‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 334 sur 393 · Moriceau, Bull. Soc. Géogr. comm., 1889, p · texte numérisé non relu

Moriceau, Bull. Soc. Géogr. comm., 1889, p

Googl

situation géographique et ses conditions économiques l'y appellent.

La cause de l'anémie dont elle souffre n'est pas difficile à trouver :

c'est l'absence de routes, de bras et de capitaux. Le remède est dans le

développement simultané des communications et de l'immigration libre.

Les communications entre la France et la Calédonie se sont développées lentement et tardivement. Ce n'est qu'en 1882 qu'a été inaugurée la ligne des Messageries Maritimes. Jusque-là, la colonie n'était en relation avec la métropole que par les paquebots anglais de la Peninsular and Oriental C° aboutissant à Sydney; de Sydney à Nouméa, des relations mensuelles étaient assurées au début par les bâtiments de la station locale, depuis 1871 par des paquebots anglais que subventionnait la colonie J.

Le service mensuel des Messageries Maritimes part de Marseille, et a pour escales Port-Saïd, Suez, Aden, Mahé, King's George Sound, Adélaïde, Melbourne et Sydney ; la durée moyenne de la traversée est de trente-huit jours environ, et parfois elle n'a pas dépassé trente-cinq jours, La ligne n'a cessé de progresser, lentement comme trafic, rapidement comme moyens d'exploitation *. Des compagnies anglaises desservent également la Calédonie, mais avec transbordement à Sydney. Les steamers de VA.S.N. (Australian Steam-Navigation) vont deux fois par mois de Sydney aux Fidji, avec escale à Nouméa à l'aller et au retour 3.

Quant aux relations de la Calédonie avec les autres colonies françaises, elles ne sont ni très régulières ni très actives. Il y aurait peut-être intérêt à profiter davantage de la voie du détroit de Torrès pour relier la Calédonie et l'Indo-Chine française. On s'est préoccupé à diverses reprises de créer un service régulier entre Nouméa et Papeete 4. Un projet beaucoup plus large et plus utile consiste à mettre en rapports Nouméa et San-Francisco par Taïti ; les colonies océaniennes seraient ainsi reliées d'un côté au Havre par San-Francisco et New- York, de l'autre à Marseille par l'Australie et le canal de Suez. Ce projet rapprocherait de 6 à 7 jours Nouméa de la France; la situation du com-

1. Voyage d'études en Nouvelle-Calédonie, p. 27. Revue mar. et col., 1866, t. XVI, p. 616.

2. Bull. Soc. Géogr. comm., 1892, n° 4 (à propos de» belles traversées du Polynésien). Il serait nécessaire et urgent de mettre la colonie en relations avec la mèrepatrie par des navires à bon marché, tels que de grands voiliers. M. Cudenet, délégué de la Nouvelle-Calédonie, attire tout particulièrement notre attention sur ce point.

Page 1