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CHAPITRE VU

VALEUR ÉCONOMIQUE DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE {suite). LE SOL, L'AGRICULTURE.

La Nouvelle-Calédonie présente un certain nombre de productions spontanées, que l'homme n'a pas à créer, et dont il lui suffit de savoir profiter. Avant d'indiquer celles que la terre peut offrir, il convient de ne pas oublier les ressources recelées par la mer qui baigne la grande île, ressources qui ne sauraient être négligées. Les conditions naturelles de la pèche * sont en effet, en Calédonie ainsi qu'aux îles Huon et Chesterfield, exceptionnellement favorables ; les récifs qui l'entourent sont une sorte de vivier immense, où pullulent les espèces si variées de mollusques, de crustacés et de poissons de la faune marine indo-pacifique. Ces mêmes coraux sont des parcs tout préparés pour la pisciculture.

L'industrie de la pêche trouverait deux débouchés : la consommation locale pour le poisson frais, l'exportation pour le poisson salé et pour certaines exploitations spéciales, telles que celle des coquillages nacrés2, des tortues3, des squales4 (huile et ailerons de requins), enfin des holothuries.

C'est surtout l'holothurie (Trepang ou Biche de mer) qui a donné et pourrait donner encore un certain trafic avec la Chine. « Célèbre depuis longtemps dans le commerce de l'Inde, dit Lesson5, YHolothuria edulis est l'objet d'un commerce immense de toutes les îles indiennes de la Malaisie avec la Chine, le Cambodge et la Cochinchine. Des milliers

1. Moriceau, Bull. Soc. Géogr. comm., 1880, p. 410-413. Jouan, Mém. Soc. se. Cherbourg, 1874, p. 231. Bévue mar. et col., mai 1860, p. 375; 1866, t. XVI, p. 610. Patouillet, Trois ans en Nouvelle-Calédonie, p. 58.

2. Jouan, Mém. soc. se. Cherbourg, 1874, p. 247. Bull. Soc. acclimat., 1876, p. 389; 1888, p. 710. On sait que les études de Bouchon-Brandely sur la culture de la nacre sont très sujettes à caution.

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