Instructions nautiques, p. 30, p
neuse, et où des rivières peu nombreuses et très courtes n'ont pu altérer le dessin donné aux rivages par l'érosion marine. Des passes importantes et nombreuses laissent pénétrer la mer dans le canal intérieur. Au Nord de la baie de Saint- Vincent au contraire, lès côtes occidentales, envahies par les alluvions et les marais, bordées directement par les récifs qui se joignent au rivage et suppriment le canal, sont en général assez plates et marécageuses.
Entre les baies bien découpées de Boulari et de Dombéa est comprise la petite péninsule qui a été choisie, justement à cause de l'excellence de ^on articulation, pour remplacement de la capitale1. Rattachée à la terre par l'isthme étroit que déterminent l'anse de Koutio-Kouéta et l'anse de la Mission, elle s'épanouit ensuite en forme de patte d'oie. La vaste rade de Nouméa est formée par la presqu'île Ducos, accidentée et découpée de plusieurs anses, par l'île Nou, qui court parallèlement à la côte, dont la sépare un canal à deux issues, enfin par la presqu'île sur laquelle est bâtie la ville. La rade présente ce caractère particulier qu'aucune rivière ne vient s'y déverser ; les eaux courantes vont à la baie de Dombéa ou à la baie de Boulari, et le ruisseau le plus rapproché de Nouméa est à 12 kilomètres de la ville, fait exceptionnel dans l'île.
Au delà et au Nord de cette région, la baie profonde, étroite de Port-Laguerre est déjà bordée de marais et d'atterrissements. Après la presqu'île de Ouitoé, la côte forme un vaste demi-cercle vers l'Est : c'est la baie de Saint-Vincent, la plus grande de la colonie ; mais les eaux y sont chargées de vases, et les alluvions des rivières nombreuses qui y convergent, Tamoa, Tontouta, Ouenghi, Ouaméni, l'ont en grande partie comblée. Tout autour de la baie, que bornent du côté du large les îles Leprédour, Ducos, Hugon, s'arrondissent des terres basses et mouillées.
De la baie de Saint-Vincent à la baie d'Uaraï, le chenal intérieur est rétréci par les hauts-fonds que projette le grand récif et par les plateaux qui entourent les îles. D'Uaraï à Bourail, il est plus étroit encore ; à Bourail il est complètement fermé. Aussi la côte, bordée d'alluvions et de marécages, a un contour des plus monotones; la baie de pourail, le cap Goulvain, les baies de Poya, de Muéo, de Koné, présentent ce caractère.
En résumé, malgré les bouleversements géologiques de cette région, les terrains sédimentaires et métamorphiques sont relativement les moins tourmentés de l'île. Les montagnes primitives du Nord sont, on l'a vu, profondément ravinées; elles ont des formes abruptes et des flancs escarpés. Ici au contraire, on rencontre en général des collines
1. Intruc lions nautiques, p. 30. Cf. ci-dessous, p. 388, le plan des environs de Nouméa.
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parfois très élevées, mais de forme et d'aspect tout différents : leurs croupes arrondies ondulent vers le rivage, et leurs pentes sont relativement assez douces. Quant aux plaines alluviales, elles ne jouent qu'un rôle très effacé dans la morphologie de l'île, le long du cours inférieur des rivières et à leur embouchure.
Les terrains sédimentaires se distinguent à première vue des autres régions géologiques et orographiques. A Koumac par exemple1, on voit très bien de la mer, derrière les gros massifs serpentineux du premier plan, la formation schisteuse s'étager jusqu'au pied des calcaires cristallins primitifs qui forment, au fond du tableau et parallèlement à la côte, une haute muraille continue et taillée à pic. A Nouméa2, c'est l'inverse; si d'un point un peu élevé de la presqu'île
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COUPES OÉOLOGIQUES AUX ENVIRONS DE NOUMÉA. D'après M. L. Pelatan.
on regarde l'intérieur des terres, on aperçoit d'abord une série de collines mamelonnées, disposées sans ordre visible, réunies quelquefois par des contreforts ; puis, au dernier plan, le rideau des hautes montagnes qui forment la grande chaîne. Les collines correspondent aux formations triasiques et houillères; la grande chaîne, ce sont les serpentines. Dernières manifestations de l'activité éruptive en Nouvelle-Calédonie, les serpentines occupent, on l'a dit, plus du tiers de l'île : ce sont ces roches qu'il reste à passer en revue.