UuU. Soc. Géogr., 1813, p
double emploi avec la voie d'eau » J, mais il est certain que les routes transversales étaient beaucoup plus urgentes *, et les tronçons reliant les centres à leur port d'embarquement beaucoup plus indispensables encore 2.
En 1885, on ne comptait en Nouvelle-Calédonie que 85 kilomètres de routes carrossables, de Nouméa à Bouloupari ; il avait fallu 32 ans pour construire cette route, soit un peu plus de 2 kilomètres par an en moyenne 4. Ailleurs, on ne voyait que chemins en construction, tronçons de routes, chemins muletiers que pouvaient seuls suivre les chevaux de selle et les courriers indigènes à pied B. Depuis lors, les travaux de viabilité ont marché un peu plus vite. Il y a peut-être 250 kilomètres de routes actuellement 6 : il en faudrait 1000 au moins. Un chemin de fer est en projet de Nouméa à Bourail par la Dombéa 7, et quelques kilomètres de voies ferrées, construits par les propriétaires, desservent les concessions minières et les relient à la mer.
La Nouvelle-Calédonie souffre donc à un très haut degré du manque de routes : « L'absence de voies de communication est, disait récemment le gouverneur, la raison la moins contestable de la situation précaire des centres 8. » Cependant la colonie souffre peut-être plus encore du manque d'immigrants libres, qui en est d'ailleurs à certains égards le corollaire et la conséquence.
L'absence de main-d'œuvre, le « manque de bras », est la difficulté capitale, le grand obstacle à la mise en valeur des ressources économiques de l'archipel. C'est la rareté et la cherté de la main-d'œuvre qui augmentent, dans des proportions considérables, le prix de revient des produits minéraux ou agricoles, et rendent leur placement difficile en
1. Notice sur la transportalion pour Vannée 1885, p. 487-488.