‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 314 sur 393 · Pelatan, p · texte numérisé non relu

Pelatan, p

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Il est clair que si la consommation locale devait rester réduite à ces 18000 tonnes, il deviendrait illusoire de songer à entreprendre une exploitation houillère quelconque. Mais ce n'est pas le cas, et le jour où il serait possible d'extraire des combustibles du sol calédonien, cette consommation se développerait dans des proportions considérables. Il faut tenir compte des navires à vapeur qui fréquentent la colonie ; les Messageries à elles seules achètent 22 000 tonnes de charbon à Sydney; avec les fonderies de cobalt, de cuivre, de nickel, M. Pelatan pense que la consommation pourrait atteindre 150 000 tonnes. Que serait-ce si l'on mettait en exploitation les inépuisables gisements de fer du sud de l'île, et si on créait en Calédonie l'industrie sidérurgique avec fabrication accessoire du ferro-nickel*.

Les conséquences de l'exploitation de la houille seraient très remarquables pour le développement industriel et commercial de la colonie. Elles ne seraient pas moins importantes pour la métropole, qui pourrait créer pour sa marine de guerre une station de charbon en plein Pacifique ; ce serait une compensation partielle aux sacrifices que lui a déjà coûtés la Calédonie.

Les ressources minières de la Nouvelle-Calédonie sont évidemment sa principale richesse. Mais ces ressources, le nickel en est un exemple, sont sujettes à plus de crises et de bouleversements économiques que toutes les autres. Il est imprudent de faire reposer la fortune d'une colonie uniquement sur les mines; l'expérience est là pour montrer qu'une prépondérance minière est toujours aléatoire. D'ailleurs que serait un pays uniquement et exclusivement minier? J On ne se le figure guère ; ou plutôt, le Pérou et la Bolivie montrent assez quelle sorte d'état économique en résulte. Il faut donc se demander si la Calédonie possède dans l'agriculture des richesses moins brillantes et moins exceptionnelles, mais peut-être plus durables et plus solides.

1. En 1891, la Nouvelle-Calédonie a importé des combustibles pour une valeur de 500 000 fr. (J. 0. Nouvelle-Calédonie, 30 avril 1892).

2. L'industrie du fer pourra d'ailleurs fort bien se créer en Calédonie, même si les gisements houillers sont reconnus peu exploitables, étant donné le bas prix auquel peut être rendue la houille d'Australie.

3. V. sur ce point les sages considérations de Jules Duval, Les colonies et la politique coloniale, p. 380.

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