Géographie de la Nouvelle-Calédonie, Paris, 1876, in
5. Instructions nautiques sur la Nouvelle-Calédonie, 3e édition, 1886, p. 4-7.
6. Notice géographique sur le 4* arrondissement ; id. sur le 5e arrondissement, d'après les travaux des officiers de la mission topographique (Nouméa, presses autographiques de l'Administration pénitentiaire à Montravel, 1886).
7. Expression du relief et du climat d'une contrée, l'hydrographie ne saurait être en principe étudiée avant le climat. On ne saurait décrire un fleuve avant de s'être renseigné sur les pluies qui l'alimentent. Mais la méthode géographique, telle qu'elle nous a été enseignée et telle que nous la comprenons, n'est pas quelque chose de scol astique et de mort ; elle sait se plier aux circonstances et varier suivant les régions auxquelles on l'applique. Gomme il s'agit ici d'une lie étroite, où nul grand fleuve n'a pu prendre naissance, on considérera, en même temps que le relief, le tracé des vallées et des côtes; en même temps que le climat, le régime des cours d'eau.
Quoique peu de colonies françaises et de terres de l'hémisphère austral aient été l'objet d'études géologiques aussi complètes que la Nouvelle-Calédonie, il n'en reste pas moins beaucoup d'obscurités et d'incertitudes. Cela tient à l'extrême complexité de cette géologie ; les terrains sédimentaires ont subi des bouleversements tels, chaque horizon occupe parfois une si faible étendue et se trouve si profondément métamorphisé par les roches éruptives, qu'il est parfois bien délicat d'en déterminer l'âge et les relations. La classification des roches éruptives calédoniennes, en l'absence de toute étude micrographique détaillée, ne laisse pas que d'être très difficile. M. Pelatan a dû se borner à décrire les espèces principales d'après leurs caractères lithologiques les plus apparents, en s'attachant à reconstituer l'ordre chronologique probable, mais non certain, dans lequel elles sont venues au jour. On voit qu'il y a en tout cela nombre de problèmes non résolus. On indiquera à l'occasion ces difficultés; on n'avait pas à essayer de les résoudre; c'eût été s'écarter complètement du but poursuivi i.
Le sol de la Nouvelle-Calédonie présente s, reposant sur des terrains primitifs semi-cristallins très largement développés, une série sédimentaire fort incomplète. Les terrains sédimentaires un peu étendus appartiennent tous, si l'on exclut les terrains tout à fait modernes, au groupe des terrains secondaires. M. Pelatan les regarde comme triasiques, jurassiques et crétacés. Cet ensemble est accompagné de manifestations éruptives variées et considérables; les roches d'origine éruptive, très communes en Nouvelle-Calédonie, présentent deux particularités caractéristiques : d'abord elles forment une série assez complète dont la plupart des termes peuvent être rattachés au groupe des roches basiques; ensuite les roches magnésiennes occupent parmi elles une place tout à fait prépondérante. Des roches vertes anciennes et des diorites ont affecté les terrains primitifs ; des épanchements mélaphyriques et porphyriques ont bouleversé les terrains sédimentaires; mais les roches éruptives les plus remarquables sont, sans contredit, l'immense épanchement serpentineux qui forme l'ossature de l'île et auquel elle a dû la fixation définitive de son relief. Cet épanchement forme, en surface, près du tiers de l'édifice géologique néo-calédonien, dont il est en quelque sorte la clef de voûte. Il est à remarquer que, par une coïncidence singulière ; la série commence avec des roches vertes ophitiques, parfois serpentineuses, et se termine brusquement par des serpentines.
1. M. II. R. Mill le disait récemment en excellents termes : « The phenomena considered by physical geography and geology are in great part the same, but they areconsidered from a différent aspect... Physical geography strictly speaking has to do with the discovery and description of surface forms, and for ail information regarding the composition on classes of rocks it accepts the conclusions of geology, placing thèse in sucb alight as to explain surface features » (Geogr. Journal, 1893, p. 531).