‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 374 sur 393 · Bull. Soc. pris., 1891, p · texte numérisé non relu

Bull. Soc. pris., 1891, p

3. M. Leroy-Beaulieu voudrait qu'on l'augmentât (Colonisation, 3e édition, 1885, p. 516, note).

sionnaires par an, et il y a annuellement une cinquantaine de dépossessions (en 1890, 164 concessionnaires placés, 43 dépossessions). La même année, les condamnés en cours de peine établis étaient au nombre de 132, les libérés de 32 seulement. Ceux-ci préfèrent chercher du travail dans les exploitations minières. Le nombre total des concessionnaires en 1893 est bien loin du chiffre, autrefois prévu, de 13 000, et n'atteint que 1213 '. On n'a plus installé à Bouraii que des concessionnaires dont la peine était assez avancée pour qu'en 1895 il n'y ait plus dans cette localité un seul condamné. La transportation d'ici là doit abandonner les établissements qu'elle y occupe 2.

Mais jusqu'à présent, la promiscuité qui règne dans le bagne règne encore à la mise en concession. Là est une des causes capitales de l'insuccès. Il fallait éloigner de Bouraii le camp des transportés en cours de peine, placé à l'entrée de la vallée de la Douencheur, à 1 kilomètre du village3; il fallait empêcher que Bouraii fût traversé à toute heure par des files interminables de condamnés. 11 ne fallait pas réunir sur le même point de la colonie, comme l'administration l'a fait partout, les condamnés concessionnaires et les libérés.

On n'a pas encore abordé la question la plus grave, tant pour l'administration elle-même que pour la colonie, la question des libérés. Étant donnée * une terre à peu près inoccupée, c'est-à-dire une terre où l'on ne trouve ni société, ni capitaux, ni établissements, ni industrie, il. faudra que la transportation produise tout cela, et qu'on puisse faire sortir d'elle une société complète de tous points, sans quoi les individus transportés, que l'achèvement de leur peine rend à la liberté, n'auraient pas d'autre parti à prendre, pour ne pas mourir de faim, que de rester en prison. Alors l'œuvre s'arrêterait faute de moyens et n'aurait rien produit. « Il est nécessaire d'insister sur ce point : c'est la libération qui est la question grave de la transportation. Tant que l'homme subit sa peine, il n'est ni un embarras, ni un danger. S'il ne s'agissait que de la répression, il n'y aurait nul intérêt à le transporter hors de France; il y aurait plutôt inconvénient, les exigences climatériques devant faire naître des complications. L'élément prisonnier n'a jamais été un danger public : ce qui est dangereux, c'est le libéré ; c'est ce danger que la transportation devait écarter. »

1. Rapport de M. Ghautemps sur le budget colonial (exercice 1893) p. 46.

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