‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 77 sur 393 · ENTRE BALADE ET K.OUMAC, PERPENDICULAIREMENT A LA VALLÉE DU DI1IAOT · texte numérisé non relu

ENTRE BALADE ET K.OUMAC, PERPENDICULAIREMENT A LA VALLÉE DU DI1IAOT

D'après M. Heurteaa.

grande régularité de leur allure. La profonde dépression du Diahot les sépare et leur est parallèle. Les autres vallées sont transversales, fort courtes et de peu d'importance morphologique. Les rivages sont peu articulés, sauf au Nord, où l'abrasion de la mer a exercé une action considérable et démembré ces terrains en îlots, en presqu'îles et en golfes.

Au-dessus des terrains primitifs et des lambeaux primaires qui les surmontent vient s'étager une série sédimentaire * comprenant divers horizons qui appartiennent au groupe des terrains secondaires. Ce sont d'abord des terrains triasiques assez développés ; puis des lambeaux jurassiques peu importants, et des assises qui paraissent devoir être rattachées au système crétacique. Comme il est difficile de faire la distinction de ce qui revient exactement au jurassique, et qu'il est très peu développé, on peut réunir le jurassique et le crétacique sur la carte et dans la description. Les terrains secondaires de Nouvelle-Calédonie sont d'ailleurs des plus difficiles à connaître et à classer dans leurs détails, mais les divisions principales, qui seules importent au géographe, sont assez nettes:

Le terrain triasique comprend : 1° Un horizon remarquable de schistes et de calcaires. Les schistes sont tantôt argileux, tantôt calcaires, tantôt ferrugineux ; dans ce dernier cas, les plans de stratification et les plans perpendiculaires de clivage les fragmentent en parallélipipèdes qui, s'émoussant sous les actions atmosphériques, donnent des blocs sphéroïdaux. Dans les parties argileuses sont insérés des amas calcaires qui font saillie en masses rocheuses abruptes*. Ces calcaires deviennent parfois lithographiques; ailleurs, ils ont l'apparence d'un marbre grossier. Ce niveau inférieur est tout entier pauvre en fossiles *. 2° Au-dessus de cet horizon viennent se placer les couches dites à Pseudomonotis, qui sont au contraire très fossilifères, et présentent en divers points de véritables bancs coquilliers4; elles sont constituées par des

1. Pelatan, p. 12-22. Heurteau, p. 12 et 176-206. J. Garnier, Ann. des mines , 1867, p. SI.

2. C'est ce qui les avait fait confondre par J. Garnier et Heurteau (p. 12) avec les calcaires cristallins primitifs du Nord.

3. C'est seulement dans les schistes calcaires à grandes dalles qu'on rencontre, avec de nombreux fragments de bois fossile, des moules mal conservés de Mytilus problematicus, Spirigera Wreyi, SpiHfer ind. (Pelatan, p. 14. Heurteau, p. 178.)

4. Parmi les fossiles de ces bancs, deux espèces de bivalves jouent un rôle prépondérant : l'un est la Pseudomonotis richmondiana, très abondante à l'Ile Hugon ; l'autre est YHalobia Lommeli. La couche à Pseudomonotis est, de tous les terrains de Nouvelle-Calédonie, celui dont l'âge peut être déterminé avec le plus de certitude. Cest en grande partie par les relations des autres horizons avec celui-là, qui est certainement triasique, qu'on a pu apporter quelque clarté dans cette difficile classification.

Dans cette même couche à Pseudomonotis du trias des lies Hugon et Ducos, on a rencontré des empreintes de végétaux terrestres, notamment une araucariée, Araucarioxylon australe, et un cèdre, Cedroxylon australe (L. Crié, C R. Ac. Sc.% 1888, 1. 107, p. 1014, et id., Beitrâge zur Kenntniss derfossilen Flora einiger Insein des Sudpacifischen Océans, Paleontologische Abhandlungen, léna, 1889.) Cf. Heurteau (p. 176-

alternances de schistes argileux, un peu calcaires, et de schistes ferrugineux, qui se développent sur une assez grande épaisseur. 3° Immédiatement au-dessus des couches à Pseudomonotis prend place une formation peu puissante d'argile plastique contenant du gypse. 4° Enfin ces argiles bariolées sont recouvertes par une faible épaisseur de schistes à nodules calcaires et de marnes également noduleuses ; cet horizon, ainsi que le précédent, ne renferme pas de fossiles.

Les diverses assises du trias calédonien se superposent suivant l'ordre qu'on vient d'indiquer dans toute l'étendue de la formation, et, dans les cas rares où celle-ci n'est pas trop tourmentée, elles ont une tendance à s'orienter dans une direction voisine du N.-W. au S.-E., le plongement ayant lieu tantôt vers le N.-E., tantôt vers le S.-W., suivant les ondulations des couches.

Le trias calédonien occupe, en dehors des espaces empâtés par des massifs éruptifs ou recouverts de terrains plus récents, la majeure partie du versant occidental de l'île, depuis Gomen jusqu'à Nouméa. Entre Houaïlou et Thio, il s'épanouit même à un tel point qu'il empiète sur le versant oriental et envahit presque toute la largeur de l'île.

Cette région assez vaste offre l'aspect d'un enchevêtrement sans fin de collines et de protubérances. Ce ne sont partout que dislocations et bouleversements produits tantôt parles actions dynamiques qui ont fait émerger les terrains eux-mêmes, tantôt par l'arrivée des roches éruptives mélaphyriques, porphyriques ou serpentineuses. Les accidents variés qui ont été provoqués par ces phénomènes, cassures, plissements, renversements, atteignent parfois une amplitude considérable, impriment au terrain tout entier une allure désordonnée et en font un véritable chaos. Aussi est-il à peu près inutile d'y chercher des alignements réguliers. Assez élevés dans l'intérieur de l'île, les terrains triasiques vont s'abaissant graduellement vers la côte ; en outre, comme toutes les formations de la Nouvelle-Calédonie, ils diminuent d'altitude en allant du Sud au Nord de l'île. L'altitude moyenne des sommets de la zone triasique ne paraît guère dépasser 600 mètres dans l'intérieur, 200 à 300 mètres près de la côte. Seuls le Ouitchambo (687 mètres), voisin de Bouloupari, et la petite chaîne des monts Nékou (540 mètres), à l'Ouest de Bourail, se dressent assez près du rivage à des hauteurs encore notables.

Les lambeaux jurassiques * qui viennent au-dessus des terrains triasiques dans la série sédimentaire sont constitués par des schistes fer-

177). — Clarke {Proc. R. S. N. S. Wales, 1875) et J. Garnier (Revue de géologie, 1867, p. 281) avaient d'abord regardé ces terrains comme siluriens ou dévoniens. Deslongchamps (B. S. Linnéenne de Normandie, t. VIII, p. 332 et 364), à la suite de Zittel, a reconnu qu'ils appartenaient au trias. V. Mojsisovics, Ârktische Trias faunen (Mém. Acad. Pétersôourg, 1886, p. 111).

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