‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 313 sur 393 · Pelatan, p · texte numérisé non relu

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pratiques faits sur une grande échelle par nombre de caboteurs, par des paquebots des Messageries Maritimes, et môme par des vaisseaux de guerre de la station. Ces essais ont établi, à n'en pouvoir douter, que les charbons de Calédonie sont applicables au chauffage des chaudières marines. Les forges locales font journellement usage des charbons du pays : c'est encore là une preuve de la possibilité d'employer utilement ces combustibles pour une foule d'usages métallurgiques.

Les charbons calédoniens sont donc utilisables pour la navigation et l'industrie en général. S'ensuit-il que les bassins carbonifères d'où ils proviennent aient eux-mêmes une valeur industrielle assurée et que des exploitations puissent y prospérer? Il serait prématuré de l'affirmer. Cependant il est difficile de supposer qu'il n'existe pas de quartiers exploitables dans toute l'étendue d'une formation houillère dont les divers lambeaux recouvrent une si vaste superficie, et où affleurent des couches mesurant jusqu'à 6 mètres de puissance. Des faisceaux régulièrement exploitables se développent presque certainement sous les vallées de la Coulée, de la Dombéa et de Païta, dans le bassin de Nouméa, ainsi que sous les vallées de Moindou et de la Foa, dans le bassin de Moindou.

Si, au point de vue technique, quelques doutes "subsistent encore, au point de vue économique il n'est point douteux que l'exploitation des gisements houillers de Calédonie présenterait de grands avantages f : si on tient compte de ce que peut être l'avenir d'un pays renfermant des richesses minérales de toutes sortes, il faut bien reconnaître que rarement les conditions naturelles sont aussi favorables que dans notre colonie du Pacifique au développement d'exploitations houillères.

En effet, si les mines de cuivre n'ont été exploitées que par intermittence, si les mines de nickel elles-mêmes n'ont pas toujours eu la prospérité qu'elles pouvaient espérer, si les autres mines sont demeurées à peu près inexploitées, il y a à ce fait des raisons très générales, qu'on indiquera, et auxquelles il faut remonter pour s'expliquer que l'archipel Canaque n'ait pas été mis en valeur. Cependant il faut bien reconnaître que la présence de la houille exploitable dans la colonie même serait, pour toutes les industries minières, un élément capital de succès. Notre colonie ne pourra jamais songer à exporter ses combustibles en concurrence avec ceux des opulents charbonnages australiens; mais elle a l'immense avantage de pouvoir arriver à consommer elle-même, le cas échéant, des quantités considérables de charbon pour le traitement de ses minerais. Il entre actuellement en Nouvelle-Calédonie une quantité de houille qui peut être évaluée à environ 18 000 tonnes * ; ce combustible provient de Newcastle, le grand port charbonnier de l'Australie .

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