‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 332 sur 393 · Revue française, janvier 1892, p. ÔC · texte numérisé non relu

Revue française, janvier 1892, p. ÔC

machines, des voitures, de la farine, de la houille? Mais, pour beaucoup de ces objets d'importation, la Calédonie peut se suffire à elle-même, par suite de l'extrême variété de son sol et de ses produits; déjà elle produit nombre de choses qu'elle importait, et de grands progrès restent à faire dans cet ordre d'idées, pour remédier à l'isolement de l'archipel. Si l'on décompose en trois catégories les objets consommés par la colonie, et que l'on distingue : 1° ceux pour lesquels elle peut se suffire ; 2° ceux qu'elle peut demander à la métropole ; 3° ceux qu'elle ne peut guère demander ailleurs qu'en Australie, on verra que la part de la troisième catégorie peut être réduite, celle de la seconde et surtout de la première catégorie augmentée.

Il est évident1 que la Calédonie ne sera jamais un débouché pour les produits manufacturés de la métropole, comme pourront le devenir quelques-uns de nos territoires d'Asie et d'Afrique. Sa population doit trouver dans son sol suffisamment exploité presque tout ce qui est nécessaire à ses besoins. Mais jusqu'à ce qu'elle puisse se suffire, beaucoup de produits, qui peuvent supporter les frais d'un long transport, doivent être demandés à la France ; tels paraissent être les vêtements, articles d'alimentation, liquides, conserves, les menus objets de luxe, tels que papeterie, bijouterie, horlogerie, etc. ; en somme, les vivres, les provisions, les étoffes et les articles de Paris. Ces objets viennent la plupart du temps d'Europe : il est donc fâcheux qu'ils passent par l'intermédiaire des Australiens et viennent d'Angleterre plutôt que de France. En 1887, la France importait en Calédonie pour 3585000 francs, sur un total de 8053000 francs; en 1892, elle a importé pour 5634000 francs, sur un total de 14 266000 francs. C'est toujours plus du tiers, moins de la moitié. En 1892 *, de l'étranger étaient importés 2700000 francs de produits fabriqués et ouvrés, 1 200000 francs de farine, 500 000 francs de combustibles; de France, on a importé 2 285 000 francs de liquides et spiritueux, 1300000 francs de produits fabriqués et ouvrés, 650000 francs de produits alimentaires. Il faut remarquer que la part proportionnelle du commerce des colonies australiennes avec leur métropole n'est pas plus forte '. Néanmoins, la Calédonie peut faire mieux encore, et- devenir le grand entrepôt des marchandises françaises dans le Pacifique.

Pour l'exportation, il y a également des progrès à réaliser. « De deux choses l'une, disait Blin 4 : ou les produits sont exportés sur le grand marché voisin d'Australie, et alors les Anglais en profitent, ou ils sont expédiés en France, et les bénéfices seront bien maigres. » Ce raisonne-

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