‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 338 sur 393 · M. A. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p · texte numérisé non relu

M. A. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p

4. Notices illustrées, Nouvelle-Calédonie, p. 112. Notices colon, pour l'Exposition d'Anvers, t. II, p. 1G7-16S.

5. Notices illustrées, Nouvelle-Calédonie, p. 111. A. R. Wallace, Auslralasia, p. 478. Hagen, Rtvued'ethnogr., 1888, p. 320. Id., Tour du monde, juin 1893. Monin, Arah. méd. nav., 1882, t.XXXVIII, p. 435. Notices illustr., Nouvelles-Hébrides, p. 72. Peterm. Mitleil., 1893, p. 23. Notices colon, pour VExposit. d'Anvers, t. II, p. 168.

6. M. A. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p. 200-201. Cf. Peterm. Mille il., 1893, p. 145 et 271. Temps, 27 et 31 janvier 1890. Débats, 12 mai 1891.

de Brisbane ne se font pas scrupule d'en profiter. Il y a en Calédonie 2 à 3000 Néo-Hébridais (1990 au recensement de 189 1) '. On en obtient plus de travail que des Calédoniens ; ils représentent une main-d'œuvre à bon marché qui a toujours été recherchée des colons. Ils sont propres à tous les travaux qui n'exigent pas trop de force physique.

On ne saurait voir là autre chose qu'un expédient temporaire; d'abord la traite (l'immigration, si le mot fait peur) dépeuple les Iles. Les Hébridais succombent en grand nombre, non par suite de mauvais traitements, mais par les ravages de la phtisie et de la dysenterie *. Le système ne peut être pratiqué indéfiniment ; ce n'est qu'un appoint momentané, qui ajourne mais ne résout pas la question de la main-d'œuvre. « L'Océanien, dit Imhaus', restera toujours en dehors de la besogne humaine. »

On a cherché à introduire en Nouvelle-Calédonie des Asiatiques. On connaît les dangers de l'immigration chinoise *. Les Chinois sont des agriculteurs remarquables, mais ils deviennent bientôt négociants et prennent la première place dans le commerce. Ce ne sont pas des serviteurs, mais des concurrents, et des concurrents redoutables. Quelques Chinois étaient établis en Calédonie dans les premiers temps de la conquête et y faisaient d'excellentes affaires ; il n'est pas à désirer qu'ils s'y multiplient outre mesure. Un essai d'introduction de travailleurs chinois en 1884 n'avait pas réussi. En 1893, la Société le Nickel a reçu un contingent d'environ 600 Japonais. Aux Fidji, on emploie, outre les Hébridais, beaucoup d'Indiens *. En 1891, M. de Greslan, un des plus anciens colons de Calédonie, a amené 768 immigrants annamites et tonkinois, dont 745 condamnés du pénitencier de Poulo-Condore. L'idée d'emprunter des travailleurs à la péninsule indo-chinoise est ingénieuse, en ce sens que le Tonkin a un trop-plein de population alors que la Calédonie en manque *. Il n'est pas douteux que cette immigration puisse être, dans une certaine mesure, très profitable aux deux colonies.

Mais une commune objection subsiste contre l'emploi de ces diverses sortes de travailleurs7. La question de la main-d'œuvre, si difficile à résoudre dansles colonies tropicales oùl'Européen ne peut travailler laterre, ne se pose pas en Nouvelle-Calédonie. Pourquoi y aurait-il une question de la main-d'œuvre en Nouvelle-Calédonie plutôt qu'en Algérie ou au Cap ? On est bien parvenu à mettre l'Algérie en valeur sans y introduire des

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