Antlitz, II, p
au juste, comme Wallace \ que l'île avait autrefois le double de sa superficie actuelle, ou, comme Dana*, que les « récifs indiquent l'existence d'une terre antérieure à peu près trois fois aussi grande que l'île actuelle. »
Si l'on peut admettre avec Darwin que la Nouvelle-Calédonie est le reste d'une terre affaissée, on ne peut accepter les preuves qu'il en donne, ni dire de combien elle s'est affaissée, ni si l'affaissement se continue actuellement. Autant il est légitime de suivre, avec Suesset M. Marcel Bertrand, les lignes de plissement et de dislocation au fond des Océans, autant il est contraire à l'idée qu'on peut se faire du phénomène orogénique de voir dans la forme du récif-barrière quelque indication sur l'extension ancienne de l'île 3. Si les coraux contribuent à justifier l'hypothèse de l'affaissement pour le cas particulier de la Nouvelle- Calédonie, c'est qu'un banc de sable ou de roches quelconques de même configuration aurait la même signification 4.
Si des récifs vivants ou immergés de la Nouvelle-Calédonie on passe aux récifs morts ou émergés, on rencontre également toutes les variétés possibles et toutes les gradations.
Sur la côte Sud-Est de la Grande-Terre 5, dans la partie qui s'étend de l'îlot Kouébuni jusqu'au Nord de Yaté, se soude au pied des montagnes une sorte de plateau de 2 kilomètres environ de largeur moyenne, sur une longueur de 15 à 16 milles. Ce plateau repose sur un banc de corail mort; il se termine du côté de la mer par un escarpement continu; la roche affecte la forme d'une corniche demi-circulaire sous laquelle on passe presque partout à pied sec à mer basse; le sommet de la corniche, taillé en arête vive, se trouve à 3 mètres au-dessus de la haute mer à Kouébuni, à 3m,50 au moins en approchant de Yaté, et vient mourir au niveau de la haute mer à Ounia.