toujours entourées de mers très profondes, bâties par des volcans ou des coraux, elles n'ont pas de mammifères terrestres ni d'amphibies, peu d'oiseaux et d'insectes, ordinairement quelques reptiles.
Les deux classifications de Peschel et de Wallace sont étroitement apparentées, et ne diffèrent l'une de l'autre que par des détails. Elles soulèvent de nombreuses difficultés par leurs affirmations trop absolues, et il n'est pas exact que les faits se passent dans la nature avec une pareille simplicité. M. Kirchhoff *, M. Hahn *, et tout récemment M. Jukes-Browne 3 ont formulé des réserves qui s'adressent surtout à Wallace, mais qui pour la plupart atteignent également Peschel.
M. Kirchhoff préfère le nom d'îles n'ayant jamais fait partie d'un continent, ou plus simplement îles originelles, au nom d'îles océaniques adopté par Wallace, « car, dit-il, quoique ces îles soient bien en général au milieu de l'Océan, il s'en rencontre aussi près des côtes, et des îles de pleine mer peuvent être des fragments de continents. » Il n'est pas exact non plus que les îles d'origine continentale soient toujours distinguées par leur variété de composition. Qu'on suppose le Mexique ou tel autre pays, dont les plus hauts sommets sont formés de roches éruptives récentes, disparu sous les flots, on n'observera plus que des volcans. II n'est pas exact non plus qu'il y ait toujours identité de composition géologique entre une île et le continent dont elle a été séparée : la montagne d'Agde, isolée de la côte voisine, ne la rappellerait nullement. Il y a des cas aussi où les recherches de faune et de flore sont complètement inutiles : par exemple les îles trop petites, ou encore les grandes îles polaires. L'absence de mammifères et d'amphibies dans une île ne prouvera pas toujours qu'elle n'a jamais fait partie d'un continent, car on peut concevoir une submersion totale ou tout autre cataclysme qui les ait fait disparaître. Wallace a donc émis des principes trop absolus en ce qui concerne la faune : « Il avait raison, dit Kirchhoff, d'adopter la loi de Darwin : « Les mammifères et les amphibies manquent sur toutes les îles d'origine non continentale. » Mais il ajoutait à tort : « Les îles continentales ont toujours des mammifères et des amphibies. »
Wallace avait prévu l'objection : « 11 est vrai, dit-il, que si une île continentale était complètement submergée en un jour, puis élevée, la faune de ses animaux terrestres périrait, et, si elle était à une distance
1. Zeiischr. fur wissensch. Géographie, t. III, p. 109 (1882).