M. A. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p. 14 et suiv
4. Notice sur la transportation pour 1882-83 (Paris, 1885) p. 30. V. aussi Notice pour 1885 (Paris, 1889) p. 116.
une briqueterie, une carrière de pierres à bâtir, un four à chaux, y fonctionnent également. Il y a là toute une installation très coûteuse, tout un outillage et un matériel très compliqués, particulièrement pour les ateliers où on travaille le fer et les métaux. L'administration en est très fière *.
Dans le camp Est sont internés les condamnés qui fournissent les corvées affectées au nettoyage et aux travaux publics de Nouméa. Ils vont travailler en ville : faire des terrassements, construire des bâtiments. Le temps à passer sur les chantiers est de 7 heures, interrompues par le i^epas et la sieste. Beaucoup de sujets plus favorisés occupent des emplois moins fatigants ou plus agréables dans les bureaux, dans les infirmeries du bagne. D'autres composent la musique du bagne : « Elle est excellente, si les musiciens ne valent rien. »
De l'autre côté de l'île Nou, sur la côte Ouest, est le grand hôpital du Marais, qui reçoit non seulement les forçats malades du dépôt, mais ceux de l'Ile entière. Derrière l'hôpital s'étend la ferme Nord, qui produit du lait, des œufs, de la volaille, des légumes pour les malades, un peu de fourrage pour les chevaux de l'administration.
La presqu'île Ducos 2, un moment affectée, on l'a vu, à la déportation politique, s'avance sur la rade de Nouméa, semblable à une main difforme dont les doigts courts et très écartés, figurés par des crêtes montagneuses, se prolongent jusqu'à la mer, et circonscrivent des baies ou des vallons. Dans ces vallons sont situés les établissements de l'administration. Ducos, mi-prison, mi-hôpital, est depuis 1880 le pénitencier de la libération. Ici encore de nombreuses et magnifiques bâtisses : la prison d'Undu, « avec ses murs d'enceinte carrés, flanqués de tourelles, ressemblant à un château du moyen âge 3. » Un refuge pour les libérés âgés et impotents, un hôpital pour les libérés malades4, devant lequel logent les déportés Arabes; enfin une prison pour les libérés qui ont encouru une condamnation, telle est la presqu'île Ducos.
Voilà donc un premier groupe de pénitenciers; ce groupe a compris longtemps au moins le tiers des transportés présents dans la colonie 5. « L'agglomération de condamnés qui va sans cesse en augmentant à l'île