‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 51 sur 393 · Pelatan, ouvrage cité, p · texte numérisé non relu

Pelatan, ouvrage cité, p

6. Il ne paratt pas y avoir là de véritables sillons formant le prolongement des vallées continentales, mais desimpies brèches.

l'existence de vallées sous-marines? Ce serait là tout simplement, comme la forme circulaire des atolls, la manière d'être des constructions coralliennes, le résultat de variations locales encore mal connues dans l'action qu'exercent sur elles les vagues et les courants.

Une remarque plus générale est que, si le grand récif de la Nouvelle- Calédonie est, avec le récif australien, le plus considérable qu'il y ait au monde, c'est sans doute parce que dans ces deux cas la mer n'est pas troublée par des sédiments importants. « Le récif australien, remarque Dana f, est le plus étendu que l'on connaisse ; un pareil récif est rare sur un continent. C'est qu'ici les zoophytes, par suite de la sécheresse du climat, ne sont pas exposés aux effets destructeurs ordinaires sur les côtes continentales. » En Nouvelle-Calédonie, l'étroitesse de l'île et sa constitution orographique ne permettent pas à de grands fleuves de se développer : de là peut-être la puissance des récifs.

Connaissant ainsi la configuration générale et quelques détails de la structure des récifs immergés de l'archipel Calédonien, on peut se demander à quels agents de la dynamique interne ou externe il faut attribuer les phénomènes, si singuliers en apparence, qu'on y constate *. On a longtemps cru voir un lien nécessaire, un rapport de cause à effet entre la configuration des récifs et des phénomènes d'affaissement séculaire, et les récifs-barrières de Nouvelle-Calédonie sont précisément un des exemples toujours invoqués par les partisans de la théorie de Darwin. L'explication proposée par le naturaliste anglais montre bien comment il conçoit les choses : « L'épaisseur verticale des récifs de Nouvelle-Calédonie, dit-il 3, doit être considérable. Or, les polypiers qui construisent le récif ne peuvent pas vivre à de grandes profondeurs. Il viendra peut-être à l'esprit de quelques personnes que les récifs actuels ne sont pas d'une grande épaisseur, parce qu'avant leur première apparition, la mer, ayant profondément rongé les côtes, a formé ainsi une banquise sous-marine large, mais peu profonde, sur les bords de laquelle les coraux ont crû ; mais on laisse complètement inexpliquée la cause qui fait ainsi surgir le récif à une si grande distance de la terre, en laissant à l'intérieur un canal large et profond.... Si l'île avait été rongée, comment se ferait-il que, au delà de son extrémité Nord, les bancs de corail se rencontrent fixés, non sur la crête centrale, mais sur la même ligne que les récifs qui font encore face aux rivages

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