‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 369 sur 393 · M. A. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p · texte numérisé non relu

M. A. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p

contribua à rendre le bagne improductif, doit lui être attribué en grande partie *.

Depuis 1875, on rencontre a des concessionnaires installés en très petits groupes un peu partout dans la colonie. En 1885, il y avait à Uaraï-Fonwhary (fondé en 1875), 144 concessionnaires d'origine pénale; à Pouembout-Koniambo (créé en 1883), 290; au Diahot (créé en 1881), 49 ; à Canala (centre créé en 1875), 2 ; à la baie du Prony (centre créé en 1883), 13. Ces chiffres n'ont guère augmenté depuis, et ont parfois diminué. En 1891, on comptait seulement, en dehors des concessionnaires de Bourail, 294 concessionnaires à Fonwhary, 198 à Pouembout, 70 au Diahot, 4 à la baie du Prony 8.

Dans ces centres, c'est toujours à peu près le même système qui est suivi, sauf que, pour les plus récemment fondés, l'administration fait défricher et préparer le terrain avant d'y établir des concessionnaires. Ceux-ci sont toujours des transportés en cours de peine mêlés à des libérés, la première catégorie étant en majorité. Ils cultivent, comme le faisait l'administration elle-même sur ses fermes pénitentiaires, le mais, les haricots, un peu de tabac et de café; ils ont un peu de bétail. Les ouvriers d'art possèdent un lot urbain où ils exercent leur industrie.

Ces centres ont en général une importance nulle et un développement bien lent4. Au Diahot, les concessionnaires, faute de débouchés, vivent dans des conditions assez précaires. Au Prony, la concession comprenait 4 hectares de forêts ; les concessionnaires bûcherons (8 condamnés et 5 libérés) n'ont rien produit 5. Ce n'est guère qu'à Pouembout et à Koniambo son annexe que les résultats ont été un peu plus satisfaisants et plus rapides. Pouembout est situé au milieu de terrains boisés ; une route de 3 kilomètres, large de 8 mètres, conduit à un débarcadère établi sur la rive droite de la rivière Pouembout, qui est utilisée pour les ravitaillements ; des chemins sont tracés entre les concessions pour faciliter les communications. Les premières concessions sont attribuées aux plus méritants des condamnés qui ont coopéré aux travaux préparatoires et aux défrichements. L'administration y a réservé un certain nombre de lots d'une superficie de un hectare ou un hectare et demi seulement, destinés à des condamnés qui, ayant dépassé la cinquantaine, ne sont plus assez vigoureux pour mettre en rapport des concessions plus

1. Notice pour 1877 (Paris, 1880), p. 156-157. Notice pour 1885, p. 49.

2. Sauf Uaraï et Canala (Bourail étant mis à part, bien entendu), ces centres n'ont été créés qu'après 1881. Voir le tableau n° 10 des Notices pour le chiffre de la population totale d'origine pénale (hommes, femmes et enfants) dans les divers centres.

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