‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 370 sur 393 · Bull. Soc. Géogr. comm., 1889, p · texte numérisé non relu

Bull. Soc. Géogr. comm., 1889, p

étendues, et doivent se livrer simplement à l'élevage du petit bétail, au jardinage, au commerce des œufs, des légumes et des fruits !.

En somme, la création principale de l'administration pénitentiaire, aussi bien comme centre de concessionnaires que comme production directe par les non-concessionnaires, c'est Bourail. C'est le grand centre de colonisation pénale, celui dont l'administration est le plus fière, de même que l'île Nou est le dépôt-type. C'est donc à Bourail qu'il faut étudier en détail les résultats obtenus et le fonctionnement du système.

Bourail fut le premier centre agricole créé, et le seul jusqu'en 1875; il n'a pas cessé d'ailleurs de contenir à toutes les époques la moitié environ des colons d'origine pénale établis dans la colonie. Les premiers concessionnaires y furent placés en 1867 ; en 1879, Bourail comptait 188 concessionnaires, sur 266 que contenait toute l'île ; en 1885, elle en comptait 452 sur 968 ; en 1891, 680 sur 1250. C'est, après Nouméa, le centre le plus peuplé de toute la colonie.

L'administration pénitentiaire * y a construit des habitations pour ses fonctionnaires, des ateliers, des entrepôts, une caserne, une église, un hôpital, etc. Le territoire lui appartient presque en entier, et la campagne, tout autour, a une physionomie spéciale. La population rurale est très dense, relativement à celle des autres districts de la colonie, où on pratique surtout l'élevage3. Les concessions sont réparties dans trois vallées : celle de la Douencheur jusqu'à 9 kilomètres de Bourail, celle de la Pouéo jusqu'à 9 kilomètres, celle de la Boguen jusqu'à 10 kilomètres ; les trois vallées ont une configuration analogue et viennent se réunir pour former la plaine de Bourail, où il y a également des concessions rurales. Les terrains sont partagés en lots de même étendue, partant de la rivière et s'étendanl jusqu'au coteau. L'administration a indiqué jusqu'au modèle des cases à construire ; elle a donc réalisé cette uniformité qui est le rêve de toute administration.

Le concessionnaire a une maison, échappe à la promiscuité du bagne, a le droit de porter la barbe et de s'habiller comme il veut ; il peut aller et venir. En réalité, c'est une libération, une grâce anticipée. S'il est sobre et laborieux, il peut réussir. Les terres à cultures de Bourail sont de première qualité ; ce sont des alluvions très épaisses, qu'il suffit de déboiser et de drainer. Néanmoins, il est indubitable que, malgré tous

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