‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 74 sur 393 · Pelatan, p. 11. Heurteau, p. 9 et · texte numérisé non relu

Pelatan, p. 11. Heurteau, p. 9 et

Les schistes à séricite surtout, redressés presque verticalement comme la formation tout entière, friables à l'excès, se sont délités sous l'action des agents atmosphériques, ne laissant en saillie que les calcaires durs. Deux de ces alignements calcaires sont très développés, l'un sur la côte Est, entre Wagap et Hienghène, l'autre plus près de la côte Ouest, entre Arama et Gomen. Ils sont constitués, sur une largeur moyenne de 1 kilomètre environ, par des massifs rocheux qui émergent parfois à 200 mètres de hauteur au-dessus des schistes !.

A l'entrée de la vallée de Hienghène, ces calcaires cristallins se dressent le long du rivage ou surgissent du sein même de la mer en masses puis-

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LA COTE A HIENGHKNE : CALCAIRES CRISTALLINS. Photographie communiquée par M. L. IMalan.

santés, dont la crête déchiquetée et les formes inattendues ont frappé les observateurs 2. Tel îlot rappelle par son aspect les tours de Notre-Dame, tel puissant massif figure grossièrement un sphinx accroupi.

1. C'est un fait très général dans le terrain primitif que la saillie des cipolins audessus des schistes par suite de leur plus grande résistance. On sait que le mont Athos n'est autre chose qu'une gigantesque lentille de cipolin incluse dans les schistes cristallins. C'est une application du principe de la mise en saillie des parties dures. (Cf. de la Noë et de Margerie, Les formes du terrain, p. 39).

"2. « Ces calcaires forment, dit M. J. Garnier (Ann. des mines, 1867, p. 13) des masses imposantes; les Tours Notre-Dame sont un très bel exemple de dénudation sous l'action des agents atmosphériques. »

C'est évidemment aussi une de ces masses calcaires couronnant les schistes que M. Chambeyron désigne sous le nom de « Corne du Katalou » et dont il reproduit le profil : « Un peu au delà du cap Touho, dit-il *, commencent à surgir des pics d'une forme bizarre. Ce sont A

des montagnes isolées, aux flancs / \

abrupts et parfois perpendiculaires, ,' \

terminées à leur sommet par une ai- / A

guille verticale. Je n'ai vu qu'une de corne du katalou.

ces aiguilles à une distance moindre D*après chambeyrou.

de 2 kilomètres, la Corne du Katalou,

située au Sud de Hienghène, qui m'a semblé être un immense rocher

noir et lisse. »

Au Nord de Bondé, la formation s'abaisse rapidement vers les deux dépressions du Diahot et de la Néhoué, que sépare l'une de l'autre la chaîne des hauteurs dont le prolongement vers le Nord forme la presqu'île d'Arama. Les pics ont une faible altitude (350 mètres en moyenne), mais sont parfois très effilés; telle est la Corne de Koumac, analogue à la Corne du Katalou. L'acuité des sommets dans la presqu'île d'Arama donne à la chaîne l'aspect d'une scie géante. Les flancs des montagnes sont très escarpés, avec une pente 2 parfois de 40°, complètement dénudés, et sillonnés de déchirures profondes. Le sommet Arama (410 mètres), formé par les schistes argileux redressés verticalement, présente une colonne aiguë, isolée, qui a frappé l'imagination des indigènes malgré sa faible altitude, car ils ont fait de ce pic un lieu sacré. Au delà de la presqu'île d'Arama, l'étage supérieur des terrains primitifs reparaît, conservant les mêmes caractères, dans les îlots Paaba, Taanlô, Néba, etc. 3.

Les éruptions les plus anciennes de Nouvelle-Calédonie constituent un ensemble de roches spéciales \ d'une couleur verte en général tranchée. Ces roches, de texture et de composition variables, se rencontrent soit en tuméfactions isolées, soit en nappes intercalées, entre les assises des terrains primitifs. Les principales éruptions de ces roches vertes anciennes se sont produites dans les vallées du Diahot et de la Néhoué. De part et d'autre des collines de schistes argileux mi-

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