Bull. Soc.génér. prisons, 1889, p. CC
2. La défense du système est présentée par M. Michaux, Étude sur la question des peines, Paris, 1875. Contra Teisseire, La transportation pénale et la relégalion, préface, et 3e partie, Etude critique du principe de ta transportation, p. 404-455.
3. Reports from the sélect commitées on transportation, juin 1856. Reports of the commissionners appointedto inquireinlo the transportation and pénale sei*vitude% 1863. Cf. Teisseire, p. 413-114.
4. Congrès pénitentiaire international de Stockholm, comptes rendus des séances, Stockholm, 1879,2 v., p. 171-202 du t. I. Cf. l'opinion de M. Beltrani-Scaglia dans liull. Soc. prisons, 1891, p. 808 (à propos des projets de transportation italienne dans l'Erythrée).
très peu d'exceptions près, les esprits les plus sages et les mieux informés se sont montrés partisans de la suppression de la transportation : « Aucune colonie anglaise, disait M. Hinde \ ne voudrait de convicts. Limiter l'enquête à ce qui pourrait être utile à l'administration de la justice, c'est n'envisager qu'une partie de la question. L'expérience de la transportation en Nouvelle-Galles du Sud, en Tasmanie et en Australie occidentale a été telle, que ce système doit être complètement abandonné dans les pays habités par un certain nombre de personnes libres. Les maux engendrés dans les pays nouveaux par la présence des criminels sont de beaucoup plus considérables que le bien que leur départ produit au pays qui s'en débarrasse. »
« S'il ne s'agissait, dit pareillement M. Mechelin ', que d'éloigner le criminel de la société, on y parviendrait sans doute par la transportation : quoique, même à ce point de vue, l'emprisonnement soit beaucoup plus efficace, puisque le détenu est éloigné de toute société, tandis que la transportation le place dans une société, celle de la colonie où il est transporté. La transportation est un danger pour les populations libres des colonies. » « La transportation, dit encore M. Beltrani-Scaglia, n'a pas les deux qualités les plus importantes d'une peine : l'intimidation et la justice. »
La transportation n'est pas intimidante: l'enquête anglaise de 1863 l'avait surabondamment établi, et en France on sait bien que les réclusionnaires commettent de nouveaux crimes pour se faire envoyer « à la Nouvelle », puisqu'on a été obligé de prendre des mesures législatives pour prévenir le fait \ M. Leveillé 4 croit qu'il suffît, pour faire produire à la transportation des effetsutiles, au point de vue de l'intimidation aussi bien qu'au point de vue du travail produit, de réformer la discipline du bagne colonial : « Nous avons, dit-il, dans une commission dont j'ai fait partie, corrigé en moins de dix-huit mois des défaillances qui avait duré trente-cinq ans. Nous avons accompli notre œuvre de réparation sans bruit, mais avec fermeté. La peine des travaux forcés avait été affaiblie à l'excès ; nous l'avons retrempée ; nous avons redressé l'échelle faussée du code pénal. La légende de la Nouvelle et des agréments des bagnes océaniens est désormais fausse. » Il faut, selon M. Leveillé, non pas renoncer au principe, mais réformer les abus.