Suess, Antlitz der Erde, II, p
2. Essai sur la géologie et les ressources minérales de la Nouvelle-Calédonie, par J. Garnier, avec carte géologique (Annales des mine*, 6e série, t. XII, p. 1-92, Paris, 1867). M. Garnier a publié, pour les gens du monde, un récit de son voyage sous le titre de : Voyage autour du monde, Nouvelle-Calédonie, cale orientale, Paris, Pion, 1871. Un petite carte (au 1/1 400000e) indique les principales reconnaissances faites dans l'intérieur de l'Ile depuis l'occupation française, et des lignes rouges montrent les itinéraires de M. Garnier. Un mémoire de M. J. Garnier sur les gisements de cobalt, de chrome et de fer de Nouvelle-Calédonie (Mém. de la Soc. des ingén. civ.9 Paris, Cbaix, 1887) contient une 2« édition corrigée de sa carte géologique.
l'île. L'essai de carte géologique de M. Garnier montre les résultats acquis et les vides à remplir.
M. E. Heurteau, chargé d'organiser le service minier de la colonie, a visité nie en 1874; bien qu'elle fût alors presque entièrement ouverte à la colonisation, M. Heurteau dut s'en tenir à des travaux de reconnaissance et à des aperçus d'ensemble *. Pour aborder les questions de détail, pour chercher à se rendre un compte précis de la succession des formations géologiques et de leurs relations, on rencontrait, en raison de la difficulté extrême des communications, des obstacles insurmontables. On manquait surtout de l'instrument indispensable de toutes les études géologiques, à savoir une carte ou au moins une esquisse topographique de la contrée2. En dehors du littoral, on possédait bien peu de données précises sur l'orographie et même sur lagéographie de l'île8. Les travaux du service topographique étaient restés circonscrits au voisinage des principaux centres de colonisation, et d'ailleurs, exclusivement dirigés en vue du cadastre, ne fournissaient, en dehors de la planimétrie, aucune cote de hauteur qui fît connaître le relief du sol. M. Heurteau dut donc renoncer à représenter les résultats acquis sous forme de carte géologique.
Depuis lors, les circonstances sont devenues bien plus favorables au point de vue de la facilité des études sur le terrain. Pendant la grande insurrection canaque de 1878, on put voir combien le pays est difficile à parcourir et combien il était peu connu. Aussi en 1879, l'amiral Jauréguiberry, ministre de la marine, prescrivait l'organisation d'une Mission topographique militaire pour la construction de la carte de la Nouvelle-Calédonie. Cette mission devait, au point de vue militaire, faire une reconnaissance assez complète de l'île pour permettre à l'avenir aux colonnes de se diriger dans l'intérieur; reconnaître les lieux habités par les Canaques, leurs cultures, les voies de communication, les points de passage, et les directions des routes à créer. Pour la colonisation, la mission devait se rendre compte des ressources présentées par le pays : terres cultivables, forêts, pâturages, mines.
Constituée au mois de juillet 1879, la Mission topographique a compris cinq ou six opérateurs pendant les années 1880-1881-1882. Pendant Tannée 1883 et une partie de 1884, la mission dut cesser les travaux pro-
1. Rapport à M, le ministre de la marine et des colonies sur ta constitution géologique et les richesses minérales de la Nouvelle-Calédonie, par M. Emile Heurteau {Annales des mines, 7° série, t. IX, p. 232, 454, 1876). On renverra au tirage à part de ce document.