Notices pour C exposition cC Anvers, t. Il, p
6. V. quelques exemples de l'indignation dépensée contre ces contrats dans Teisseire, p. 446 et préface, p. 53.
des choses. Sans doute quelques-uns de ces contrats n'avaient pas présenté toutes les garanties désirables J : le décret du 15 septembre 1891, sur l'emploi de la main-d'œuvre des condamnés aux travaux forcés, réglemente les contrats et remédie aux abus.
M. Leveillé prétend * que, « en proclamant son incapacité à gérer les bagnes transatlantiques, le gouvernement en impose toujours la charge financière aux contribuables métropolitains, mais en abandonne magnifiquement et illégalement les profits soit aux colonies, soit à quelques spéculateurs favorisés. » Bien au contraire, le système des contrats est le seul moyen d'alléger un peu les frais de l'État, et de dégrever le budget par les redevances que paient les Compagnies minières. La location de main-d'œuvre est beaucoup plus productive, bien préférable de toutes manières, au système des pénitenciers et des fermes; c'est pourtant à cette méthode désormais jugée, ou tout au moins à des « affectations variées 3 », déterminées par l'administration elle-même, que proposent de revenir les juristes qui, comme M. Leveillé, désapprouvent les contrats. « 11 paraît, dit M. Chautemps \ que les criminalistes n'admettraient pas l'interposition d'un tiers entre l'État et les condamnés, et qu'ils se préoccuperaient vivement d'assurer pour tous les forçats l'égalité de la peine. Nous répondrons qu'au-dessus des principes les moins discutables du droit pénal, il y a cette considération très élémentaire, qu'il n'est pas admissible que les honnêtes gens travaillentet peinent pour faire des rentes aux voleurs et aux assassins. Toute doctrine qui aboutirait à une telle injustice pécherait par la base. »
La mise au service de la colonie pour des travaux publics exécutés par adjudication, la mise au service des Compagnies minières toutes les fois que les travaux publics n'en souffrent pas, l'administration pénitentiaire réduite au rôle de geôle, rôle qu'elle n'aurait jamais dû quitter, telle est la seule façon de faire profiter les colonies de la transportation, et de faire servir à quelque chose cet outil coûteux et compliqué. Mais ici se pose la question de la concurrence à la main-d'œuvre libre ou libérée, ou plutôt de l'obstacle à la présence des colons libres, et au peuplement européen. Il semble bien que, quand la richesse d'une colonie s'est assez développée pour permettre de nombreux contrats de maind'œuvre de cette espèce, la colonisation pénale doit disparaître sous peu.
Mais il convient d'examiner quelle part la transportation a pris ellemême à ce peuplement, en étudiant la situation des concessionnaires et celle des libérés.
1 . Teisseire, préface, p. 56. Bull. Soc. prisons, 1889, p. 890.
2. Jules Leveillé, Les colonies pénitentiaires et la transportation. ld., La France coloniale, G* édition, Paris, 1893, p. 745-752.