Dana, Corals and coral hlands, 3e édition, 1890, p
2. Cf. Les Récifs de coraux {Annales de géogravhie, 18s>3, t. II, p. 281-295).
3. Darwin, Les Récifs de corail, trad. fr. par Cosserat, 18*8. p. 63 et suiv.
existant actuellement? Le problème n'admet qu'une solution, l'affaissement. » Et ailleurs, Darwin précise plus encore sa pensée : « A l'extrémité Nord de la Nouvelle-Calédonie, dit-il, les récifs semblent brisés et convertis en un vaste atoll supportant quelques bas îlots coralligènes. Nous pouvons nous figurer que nous y voyons les effets produits par un affaissement actuellement en voie de progrès, l'eau empiétant toujours sur l'extrémité Nord de l'île, vers laquelle penchent les montagnes, et les récifs édifiant sans cesse leurs massifs ouvrages dans la ligne de leur ancienne croissance !. » C'est comme un vêtement trop large pour un homme amaigri, une coquille trop grande pour l'animal qui s'y est logé. Et l'explication est si séduisante, que non seulement Dana * et Wallace 8, mais les géologues qui se sont le plus récemment occupés de la Nouvelle-Calédonie, comme M. Pelatan\ l'ont acceptée et regardée comme la plus satisfaisante.
La fortune persistante de cette doctrine tient à ce que certaines particularités de structure, qui s'expliquent très simplement (trop simplement, serait-on tenter de dire) parla théorie de l'affaissement, paraissent au premier abord inintelligibles si on n'y a pas recours. Les arguments invoqués peuvent se ramener à quatre : la prof ondeur à laquelle croissent les coraux, l'impossibilité de trouver à leurs constructions une autre assise qu'une terre affaissée, la formation du lagon, la pente extérieure des récifs-barrières. Sans entrer dans des controverses qui seraient ici hors de propos, on examinera quelle est la valeur de chacun de ces arguments pour le cas particulier des récifs calédoniens.
Sur la puissance en profondeur des récifs de l'archipel Canaque, on n'a aucune donnée. On n'a rien tenté à cet égard, et on ne voit pas bien d'ailleurs comment, avec l'état de la mer en dehors du récif, l'impossibilité de savoir si on atteint des blocs éboulés ou des coraux en place, enfin la corniche surplombante, on pourrait arriver à un résultat.
On ne sait pas davantage sur quel sous-sol ont bâti les coraux. Mais il n'est pas exact qu'il soit impossible d'imaginer une autre assise qu'une terre affaissée. Pour les récifs qui entourent la Grande-Terre, on a vu combien est faible la profondeur du chenal entourant l'île. Les argiles facilement délitables de l'île canaque ont pu être enlevées par l'action combinée des pluies, des eaux courantes et de la mer 5 ; par ce procédé ou par un autre, peu importe, s'est trouvé préparé ce que les océanographes appellent le plateau continental 6, peu large ici, comme c'est le