M. A. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p. 140 et 1 il
Il existe évidemment d'autres filons; ceux qui sont connus sont presque tous dans la vallée du Diahot, près de la grande ligne de contact qui sépare les deux étages inférieur et supérieur des terrains primitifs. 11 existe aussi quelques alluvions aurifères dans le lit de plusieurs ruisseaux affluents du Diahot, et dans beaucoup de torrents de la côte orientale, mais partout ces alluvions se sont montrées jusqu'à présent à la fois trop pauvres et trop peu développées pour qu'il soit possible de les utiliser.
La découverte des gisements de cuivre * date de la fin de 1872, époque où l'exploitation de l'or à Manghine avait attiré un assez grand nombre de mineurs dans la vallée du Diahot. La mine Balade, près de Ouégoa, fut exploitée de 1873 à 1884. Grâce à l'activité de Higginson, « le possesseur, l'agitateur,* le génie des mines de Ouégoa », l'industrie minière fut créée en Calédonie. Les Australiens accoururent, des hameaux naquirent, la contrée prit l'aspect d'un canton du Queensland. Les minerais étaient transportés à Newcastle, en Australie, où on les traitait. Une mauvaise administration, la baisse du cuivre, des difficultés d'exploitation, amenèrent en 1884 la suspension de l'exploitation, qui avait donné 40 000 tonnes de minerai d'une teneur moyenne de i5 p. iOO.
Le cuivre a cependant été exploité sur d'autres points; la mine Mural, après avoir donné 1400 tonnes de minerai, en 1884, s'est arrêtée. La mine Ao, découverte en 1887 dans le bassin de la Néhoué, paraît posséder un filon assez riche; mais l'exploitation dura peu : il en fut de même pour les minerais de plomb argentifère et de zinc de la Mérétrice et de Pilou, un peu exploités en 1890. Seules les mines de cuivre de Némou et de Pilou ne semblent pas définitivement abandonnées ; découvertes en 1884 à 10 kilomètres de Pam, dans la presqu'île d'Arama, elles ont donné 1700 tonnes en 1886, et furent un instant, vers cette époque, le centre minier le plus important de la colonie; elles ne sont pas exploitées actuellement*.
Les gîtes cuprifères se rencontrent soit à l'état d'amas intercalés dans les micaschistes, soit en filons recoupant les schistes des terrains primitifs. Amas et filons paraissent puissants et riches, et sont, comme les gîtes aurifères, subordonnés aux injections diabasiques anciennes.
On le voit, toutes ces mines sont réparties dans la région du Diahot. Il y a là un centre minier qui, après avoir eu une certaine importance, a été à peu près complètement abandonné; si, pour les mines d'or, le peu de richesse des filons paraît être la cause de l'échec, il n'en est pas de même pour les mines de cuivre, dont le médiocre succès est dû à d'autres motifs.