Teisseire, p
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gables qui sont reconnus aptes à recevoir des concessions de terre ou à exercer des métiers. Les relégués individuels peuvent obtenir dans une quelconque des colonies françaises d'être employés isolément chez des particuliers. En fait, la relégation individuelle dans des colonies nonpénitentiaires n'existe pas, parce que ces colonies s'y refusent absolument* : même dans les colonies pénitentiaires, elle est très rarement applicable et appliquée. Les relégués collectifs sont réunis dans des établissements où l'administration pourvoit à leur subsistance, et employés à des travaux de culture, de mines, de forêts, ou groupés dans des ateliers, ou utilisés sur des chantiers de travaux publics.
On avait songé, pour la relégation, à diverses colonies françaises *. L'archipel Calédonien faillit ne pas recevoir ce genre de colons 3 ; mais la fièvre jaune sévissait à la Guyane, on se résolut, après avoir reconnu l'impossibilité d'une relégation aux Loyalty 4, à désigner l'île des Pins pour les relégués collectifs (décret du 20 août 1886). L'endroit était assez mal choisi si on avait la prétention d'utiliser leur travail, car il n'y avait rien à y faire 5. Mais comme il y avait là de nombreux bâtiments bien construits, toute une série d'installations confortables, il fallait bien les occuper. L'île des Pins joua donc le rôle de pénitencier-dépôt. Sur 2000 récidivistes environ que l'on a versés, depuis le 24 janvier 1887 *, sur l'archipel Calédonien, 800 environ étaient internés à l'île des Pins. Un décret du 2 mai 1889 lui a substitué le territoire de la baie du Prony, et l'île des Pins a été récemment évacuée par les rélégués7.
Les compagnies minières et les agriculteurs, qui acceptent très volontiers les forçats, se refusant à employer les récidivistes, force fut à l'administration de répartir entre ses propres chantiers ceux qu'elle voulait employer sur la Grande-Terre. On composa trois détachements 8,' destinés l'un aux travaux du génie à l'île aux Lapins ou îlot Brun, l'autre aux travaux forestiers de la baie du Prony, le troisième à l'exploitation agricole de la Ouaméni.
1. Teisseire, p. 3S8. Débats, 8 février 1894. Notice sur ta relégation, p. 26. Mayotte et Diégo-Suarez, après avoir demandé quelques relégués individuels, ont déclaré n'en vouloir à aucun prix; on a dû renoncer à la désignation primitive et les diriger sur la Nouvelle-Calédonie [Bull. Soc. prisons, 188U, p. 607, 1893, p. 1216).