Jouan, Mém. Soc. se. Cherbourg, 1874, p
4. Jouan, Mém. Soc. se. Cherbourg, 1861, p. 166; 1863, p. 90-91 ; 1874, p. 182.
5. Lesson, Voyage de la Coquille, Zoologie. Cf. les autres ouvrages indiqués par M. Jouan, art. cité, et Lanier, Lectures géographiques, l'Asie, 2* partie, p. 416.
de jonques malaises sont armées chaque année pour la pêche de ce zoophyte; des navires anglais et américains s'y livrent aussi. C'est un des principaux aliments du cabotage entre Bornéo, Sumatra, les Moluques, les terres Papoues et la Chine. » Longtemps avant notre occupation, le négociant anglais Paddon exploitait la biche de mer en Nouvelle-Calédonie et aux Nouvelles-Hébrides ; jusqu'en 1866, la biche de mer a été le principal objet du commerce de la colonie, et comptait pour 100000 francs environ dans ses exportations. Bien que les holothuries ne fassent pas défaut, surtout au nord de la Calédonie, ce commerce a diminué ' ; cependant en 1891 les expéditions atteignaient encore une valeur de 80000 francs'. C'est une ressourcé dont il ne faut pas exagérer la valeur, mais qu'il convient de ne pas négliger entièrement.
La Nouvelle-Calédonie n'est pas, au point de vue de la fertilité naturelle du sol, très favorisée de la nature. On a commis à cet égard de singulières et fâcheuses exagérations; un explorateur trop enclin à l'enthousiasme et fraîchement débarqué n'a-t-il pas été jusqu'à comparer aux plaines de la Beauce le plateau ferrugineux du Sud, impropre à toute culture et qui ne peut même pas servir au pâturage ? Un examen plus attentif lui fît reconnaître la stérilité sans remède de ce qu'il appelait le grenier de la Nouvelle-Calédonie. Ce sont là des mirages très nuisibles à une colonie ; rien n'est plus dangereux que ces appréciations d'un optimisme irréfléchi.
En réalité, ici comme pour tout le reste, il faut distinguer entre les diverses parties de la Calédonie. D'après les uns, la grande île est un véritable Éden, d'après les autres, c'est une terre aride, « un vieux bloc de fer rouillé3 ». La vérité est entre les deux. Il est évident que, sur près de deux millions d'hectares qu'elle renferme, de vastes espaces sont inutilisables, et que la nature du sol, son relief, le climat, réduisent considérablement la superficie utile.
La Calédonie paie ainsi la rançon de son extrême salubrité. Si les pluies étaient abondantes et vraiment tropicales, l'île serait fertile, mais insalubre ; les pluies (eu égard bien entendu h la nature du sol, àla pente et à l'intensité de l'évaporation) sont faibles, le climat à certains égards presque désertique : la végétation et l'agriculture s'en ressentent. Mais qui ne voit que la fertilité de certaines régions tropicales ne sert de rien, puisque leur insalubrité s'oppose au défrichement et à la culture