‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 363 sur 393 · Notice pour 1868-70 (Paris, 1874), p · texte numérisé non relu

Notice pour 1868-70 (Paris, 1874), p

4. Elle devait, à partir de 1874, fabriquer plus de 1500 tonnes de sucre par an; or, en 1874, elle fabriquait 16 tonnes, et en 1880, elle n'en fabriquait plus que 3 ^Teisseire, p. 435).

5. V. le rapport de M. de Lanessan sur le budget des colonies en 1885. « H n'est pas permis, disait-il, de penser que l'administration des colonies persistera dans la prétention d'exploiter des fermes qui coûtent dix fois ce qu'elles produisent. »

Teisseire, préface, p. 48). Cf. l'interpellation de M. de Lanessan (juin 1889) : « Dès le

La loi de 1854 ne prévoyait pas du tout les pénitenciers agricoles, et toutes ces installations coûteuses dont on a pu dire que « les fermes pénitentiaires ont été créées pour les agents, et non ceux-ci pour les fermes ». En 1883, on décida la suppression des fermes pénitentiaires, reconnues inutiles et ruineuses ; mais on y revint ensuite, et tout récemment encore on semblait préconiser ce sytème. Cependant on n'a plus besoin désormais d'expériences pour savoir à quoi l'État s'expose quand il se mêle de devenir, aux antipodes, agriculteur, fabricant de sucre ou industriel, avec des fonctionnaires pour gérants et des forçats pour ouvriers *. « Il faut renoncer aux fermes et aux usines », écrivait M. Etienne en 1889. « Dégagé de toutes les entreprises parasitaires poursuivies jusqu'à ce jour, disait de même M. Chautemps *, le se?*vice de la transportation doit être ramené à Vétat de geôle pure et simple, gardien de la seule main-d'œuvre dont l'emploi ne pourra être mis à la disposition des services publics ou des grandes entreprises industrielles et minières de la Nouvelle-Calédonie. La suppression des fermes et la fermeture des ateliers commandent en outre la suppression sinon totale, du moins pour la majeure partie, de l'approvisionnement considérable de matériel existant en magasin. » On s'est enfin décidé, en 1890, à liquider ces fermes et usines de Koé, Fonwhary, Bourail, Pouembout et Diahot; leur disparition est désormais, paraît-il, un fait accompli3. C'est la suppression de l'agriculture officielle, suppression à laquelle on ne peut qu'applaudir.

De même que pour l'île Nou, on peut se demander à quoi sert de transporter les condamnés, si c'est pour les employer à des travaux qu'ils auraient aussi bien exécutés dans un pénitencier agricole de Corse ou d'Algérie. Qu on ne dise pas qu'ils eussentfait concurrence à la main-d'œuvre libre; car, si leur production était réellement active, elle eût aussi bien

premier jour, l'administration pénitentiaire en Nouvelle-Calédonie n'a eu qu'une seule préoccupation : se créer une situation aussi indépendante que possible... C'est pour cela qu'on a créé les ateliers, où l'on produit un travail extrêmement minime avec une dépense extrêmement considérable, et les fermes où Ton ne fait absolument rien. » (V. Teisseire, p. 434, préface, p. 46.)

1 . « Il est assurément inutile et même nuisible de faire venir de France des agents spéciaux pour cultiver du maïs, des fayots ou la canne à sucre, disait M. Pal lu de la Barrière. Lorsque nous aurons des routes, l'initiative libre saura bien discerner les productions qu'elle sera sûre d'écouler. Il n'est pas bon que l'État se fasse industriel et commerçant ; il y a là un engrenage qui le conduit à se munir de tous les organes d'une maison de commerce, et, quel que soit le dévouement des fonctionnaires, il lui manque l'aiguillon du risque de la perte individuelle. » {Notice pour 188%~88 (Paris, 1885), p. 401.

2. Rapport sur le budget des colonies (exercice 1893), p. 137. Cf. Lanessan, Expansion coloniale, p. 864. Moncelon, Le bagne et la colonisation pénale en Nouvelle- Calédonie, Paris, 1886. P. Delabaume, La Nouvelle-Calédonie devant la France. Paris, 1886.

3. Rapport de M. Pardon, Bull. Soc. prisons, 1891, p. 931, et Journ. offic. de Nouvelle-Calédonie, 19 juillet 1890.

fait concurrence aux colons tentés de s'établir en Calédonie et empêché leur établissement. En réalité d'ailleurs, la production par l'État dans des maisons de détention est tellement infime qu'elle ne fait concurrence à personne.

L'administration pénitentiaire pouvait aider l'œuvre de la colonisation et préparer la venue des colons libres de deux manières : en utilisant elle-même la main-d'œuvre pénale et en lui faisant accomplir des travaux d'utilité publique productifs, c'est-à-dire des voies de communication, ou bien en mettant cette main-d'œuvre à la disposition des habitants. Elle a préféré multiplier à tel point les grandes constructions que, dit un observateur, « personne ne songe l à supprimer l'internement des condamnés en Nouvelle-Calédonie, parce que les sacrifices d'installation des transportés sont trop considérables pour ne pas imposer l'obligation de les utiliser. »

Que la main-d'œuvre pénale n'ait pas accompli de travaux publics en Calédonie, c'est ce qui paraît incontestable. L'administration a cependant essayé plusieurs fois de se justifier sur ce point. En 1884, elle a dressé un tableau indiquant la part prise par elle, pendant la période décennale 1874-1884, dans l'exécution de divers travaux entrepris en Calédonie 2. Ce tableau n'est rien moins que convaincant; on n'y voit guère figurer que des travaux de voirie urbaine, des logements et des casernements. Il ne tient pas contre ce fait indiscutable : l'absence de routes dans la colonie *. Dans une autre défense de son œuvre présentée au Congrès pénitentiaire de Stockholm, l'administration déclare que « la tranportation a accompli en Calédonie de grands travaux que le travail libre et les ressources financières de la colonie n'auraient pu exécuter. Le plus considérable de ces travaux est, à Nouméa, Varasement d'un monticule. En 1893, M. Chautemps 4 se demande pareillement quels résultats l'administration pénitentiaire a obtenu, en travaux d'utilité publique, pour 94 millions dépensés : l'Administration répond « qu'elle a fait 200 kilomètres de routes carrossables, 400 kilomètres de sentiers

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