Notices itlustr., La Nouvelle-Calédonie, p
4. Notices illustr., Tahiti, p. 58. Temps, 31 janv. 1890. Bull. Soc. Géogr. comm., 1891, p. 291.
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merce français dans l'Amérique du Nord, comme dans l'océan Pacifique, ne manquerait pas d'en bénéficier !.
Enfin les colons calédoniens ont cherché à développer la navigation française dans le Pacifique et à empêcher que la navigation côtière ne tombât aux mains de l'A. S. N. Depuis 1890, un courrier à vapeur mensuel, subventionné par l'État, va de Nouméa aux Nouvelles-Hébrides*.
Puisque le grand défaut de la Nouvelle-Calédonie est l'isolement, tout ce qui est de nature à faire cesser cet isolement a pour elle une importance capitale. L'ouverture de la ligne des Messageries Maritimes en 1882 a profondément modifié ses conditions économiques; l'établissement du câble sous-marin qui la relie à l'Australie, en 1893, n'a pas moins d'importance. La ligne sous-marine anglo- australienne était ouverte depuis 1872; le câble nouveau, subventionné par le gouvernement de New South Wales, a été construit et posé par une société française ; il réunit un point de la baie d'Hervey, sur la côte de Queensland, à Gomen, relié lui-même à Nouméa par des lignes terrestres. Le câble doit être prolongé jusqu'à Vancouver, et il y aurait intérêt à devancer les projets anglais à cet égard 3.
Après la ligne des Messageries en 1882, la ligne télégraphique en 1893, il reste une troisième amélioration indispensable et urgente : outiller le port de Nouméa, le pourvoir de tout ce qui fait le commerce rapide et sûr. Nouméa ne peut devenir une place maritime importante, attirer dans ses eaux les marchandises et les navires, lutter avec Sydney et Melbourne, si elle n'a pas des quais, des docks, des chantiers de réparation et un bassin de radoub \
Les communications entre les diverses parties de la Calédonie n'ont pas moins besoin d'être perfectionnées. La mer est la voie de communication naturelle entre le chef-lieu et les divers établissements fondés par les blancs sur le littoral. Le canal d'eau tranquille, circonscrit entre les récifs et la côte, est à cet égard un avantage inappréciable. Les coraux, cet obstacle si redoutable alors qu'ils n'étaient pas encore complètement explorés, jouent, une fois bien connus et balisés, un rôle tout différent.
Au début, les caboteurs anglais avaient le monopole des transports entre les diverses parties de l'île. Mais la colonie a subventionné un service local de navigation, dont les petits vapeurs emmènent passagers et marchandises de Nouméa aux divers points de l'archipel. Il y a un départ mensuel pour la côte occidentale (Bouloupari, Téremba, Bourail, Muéo, Koné, Gomen) ; un départ mensuel par la côte orientale (Thio,
1. Rapport de M. Chautemps sur le budget des colonies, 1893, p. 49-51.
2. Renseignements officiels sur les colon. />•., septembre 1890. Journ. offic, 22 décembre 1890, 4 février 1891. Les Australiens ont récemment subventionné une ligne directe des Hébrides à Sydney, ne touchant pas en Calédonie.
3. Journ. des Débats, 17 octobre 1893, 3 février, 2 et 5 juillet 1894.
4. Voyage d'études, p. 21. Bull. Soc. Géogr. comm., 1890, p. 743.
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Canala, Houaïlou, Ponérihouen, Touho, Hienghène, Oubatche et Pam) ; un départ mensuel pour la baie du Prony et l'île de9 Pins J.
Dans les centres secondaires plus encore qu'à Nouméa, on a négligé de faire pour la navigation les frais d'aménagement indispensables, wharfs et débarcadères. Les difficultés de mouillage et de débarquement sont en certains points très considérables. Sur la côte occidentale, à Bourail notamment, ces perfectionnements sont urgents *. Enfin il est trop évident que la colonie ne saurait se passer de voies de communication terrestres.
Pour cette île longue et si montagneuse, où les obstacles naturels aux communications sont si considérables, des routes sont indispensables. Pour permettre aux centres de l'intérieur d'écouler leurs produits jusqu'à la mer, pour faciliter aux colons l'accès des emplacements cultivables que séparent de vastes étendues stériles, pour relier entre elles les diverses petites vallées isolées où se groupe la population et remédier au grand éloignement des divers points de la colonie, il faut des moyens de circulation.
L'état des choses a été longtemps, est encore à cet égard en Calédonie absolument pitoyable. Les légumes, les produits de toute espèce, pourrissent sur place, faute de pouvoir être transportés au chef-lieu. Rien n'est plus caractéristique que l'élévation du prix des transports d'un point à l'autre de l'île Canaque ; le transport d'une tonne de marchandises du Diahot à Nouméa (65 francs), coûte plus cher que le transport de cette même tonne de Nouméa à Londres 3. 11 en résulte que le prix de tous les objets est, dans les centres de l'intérieur, le double au moins du prix déjà fort élevé qu'on paie à Nouméa.
Le plan de viabilité établi par Pallu de la Barrière consistait à construire deux routes maîtresses, chacune sur un des versants de l'île, et à les rattacher par des échelons transversaux entre deux baies se faisant face \ On a fait à ce projet dit « du tour de l'île » plusieurs sortes d'objections. D'après Balansa5, la côte orientale pouvait se contenter de routes perpendiculaires au littoral, reliées à Nouméa par bateau à vapeur ; une route parallèle à la côte s'imposait sur la côte ouest. On pourrait répondre non sans quelque raison que l'établissement d'une route côtière était plus facile sur le versant oriental, parce que les difficultés provenant des rivières, de leurs inondations, de leurs alluvions, y sont moindres. Il est exagéré de dire que « les routes parallèles à la mer ne peuvent rendre que peu ou point de services, parce qu'elles font
!. Notices illustr.t p. IJ6.
2. Nicomède, Bourail, p. 24. Journ. offic. Nouvelle-Calédonie, 9 avril 1892.