Revue mar. et col., 1861, I, p
7. L. Chambeyron, Note relative à la Nouvelle-Calédonie (avec clichés dans le texte, Bull. Soc. Géogr., 1875, p. 566-587).
barrières, qui vont s'allongeant de part et d'autre de l'île dans une direction sensiblement parallèle à son grand axe, depuis l'île des Pins au Sud-Est jusqu'aux îles Huon au Nord-Ouest. Les récifs ne se terminent donc pas à la pointe septentrionale de la Nouvelle-Calédonie, mais se continuent, dans le prolongement idéal de la Grande-Terre, jusqu'à
PROFIL DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE ET DE SON RÉCIF-BARRIÉ1Œ. D'après Cbambeyron.
150 milles plus loin que les îles Bélep. Ils ont au total 450 milles de longueur et 35 à 40 milles d'écartement. Si, dans une direction faisant un angle quelconque avec l'axe de l'île, on imagine une coupe verticale, elle donne partout le même profil : un plateau de corail à parois abruptes, et au centre une île très accidentée.
Les récifs ne constituent pas des lignes continues ; la barrière est interrompue par des coupées ou passes. L'espace compris entre la barrière et le rivage constitue un chenal intérieur parsemé de pâtés de corail ; enfin des récifs marginaux ou récifs intérieurs bordent parfois immédiatement la côte. Du c<Ué extérieur, c'est-à-dire vers la haute mer, la muraille du récif-barrière est tout à fait accore.
On examinera successivement l'arête du grand récif ou récif-barrière, la configuration de la portion de mer, chenal ou lagon, comprise entre le grand récif et la côte, le récif côtier ou récif frangeant, enfin la pente extérieure du récif.
Sur la côte occidentale, la distance entre le récif extérieur et la terre va en diminuant à mesure qu'on s'avance du Sud au Nord, jusqu'à la passe d'Uarat. De cette passe à celle de Gatope, le chenal intérieur cesse d'être accessible ; l'entrée en est interdite par une puissante végétation corallienne ; les polypiers ont envahi tout l'espace, et relient le récif à la côte. Le chenal recommence au Nord de Gatope et va de nouveau en s'élargissant. Le récif des Français continue la chaîne de brisants au Nord de l'île jusqu'au Grand-Passage. La barrière semble ici complètement terminée ; mais elle recommence avec les récifs d'Entrecasteaux, et la dernière pointe, indiquée par quelques blocs de corail, affleure à 9 milles au Nord de l'île Huon. C'est là que se ferme l'immense lagon et que les deux branches du récif se rejoignent comme les pinces d'une tenaille.
Le récif de l'Est, et, au delà du grand passage, le récif de Cook, font face aux récifs occidentaux. Sur la côte orientale de la Grande-Terre, entre le Panié et Touho, le grand récif, au dire de Chambeyron \