‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 60 sur 393 · J. Garnier, Annales des mines, 1870, p · texte numérisé non relu

J. Garnier, Annales des mines, 1870, p

« Diverses circonstances, ajoute-t-il, nous portent à classer, un peu arbitrairement il est vrai, mais avec assez de vraisemblance, comme quaternaire l'ensemble des terrains madréporiques émergés. Ces circonstances sont : 1° Le faciès récent de la roche corallienne. 2° L'analogie, au point de vue de l'allure générale, des grands soulèvements horizontaux de cette roche avec ceux qui, dans les régions septentrionales, caractérisent le phénomène dit des plages soulevées. 3° Le fait que des nids de calcaire tufacé renfermant des coquilles qui appartiennent à des espèces encore vivantes s'y rencontrent avec fréquence. »

Les arguments invoqués par M. Pelatan ne semblent pas décisifs. Ils prouvent non pas l'âge pleistocène des coraux, mais seulement leur âge post-tertiaire, et encore ! Le seul motif qui empêche M. Pelatan de les classer comme actuels, « e'est que, dit-il, cette formation a été élaborée dans des conditions spéciales et certainement différentes des conditions actuelles de développement des roches coralligènes dans le Pacifique Sud. Il suffit pour s'en convaincre de considérer l'énorme étendue des bancs dont la juxtaposition est arrivée à former d'aussi vastes îles que Lifou et Mare. »

Cependant, sans parler des Abrolhos, qui sont pourtant bien des récifs « actuels », il est difficile de décider si l'émersion de certains grands atolls du Pacifique ne donnerait pas des profils en tout semblables à celui des Loyalty, surtout si l'on tient compte des modifications que subissent rapidement les coraux émergés. « La surface de Lifou, dit Clarke1, est celle d'un plateau avec quelques élévations comme celles qui marquent actuellement la surface d'un récif corallien ; aucun grand changement ne doit l'avoir modifié depuis sa formation. a

Sans aller jusqu'à parler, comme M. Balansa *, des traditions des indigènes de Lifou au sujet de l'assèchement récent de la plaine de Nassalo ou Nathalo, la fraîcheur des surfaces, la conservation des corniches que la vague semble avoir abandonnées tout récemment, paraissent indiquer un âge peu reculé. En l'absence de recherches paléontologiques, la question ne peut être résolue. Rien ne prouve que les coraux des Loyalty soient plus anciens que l'époque actuelle, rien ne prouve qu'ils soient plus récents que les dernières périodes de l'ère tertiaire.

Les traces de mouvements négatifs sont évidemment plus faciles h observer que celles des mouvements de sens contraire, qui, comme le dit Darwin, « recouvrent leurs propres témoignages ». En dehors des

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