‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 323 sur 393 · Pelatan, rens. oral · texte numérisé non relu

Pelatan, rens. oral

k la colonisation, nécessite des aménagements et des frais d'entretien, du moins n'y a-t-il aucun doute sur la nécessité de lui réserver pour le moment les parties de l'Ile où il semble devoir seul réussir. Les terrains improductifs, les forêts et les pâturages étant écartés, restent les 400000 hectares qui paraissent propres à l'agriculture. A quoi faut-il employer ces 400tXK) hectares? Quelles plantes y prospéreraient et devraient y être cultivées? Une certaine confusion, qui n'est peut-être pas encore entièrement dissipée, a régné à cet égard jusqu'à ces dernières années. On a tenté de nombreux « essais », qu'on ne peut rapporter tous en détail ; il suffit d'indiquer ceux qui ont ou pourront avoir un rôle économique sérieux *. Ces expériences ont souvent trop peu duré pour être décisives, car telle culture qui réussit d'abord périclite plus tard devant certaines phases du climat; elles ont été faites en général sur une trop petite échelle, entreprises et poursuivies un peu au hasard. Les fonctionnaires coloniaux français ont véritablement la manie des acclimatations et des expériences de culture, acclimatations et expériences parfois bien bizarres. Pour mettre quelque ordre dans ce chaos, on peut distinguer : 1° les cultures alimentaires; 2° les cultures d'arbres à fruits ; 3° les cultures industrielles.

1° Parmi les cultures alimentaires, les « cultures vivrières » comme on les appelle dans beaucoup de colonies, tous les légumes d'Europe * viennent en Calédonie pendant la saison fraîche. Mais la plupart réclament beaucoup de soins, demandent des arrosages ou des irrigations, et ne donnent parfois que des résultats assez médiocres ; peut-être pourraiton les cultiver en choisissant une altitude convenable. Les colons s'habitueront sans doute à. remplacer en partie la pomme de terre par d'autres féculents : les légumes indigènes, ignames et taros, puis la patate douce 3, introduite dès 1843 et qui vient très bien, le manioc 4, le topinambour 5, les haricots.

Les haricots 6 et le maïs 7 sont les deux cultures qui ont occupé

1. Le principal document sur l'agriculture en Nouvelle-Calédonie est Jeanneney, La Nouvelle-Calédonie agricole, Paris, 1894. C'est une rédaction plus étendue des Conseils aux émigrants, parus au Journal officiel du 5 janvier 1891 et imprimés en brochure, note rédigée pour les colons de la Ouaménie. Le travail de M. Jeanneney, bien qu'il vise à être un guide pratique du colon, est certainement, malgré des mérites incontestables, beaucoup trop compliqué et trop confus pour- atteindre ce but.

2. Notices illustrées, Nouvelle-Calédonie, p. 100. Jouan, Mém. soc. se, Cherbourg, 1875, p. 81. Journal officiel, 5 janvier 1891. Jeanneney, Nouvelle-Calédonie agricole, p. 226. Sagot, Manuel, p. 131.

3. Jouan, Mém. soc. se. Cherbourg, 1875, p. 40. Porte, Arch. méd. nav., 1890, t. L1V, p. 456. Journ. officiel, 5 janv. 1891.

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