‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 331 sur 393 · Go dey, Souvenirs de la Nouvelle-Calédonie, t. I, p · texte numérisé non relu

Go dey, Souvenirs de la Nouvelle-Calédonie, t. I, p

•i&lfu.

Iffll

Rfll

Jijj<j;

♦lAiÉI

jlllj]|:§lllllllilii§l|l|i|i|l|liill§lli§lllllsisil!§ll[lll

COMMERCE DB LA NOUVELLE-CALÉDONIE ET SA PROGRESSION (en milliers de francs).

Le progrès, s'il est encore trop récent et trop faible pour qu'on puisse s'en déclarer absolument satisfait, n'en est pas moins très remarquable.

En 1892* , les importations consistent principalement en produits fabriqués et ouvrés (4 160000 francs), liquides etspiritueux (2400000 fr,), produits alimentaires (1073000francs),denrées coloniales (880 OOOfran es), vêtements (700 000 francs).

La même année, les exportations portent sur les minéraux et métaux (4900000 francs, au lieu du chiffre de 7 500000 francs, atteint en 1891), les produits et dépouilles d'animaux (1 400 000 francs). Le reste a fort peu d'importance : tout au plus peut-on mentionner lès légumes, fruits et graines (c'est-à-dire, en fait, le coprah : 590 000 francs), la biche de mer (80000 francs), le café (80000 francs).

Les relations économiques de la France et de ses colonies doivent être réglées, semble-t-il, d'après quelques principes très simples. Jusqu'au sénatus-consulte de 1866, la France avait été le grand marché de ses colonies et réciproquement ; on tend à revenir à cette situation, et, dans la mesure où le système est conciliable avec l'intérêt bien entendu des colonies, on ne voit pas bien quelles objections pourraient lui être faites8. Pour que cette fédération économique de la métropole et de ses colonies soit possible et profitable à tous, il faut évidemment éviter la concurrence résultant de la similitude des produits, tant entre la métropole et ses colonies qu'entre les diverses colonies ; il faut au contraire que le territoire métropolitain et les divers fragments du domaine colonial se combinent harmonieusement et se complètent : « C'est au critérium des besoins de l'industrie nationale qu'il convient désormais de classer les colonies, selon la quantité de produits fabriqués qu'elles lui prennent ou de matière première qu'elles lui fournissent '. » La Nouvelle-Calédonie l'a très bien compris d'ailleurs, et s'efforce de modifier en ce sens son régime économique et ses relations commerciales.

Il est évident que la Calédonie ne saurait songer à supprimer toutes espèces de rapports commerciaux avec l'Australie et les colonies anglaises. Dans les premiers temps de la colonie, il fallait tout importer, et il était assez naturel qu'on importât de Sydney. Actuellement même, il est des produits qu'on ne peut guère faire venir d'Europe \ Peut-on songer, sans imposer au commerce local des charges ruineuses, à cause du fret, de la longueur de la traversée, de la nécessité urgente, à faire venir de France des animaux vivants, des matériaux de construction, des

1. Annuaire de la Nouvelle-Calédonie pour 1 S 93. Cf. pour 1891, Journ. offic. de Nouvelle-Calédonie, 30 avril 1892.

2. Journ. offic. Nouvelle-Calédonie, 29 août 1891 (discours du gouverneur sur l'application du régime douanier en Nouvelle-Calédonie).

3. M. Dubois, Un programme d'action économique aux colonies (Hé forme économique, 2e année, p. 516).

Page 1