LES MINES
Si Ton étudie la valeur économique de la Nouvelle-Calédonie et le rôle qu'elle peut être appelée à jouer, on se rend compte qu'elle est et doit être avant tout un pays minier.
Elle présente à cet égard une richesse et une variété vraiment exceptionnelles. On y trouve de l'or, de l'argent, du plomb, du zinc, du fer, du chrome, du cobalt, du nickel, de l'antimoine, du manganèse, de la houille. Il a fallu longtemps, il est vrai, pour faire connaître ces ressources ; au début, la colonie se croyait tellement dépourvue, qu'elle faisait venir d'Australie même la pierre à bâtir.
Les terrains miniers sont en majeure partie inutilisables soit pour la culture, soit même pour le pâturage f. La houille exceptée, les richesses minérales de l'île Canaque se présentent dans les régions les plus infertiles; la localisation est très nette, et l'on peut distinguer en Calédonie des districts miniers et des districts agricoles.
Il est évident que les mines, avec tout ce qui s'y rattache, sont complètement indépendantes des phénomènes de climat; leur répartition géographique est au contraire dans un rapport étroit avec la géologie. De même qu'on adistingué enCalédonie trois grandes régions géologiques, on peut y constater trois régions minières2 : 1° Les mines d'or, de cuivre et de plomb se rencontrent à peu près exclusivement dans les terrains primitifs, où elles paraissent en rapport avec les injections de roches vertes diabasiques et ophitiques. 2° Les minerais de fer, de chrome, de cobalt et de nickel sont localisés dans l'immense formation des serpentines modernes, et leur association avec les diverses éruptions subordonnées qui ont affecté cette formation est évidente. 3° Les gîtes d'antimoine et de manganèse se rencontrent au contact du trias et des mélaphyres. Enfin c'est dans la zone occupée par les terrains secondaires que se trouvent les gisements de charbon. Mines de cuivre dans le nord et le centre, mines de nickel dans l'est et le sud, mines de charbon