M. A. Legrand, p
Novara \ est particulièrement sensible en Nouvelle-Calédonie. » Un périodique allemand 2, après avoir constaté la faiblesse de l'immigration en Calédonie, déclare que « la France a trop de colonies pour les mettre en valeur; la plupart de ses propres émigrants vont ailleurs qu'aux colonies françaises, aux États-Unis ou dans l'Argentine. » Et M. Anderson renchérit, affirmant que « les races latines ne sont pas propres h la colonisation. »
11 est inutile d'insister sur ces sophismes et sur ces vagues déclamations, tant de fois réfutés 3. Il est exact que la France, dont la population augmente peu et émigré surtout des campagnes vers les villes, ne peut songer à peupler de colons français des régions très vastes : il y a cependant une émigration française, le chiffre annuel en est assez notable, et il suffirait d'en dériver une faible part sur la Calédonie, qui, comme on l'a dit, « est dans la mesure de nos véritables intérêts *. »
Ce résultat ne peut-il être atteint? Les Français qui émigrent préféreront-ils toujours se laisser engager dans de lamentables aventures comme celle dont Port-Breton, à la Nouvelle-Irlande, fut le théâtre? On se refuse à le croire.
Les efforts faits jusqu'ici soit par l'État5, soit par des sociétés particulières, pour diriger un petit courant d'émigration sur l'archipel Calédonien, n'ont d'ailleurs pas été bien considérables. Les Australiens jettent les millions pour attirer les émigrants; aussitôt une colonie anglaise créée, un bureau d'émigration y est établi, qui correspond avec un bureau central de la métropole 6. Ces bureaux de placement pour les émigrants, avec tout un service de renseignements commerciaux et industriels, n'existent pas en France 7.
1. Novara-Reise, Beschreiàender Theil, 2e édition, t. III, p. 226.