‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 355 sur 393 · Journ. officiel, 19 janvier · texte numérisé non relu

Journ. officiel, 19 janvier

8. Paul Mimande, Les relégués en Nouvelle-Calédonie (Revue bleue du 4 février 1893, p. 143-150). Rapport de M. Pardon, in Bull. Soc. prisons, 1891, p. 922.

Ni dans la rade de Nouméa, ni à la baie du Sud on n'obtient des relégués un travail quelque peu productif: «L'exploitation des forêts est devenue impossible * depuis qu'on a remplacé les forçats par des relégués: ceux-ci, qui n'avaient jamais considéré les arbres que comme de vastes ombrelles créées par la Providence pour protéger le sommeil du pauvre monde, refusèrent péremptoirement de les attaquer par la hache, et il fallut l'intervention du revolver pour vaincre chez eux un scrupule si honorable. » Quant aux relégués de la Ouaméni, ils constituent une « section mobile », étape entre la relégation collective et la relégation individuelle, et sont choisis parmi les meilleurs \ Au nombre de 200 environ, ils avaient été chargés de préparer le domaine pour les colons libres, c'est-à-dire de défricher 200 hectares et de construire une douzaine de maisonnettes : on a essayé sans succès d'en établir quelques-uns comme concessionnaires. Quand M. Mimande les vit, « le camp des relégués donnait tous les jours entre les heures de repas quelques coups de pioche sur la terre stérile, sans que personne sût au juste dans quel but. »

Il est facile de trouver les causes de cet insuccès. Le régime pénitentiaire auquel sont soumis les relégués est très semblable, trop semblable même, à celui des forçats : « Tous les matins ', les canots de service dérapent, à la même heure, de l'île aux Lapins et de l'île Nou, s'avancent parallèlement vers la Grande-Terre, les uns montés par des hommes vêtus de bleus, les autres par des hommes vêtus de blanc : Oxford et Cambridge. Au même coup de cloche, les bleus et les blancs cessent un travail identique exécuté pendant le même nombre d'heures, et les canots reviennent ensemble, la nuit tombée. » Mais l'origine des relégués et des transportés est très différente, et les premiers sont radicalement inutilisables. Les forçats sont, en majorité du moins, des criminels d'occasion, les relégués des délinquants d'habitude : cette distinction, fondement de la science pénale, doit être aussi celui de la colonisation pénitentiaire. Ceux mêmes qui jugent les forçats utiles et profitables, se prononcent le plus sévèrement au sujet des relégués : « L'arrivée de ces hommes a été pour la colonie un désastre, dit M. Higginson ; en voulant transporter toute cette tourbe de récidivistes inertes, de voleurs et de vagabonds au corps et k la volonté également usés, on a transporté du poids mort, des éléments inassimilables pour l'organisation d'une colonie. »

La Notice officielle4 n'est pas moins explicite : « On peut affir-

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