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Rapport sur le budget des colonies, 1893, p

4. On a quelquefois signalé l'Ile de Phu Quoc, sur la côte occidentale de la Cochinchine, comme propre à servir de lieu de relégation (Bull. Soc. prisons, 1891, p. 301).

coûtera moins cher que celui des condamnés. Les évasions seront nombreuses : il en naîtra des difficultés diplomatiques *. La transportation n'est possible que dans une île. Ferons-nous ce cadeau à la Martinique, à la Guadeloupe, à la Réunion? Elles préféreraient se passer de routes. Il ne peut être question des petites îles. »

Si la transportation est maintenue, elle doit changer absolument de caractère et de but. Au lieu d'absorber exclusivement à son profit une ou plusieurs colonies françaises, elle doit chercher uniquement à mettre les colonies en état de recevoir des colons libres le plus tôt possible : dessécher des marais, faire des routes, défricher. Puis, lorsqu'une colonie est assez avancée, suspendre la transportation et passer à une autre. La transportation voyagerait ainsi d'une colonie à l'autre suivant les besoins *. La colonie qui demanderait la main-d'œuvre pénale, ou les grandes compagnies coloniales, auxquelles on pourrait la concéder si l'on en fonde3, paieraient le déplacement des travailleurs.

En tout cas, il faudrait uniquement de petits groupes, pour éviter la construction des grands établissements dont on ne sait plus que faire ensuite, et qui sont un capital irréalisable. Si la transportation ne disparaît pas complètement, elle ne peut subsister, suivant une ingénieuse comparaison, qu'à titre de branchement d'égoût, déversant ici ou la des éléments triés, mais non comme un immense collecteur dirigé tout entier sur un point unique, et inondant un sol restreint d'une quantité de résidus qu'il ne peut ni utiliser ni absorber 4. « Il faut modifier la loi de 1854 de manière à ce que, le dépôt des condamnés étant en France, les condamnés valides puissent être organisés, à la façon des disciplinaires, en compagnies mobiles, fortement encadrées, et susceptibles d'être envoyées dans toutes les colonies indistinctement, soit pour y exécuter des travaux d'utilité publique, soit pour être louées à des entrepreneurs. Aucune colonie ne serait systématiquement affectée à la transportation, mais toutes, suivant leurs besoins, pourraient réclamer le secours de la main-d'œuvre pénale. Cette réforme est urgente. La France doit avoir une politique en Océanie ; elle ne peut laisser plus longtemps contre elle, au début de ses efforts, l'argument de la transportation. L'avenir de la transportation, si toutefois elle en a un, ne peut résider que dans la création de ces compagnies volantes de forçats5. »

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