Peterm. MitteiL, 1893, p
G. Débats, 6 avril 1891.
7. On sait qu'il y en a d'autres, et de très graves (V. Leroy-Beaulieu, Colonisai, chez les peuples modernes, 3e édition, notamment p. 707-708).
noirs et des jaunes. « Malheureusement, dit M. Jeanneney1, dans l'état actuel de nos mœurs, l'homme qui abandonne sa patrie pour aller dans une colonie fait ou croit faire un sacrifice considérable, pour lequel il a droit à de sérieuses compensations ; il se refuse à y être domestique de ferme, et demande en échange de son exil la propriété d'une terre. L'émigrant anglais accepte tous les emplois, offre ses bras, finit par se tirer d'affaire ; l'émigrant français veut être colon propriétaire ; il refuse d'accepter une situation infime dans une colonie française, alors qu'il s'en contentera parfaitement à l'étranger. » Aussi M. Jeanneney a conseille-t-il sagement aux colons cultivateurs d'employer le moins de main-d'œuvre étrangère qu'ils pourront, de cultiver eux-mêmes avec leurs femmes et leurs enfants. C'est l'immigration française qui doit tirer parti de l'île Canaque; rien ne peut la suppléer ni la remplacer.
L'histoire de la colonisation libre montre avec quelle lenteur s'est effectué et s'effectue encore le peuplement de la Nouvelle-Calédonie. C'est en 1856 que les premiers colons s'établirent aux environs du mont Dore ; en 1858, on trouve quelques colons dans les bassins de la Dombéa et à Païta, dans un rayon de 30 kilomètres environ autour du cheflieu; ce sont en majorité des Australiens. Bientôt des créoles de la Réunion, où la décadence commençait, viennent s'établir et cultivent la canne. En J862, on comptait 420 individus d'origine européenne composant la population civile, 965 en 1866 3. De 1866 à 1871, le nombre des immigrants européens a été, année moyenne, d'une centaine environ, venus soit directement de France, soit de la Réunion, soit de l'Australie. En 1872, une société s'efforce d'introduire à Gomen un certain nombre d'Alsaciens-Lorrains; après deux ans de profonde misère, les colons regagnent à pied Nouméa, sans qu'un seul hectare ait été mis en culture \
Vers 1876, l'immigration libre est encore bien faible, et la « colonie » continue à avoir moins de colons (2753) que de fonctionnaires ou de militaires (3032) ; à peine quelques éleveurs de bétail et quelques industriels s'occupant des mines : le reste se compose d'un certain nombre