‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 41 sur 393 · Supan, Peterm. MitteiL, 1892, p. 3G · texte numérisé non relu

Supan, Peterm. MitteiL, 1892, p. 3G

2. On the heightofthe Land and the depth oflhe Océan (Scott. Geogr. Mag., 1888, p. 1).

3. Thomson, The Melanesian plateau (Proceed. Queensl. Br. of the Roy. G. Soc. of Australasia, 1892-93. t. V11I, p. 18-26).

4. On the Origin of the deep troughs of the oceanic dépression : are any ofvotcanic origin? (Americ. Journ. Se, 1889, t. XXXVII, p. 192, 202).

Par cette ligne, puis par la côte Nord des Santa-Cruz, des Salomon et de la Nouvelle-Guinée, serait vaguement limitée (très vaguement, il faut bien l'avouer) une sorte de Méditerranée mélanésienne , ou plutôt de mer de bordure, à l'intérieur de laquelle se creuseraient trois grandes fosses où la profondeur dépasse 4000 mètres : la fosse de Moreton-Bay, la fosse des Fidji, la fosse des Nouvelles-Hébrides j. La partie septentrionale de cette mer de bordure porte depuis longtemps un nom particulier, celui de mer de Corail; la partie méridionale a reçu elle aussi, plus récemment, une désignation spéciale, celle de mer deTasman. Si l'on essaie d'évaluer très grossièrement la superficie occupée dans la Méditerranée australasienne, dans la Méditerranée mélanésienne, et dans le Pacifique proprement dit : 1° par les profondeurs de 0 à 200 mètres (plateau continental) ; 2° par les profondeurs de 200 à 2000 mètres (aire de transition) ; 3° par les fonds de plus de 2000 mètres (aire abyssale), on obtient le tableau suivant :

Superficie totale. 0 à 200». 200 à 2000". Pins de S000".

Méditerranée australienne.. 8 000 000 Kq 5200000K<i 1800 000 Kq lOOOOOOK*

Pacifique Sud-occidental 1 4 000 000— 500 000— 8 500 000— 5 000 000 —

Pacifique proprement dit 147000000— 1000000— 9000000— 137 000000 —

On voit que la surface la plus considérable de beaucoup est occupée par le plateau continental dans la Méditerranée australasienne, par Taire de transition dans le Pacifique Sud-Occidental, par Taire abyssale dans le Pacifique proprement dit.

On ne peut s'empêcher de faire remarquer les incertitudes que présente le tracé des isobathes tel qu'on vient de Tindiquer. La connexion entre la Nouvelle-Zélande et l'Australie septentrionale par l'isobathe de 2000 mètres, bien qu'elle ait un grand caractère de probabilité, n'est pas absolument certaine ; elle est seulement supposée d'après les températures de fond de la mer de Corail. D'autre part, cette isobathe pourrait à la rigueur unir la partie septentrionale de la Nouvelle- Calédonie aux Chesterfield et au plateau de la mer de Corail ; l'intervalle compris entre les sondages du Bruat à la hauteur du cap Deverd et ceux de YEgeria autorise bien des doutes. On ne saurait trop regretter aussi l'absence d'un réseau un peu serré de sondages entre la Nouvelle-Calédonie et les Nouvelles-Hébrides, ainsi qu'entre le Sud de la Nouvelle-Calédonie et l'île Nord de la Nouvelle-Zélande. Enfin, si les deux grandes fosses des Hébrides et des Fidji sont réellement isolées de toutes parts et coupées des mers australes par un seuil immergé, la même preuve n'est pas faite pour la fosse de Moreton-Bay, qui pourrait bien se confondre avec la fosse du Sud-Est de l'Australie ; ainsi la figurent les cartes de Murray, de Dana, et de la Marine impériale

1. 0. Krûm mel , Handbuch der Ozeanographie, 1, p. 104. E. Reclus, Nouvelle Géographie universelle, XIV, p. 22. Supan, Grundzùge der pkysischen Erdkunde, p. 142.

allemande, en contradiction sur ce point avec la carte de Supan. Les océanographes admettent généralement que le fond des mers est peu accidenté, et c'est ce qui leur permet de suppléer en beaucoup de cas à l'insuffisance des sondages. Le Pacifique Sud-Occidental semble contredire cette affirmation; il s'y rencontre, on l'a vu, des pentes très abruptes et des dénivellations fréquentes, de brusques affaissements peu étendus du sol sous-marin. On ne peut manquer d'être frappé de ce fait, que, là où les sondages sont le plus denses, c'est-à-dire au voisinage des Tonga, le relief s'est montré fort accidenté. L'existence de cavités isolées est d'ailleurs le trait le plus ordinaire des Méditerranées, un des plus caractéristiques pour reconnaître les zones de dislocation et d'effondrement.

La connaissance des dépôts sous-marins est le complément naturel de celle des profondeurs sous-marines. Le véritable sol sous-marin échappe en général, comme on sait, aux recherches, et la sonde ne renseigne que sur les boues et vases superficielles qui le recouvrent, faisant connaître seulement l'épiderme, non le squelette même. Ces dépôts sous-marins sont très uniformes sur de vastes espaces. C'est ce qui a permis aux éditeurs du Challenger1 de dresser une carte géologique sous-marine; malgré les lacunes actuelles, ils estiment que les explorations futures apporteront à cette carte peu de modifications ; la profondeur de l'Océan étant connue, on peut en déduire la nature des dépôts avec une grande approximation.

Les différentes classes d'organismes et leur fréquence relative permettent de classer les dépôts. Il semblerait que la différence de latitude ne dût produire à cet égard aucune variation, puisque les conditions de la vie sont partout semblables dans les grandes profondeurs. Mais la part des organismes de surface dans le carbonate de chaux des dépôts étant infiniment supérieure (90 p. 100) à celle des animaux vivant sur le fond, on comprend que l'abondance de ces organismes dépende de la températureT et qu'ils soient en nombre plus considérable dans les régions tropicales.

Sur la carte du Challenger, la Nouvelle-Zélande, les îles Norfolk et Lord-Howe, la côte Sud-Est d'Australie, cette dernière sur une très faible largeur, se montrent entourées de dépôts terrigènes, généralement des vases bleues, contenant de la glauconie. Autour de la Nouvelle-Calédonie s'étendent des vases et des sables coralliens, qui occupent également l'intervalle compris entre la grande île et les Loyalty. Ces mêmes vases coralliennes, seules ou alternant avec des vases volcaniques, les unes et

1. Challenger Expédition, Submarine DeposiU, in-4«, 1891, p. 166, 344, 246, et la carte.

les autres contenant de gros et nombreux fragments de pierre ponce, se trouvent autour des Kermadec, des Tonga et des Fidji, se répartissent autour des Nouvelles-Hébrides, des Salomon, et à la pointe Sud-Est de Nouvelle-Guinée. Enfin une zone semblable tapisse le fond de la mer autour des Chesterfield. Ces dépôts au voisinage des îles coralliennes contiennent de 86 à 90 p. 100 de carbonate de chaux, provenant principalement d'organismes vivant dans l'eau superficielle et sur les récifs, algues calcaires, coraux, mollusques, annélides et échinodermes. Les fragments de ces organismes forment un sable grossier ou un gravier dans les eaux les moins profondes ainsi que dans celles où se fait sentir Faction des vagues et des courants. A la limite de l'action des vagues, la grosseur des fragments diminue, et l'on a une vase calcaire fine. A mesure qu'on atteint des eaux plus profondes et plus éloignées de terre, la proportion des coquilles de foraminifères pélagiques augmente par rapport à celle des débris de récifs ; et les vases ou sables coralliens passent ainsi insensiblement à des vases à globigérines.

La boue à globigérines (globigerine ooze)> en comprenant par là des dépôts qui contiennent plus de 30 p. 100 de carbonate de chaux, occupe presque tout le Pacifique Sud-Occidental. Une aire de boue à ptéropodos entoure, au voisinage des Kermadec, la zone de sable corallien; elle diffère de la boue à globigérines par la plus grande abondance des coquilles de ptéropodes et d'hétéropodes. Ces derniers mollusques sont au contraire absents des dépôts qui s'étendent entre les Hébrides et les Fidji: absence très remarquable, car ils sont abondants à la surface et, dans l'Atlantique, aune profondeur et à une latitude semblables, on les trouve en nombre considérable dans les vases. La boue à globigérines dps Nouvelles-Hébrides contient de 44 à 62 p. 100 de carbonate de chaux. Les tests de foraminifères sont colorés en rouge brun par l'oxyde de manganèse, ce qui les fait ressembler en apparence à l'argile rouge, laquelle remplace graduellement les boues organiques dans les grands fonds.

L'argile rouge se rencontre dans quatre parties de la région étudiée ici . L'une de ces zones s'étend au large de la côte orientale d'Australie jusqu'à la hauteur de Sandy Cape : elle marque la dépression de Moreton-Bay ; une seconde se trouve entre les îles Kermadec et la Nouvelle-Calédonie, correspondant à la fosse des Fidji. Deux autres aires moins étendues d'argile rouge, entre la Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Guinée, indiquent la fosse des Nouvelles-Hébrides. Quant à la grande dépression des Tonga, elle appartient aussi, bien entendu, à l'argile rouge.

Les dépôts qu'a rencontrés le Challenger entre les Nouvelles-Hébrides et le détroit de Torrès l présentent une particularité remarquable-

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