J. Garnier, Annales des mines, 1867, p
6. J. Walther, Ueber den Bau der Flexuren (Jenaische Zeitschr. f. Naturw., 1880, p. 243. Richthofen, Fûhrer, p. 414.
cas le plus ordinaire autour des îles montagneuses et isolées dans l'Océan, mais existant néanmoins. Et, si Ton réfléchit que la limite bathymétrique présumée des espèces coralligènes coïncide précisément à peu de chose près avec la limite de l'action puissante des agitations de la mer, on ne s'étonnera plus de la disposition de cette plate-forme entourant l'île. Les eaux ont nivelé la surface d'abrasion et de dénudation marine sur laquelle se sont installés les coraux. Il est difficile de connaître quelles circonstances du sol sous-marin sont favorables à la croissance des récifs, car lorsqu'un récif commence, on ne le connaît pas en tant que récif, et quand il s'est développé, le sous-sol est recouvert. Mais « ce qu'il faut avant tout aux constructions coralliennes, dit M. de Lapparent *, ce sont des plates-formes arrivant à une faible distance de la surface de la mer. Là où l'ancien relief du fond n'en fournissait pas, les déjections volcaniques en ont pu faire naître *, dût la sédimentation mécanique et organique intervenir à son tour pour les élever préalablement à la hauteur convenable. »
La formation du lagon semble plus difficile à expliquer. Cependant ou sait que Murray 3 l'a attribuée avec assez de vraisemblance à la dissolution du calcaire corallien par l'eau de mer. Le fait que les récifs se montrent établis à une certaine distance de la terre n'a rien qui doive étonner. Ou bien les coraux ont fui dès l'origine le voisinage de la terre, bâtissant soit à l'endroit où l'eau commençait à être suffisamment pure, soit sur l'arête du plateau continental v. Ou bien le récif-f rangeant s'est graduellement transformé en récif-barrière, mourant vers l'intérieur en totalité ou en partie, et s'avançant vers le large à la faveur du talus sous-marin de débris qu'il accumulait sur son côté externe.
Cette question du lagon, ainsi que celle de la pente extérieure du récif, devient d'ailleurs beaucoup plus claire quand on se fait une idée juste de la véritable constitution d'un récif corallien.
Le récif est, comme on sait, « une sorte de nécropole 5 », un plateau calcaire dont le rebord seul est vivant. « On peut se demander, dit M. J. Wallher 6, pourquoi le sédiment qui se forme sur un récif y reste, au lieu de descendre dans les profondeurs et de s'étendre en une couche mince sur un vaste espace : c'est à cause des ramosités de beaucoup d'espèces de coraux, qui retiennent entre leurs branches les sédiments