Balansa, B. S. Géogr., 1873, p
récifs de coraux, on observe en Nouvelle-Calédonie quelques autres traces d'anciens niveaux marins. A Hienghène *, des roches calcaires, notamment celles qu'on nomme les Tours Notre-Dame, ont une corniche élevée de 3 mètres environ au-dessus du niveau actuel de la haute mer ; beaucoup de ces roches sont situées à 300 et 400 mètres dans les terres, séparées de la mer par des plantations. Ces calcaires ne sont d'ailleurs nullement coralliens, et appartiennent au terrain primitif.
Les lignes de rivage de Hienghène et celles de la côte occidentale pourraient à la rigueur s'expliquer par des déviations tout à fait locales et accidentelles dans la direction des courants, des vagues et des marées. Il n'en est pas de même pour les plateaux émergés de Yaté, de l'île des Pins et des Loyalty.
On admet communément que, dans la partie du Pacifique où se trouve la Nouvelle-Calédonie, des phénomènes de soulèvement et d'affaissement ont pu se produire simultanément ou alternativement dans une même région. C'est ainsi, en effet, que M. de Rochas * rend compte des plateaux étages des Loyalty ; il explique les trois étages successifs de Lifou par des mouvements comme ceux du temple fameux de Sérapis. La plupart des géologues attribuent aussi l'aspect des Loyalty à des soulèvements successifs : « L'affaissement de la Nouvelle-Calédonie, dit M. Pelatan3, a été interrompu à un moment donné par les brusques soulèvements auxquels on a dû de voir surgir les bancs madréporiques de Yaté, de l'île des Pins et des Loyalty... Sans chercher à pénétrer dans le détail encore obscur de ces divers mouvements, il est cependant aisé d'y distinguer deux soulèvements : l'un de quelques mètres seulement, suivant l'axe même de la Nouvelle-Calédonie et n'ayant affecté que la Grande-Terre proprement dite et l'île des Pins; l'autre, d'une amplitude beaucoup plus grande, qui s'est produit dans une direction rigoureusement parallèle à celle du premier, et qui a abouti à la création de toutes pièces de l'archipel des Loyalty. »
M. Clarke4 exprime une opinion analogue, et croib à des soulèvements : « Quelques-unes des apparences présentées par la surface de Lifou, comme le parallélisme de structure des caps et le caractère surplombant des falaises, font supposer une unité d'action dans leur formation. Il y a eu à Lifou deux élévations successives du sol, interrompues par une période de repos... Elles ne paraissent pas liées à une force volcanique visible, mais il est très probable que c'est le résultat de l'élévation de la Nouvelle-Calédonie, entourée de tous côtés de récifsbarrières, dont les Loyalty sont des portions élevées. »