‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 349 sur 393 · Aus Allen Weltthei/en, t. III, 1872, p · texte numérisé non relu

Aus Allen Weltthei/en, t. III, 1872, p

3. L'émigration, on le sait, n'influe guère sur le mouvement de la population. On a dit qu'elle avait sur la santé du corps social l'influence d'un saignement de nez sur la santé d'un homme. Les vides sont bientôt comblés, et il semble même que, plus Témigration est grande, plus la population s'accroît (V. Leroy-Beaulieu, Colonisât, chez les peuples modernes, 3° édition, chap. sur l'émigration humaine, notamm. p. 610-613, 628).

4 Jacobs, VOcéanie nouvelle, Paris, 1861, p. 140. « Les colonies, dit M. Leroy- Beaulieu, sont les seules terres, en dehors du territoire propre de la mère-patrie, qui soient ouvertes, dans des conditions de loyauté absolue, à l'émigration, soit des capitaux, soit des personnes » (Colonisai., 3* édition, p. 643).

5. Sur les avantages faits aux émigrants, v. Notices illustrées, Nouvelle-Calédonie, p. 107. Notices colon, pour l'Exposition d'Anvers, t. II, p. 170. Ces deux ouvrages et celui de M. Jeanneney contiennent les renseignements pratiques nécessaires à rémigrant.

6. Maisonneufve, Les colonies françaises, La Nouvelle-Calédonie, Paris, 1872, p. 101. Notices illustr., Nouvelle-Calédonie, p. 111 et 120.

7. V. Turquan, in Economiste français, 4 mars 1893, p. 265. 11 faudrait aussi avoir des terres disponibles à offrir et un mode convenable d'appropriation de ces terres, le système Torrens, par exemple. Mais ce sont là questions juridiques qu'il convient de laisser de côté ici.

Mais le grand, le principal obstacle à la colonisation libre est un obstacle qu'il dépend de la métropole de faire disparaître : c'est la colonisation pénale, telle au moins qu'elle a été trop souvent pratiquée : « C'est la concurrence de la main-d'œuvre pénitentiaire, dit E. Reclus *, qui enlève au petit cultivateur toute chance de succès. » La plupart des observateurs, français ou étrangers, sont unanimes sur ce point : « La lenteur du développement de la Calédonie, dit Anderson *, est attribuée par les Français à l'établissement pénal, et non sans raison. Peut-être les Français, trouvant là un déversoir convenable pour leurs criminels, ne se soucient-ils pas d'y voir venir des capitalistes et des négociants. » « La Nouvelle-Calédonie, dit Nicomède 3, étant une colonie à colons, cela fait regretter que la colonisation pénale, au lieu d'être l'auxiliaire et la servante de la colonisation libre, l'ait restreinte et étouffée. Nous avons trop peu de colonies salubres pour qu'on en donne une toute entière à l'administration pénitentiaire, et pour qu'on en arrive à ne considérer la Nouvelle-Calédonie que comme un vaste bagne, où les colons libres s'arrangeront comme ils pourront entre les Canaques et les condamnés. »

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