Blin, Océaniet p
ment n'est pas irréfutable. Certaines marchandises ne peuvent guère s'écouler qu'en Australie ; la Calédonie pourra réaliser de beaux bénéfices en vendant là ses fruits, ses primeurs, notamment les bananes et les ananas. Pour le café même, on peut habituer les Australiens à le chercher en Calédonie plutôt qu'à Maurice ou à Java. Mais la colonie a la bonne fortune d'avoir un certain nombre de minerais et de denrées de prix qui peuvent supporter le transport en Europe ; cela compense en partie les inconvénients de son isolement géographique. Pour le nickel et les autres minerais ayant subi un premier traitement ; pour les peaux, le coprah, le café, ces marchandises étant finalement destinées à l'Europe, on ne voit pas bien pourquoi elles sont d'abord transportées sur le marché de Sydney, et de là expédiées le plus souvent en Angleterre ; pourquoi l'exportation de Nouvelle-Calédonie en Europe ne se fait pas par expédition directe de Nouméa pour France *. Quelques modifications tendent d'ailleurs à se produire. En 1887, la France exportait de Calédonie pour 248 000 francs, sur un total de 2 880000 francs; en \ 892, elle a exporté pour 2 374 000 francs sur un total de 7 345 000 francs. A l'étranger sont exportés * 4200000 francs de minéraux et métaux, 425000 francs de légumes, fruits et graines (coprah), 274000 francs de peaux. En France sont exportés 1145 000 francs de produits et dépouilles d'animaux, 761000 francs de minéraux et métaux, 164000 francs de coprah. L'état des choses, on le voit, tient uniquement à la manière dont sont exportés et affinés les minerais.
Les produits d'exportation de la Calédonie n'ont pas à craindre d'entrer jamais en concurrence avec ceux de la France ou de ses autres colonies; les produits miniers sont trop exceptionnels pour cela, les produits agricoles auront toujours trop peu d'importance. Quant aux relations entre la Calédonie et les autres colonies françaises, « le commerce d'Inde en Inde », comme on l'appelait jadis, il se réduit à peu de chose à l'heure actuelle.
Les relations avec l'Indo-Chine ne peuvent manquer de se développer; la Calédonie peut lui demander des travailleurs, du riz pour nourrir ces travailleurs, et lui envoyer quelques-uns de ses produits, notamment des chevaux 3. Quoi qu'il en soit, la Calédonie doit prendre une valeur économique très supérieure à celle qu'elle possède actuellement, d'abord par la mise en valeur de ses ressources propres, puis comme entrepôt concentrant dans ses ports les produits des îles voisines et comme escale pour plusieurs des grandes lignes de navigation du globe \ Sa