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République française, février

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Ce déporté gouailleur avait d'ailleurs vu où était le grand défaut au point de vue de la colonisation : « Les déportés, dit-il, sont pour la plupart des travailleurs parisiens, ouvriers d'art, peu disposés et peu propres à la culture f. » D'ailleurs, la loi n'imposant pas le travail, beaucoup de condamnés le refusaient, et l'administration n'avait aucun moyen de les contraindre. D'autre part, comme l'État était tenu de fournir aux déportés des moyens de travail s'ils en demandaient, tout le monde se faisait inscrire aux chantiers pour ne rien faire et toucher la paie. Le législateur avait créé au profit des déportés le droit de vivre aux dépens de la société : la situation était au moins singulière 2.

Cependant les déportés de la presqu'île Ducos,se consacrant forcément à des travaux urbains, firent preuve d'habileté, notamment dans l'industrie du meuble. A l'Ile des Pins, les déportés simples eurent tôt fait de construire des bâtiments, de tracer des routes, et de s'installer eux-mêmes dans des cases en bois qui se groupèrent en villages. La plupart firent du jardinage, et tirèrent un excellent parti des légumes qu'ils cultivaient.

Mais soit à l'Ile des Pins, soit sur la Grande-Terre, il n'y eut presque pas de véritables tentatives de culture. 2 à 300 déportés furent autorisés à résidera Nouméa ou ailleurs au service d'autrui ou pour leur compte. Une ferme modèle pour l'élevage, fondée à Uaraï, et quelques concessionnaires établis h Moindou, ne donnèrent aucun résultat satisfaisant3. Malgré tout, après la loi d'amnistie de 1880, quelques déportés qui avaient réussi sont restés en Calédonie et n'ont pas profité du droit de rentrer en France. Mais, somme toute, l'île Canaque n'a pas tiré grand bénéfice de leur séjour. « Il ne faut pas se dissimuler que le caractère politique de la déportation sera toujours un obstacle à la fondation d'établissements de colonisation sérieux » : c'est sur ce mot que se ferme la dernière Notice sur la déportation en Nouvelle-Calédonie \

Très différents des déportés politiques sous tous les autres rapports, les relégués-récidivistes ont ceci de commun avec eux, qu'ils sont,

1. * Les insurgés parisiens de 1871 n'étaient certes pas la catégorie d'hommes qui convenait le mieux pour peupler une colonie agricole. » (Leroy-Beaulieu, Colonisât, chez les peuples modernes, 3* édition, 1886, p. 514).

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