‹ L'Archiprêtre: épisodes de la guerre de cent ans au XIVe siècleChapitre 14 sur 36 · L*ARGHIPRÊTHE AU SERVICE DU DUC PHILIPPE LE HARDI · texte numérisé non relu

L*ARGHIPRÊTHE AU SERVICE DU DUC PHILIPPE LE HARDI

les hostilités en attendant la solution définitive. C'est ce que firent les chefs des deux armées belligérantes.

Bientôt même, de nouvelles instructions les décidèrent à combiner leurs efibrts pour débarrasser leur pays d'un ennemi commun. Depuis trop longtemps Jean de Ghauffour s'était rendu la terreur des deux Bourgognes, qu'il pillait à tour de rôle. Il occupait alors la ville forte de Dampierre-sur-Salon (1). Le comte de Montbéliard résolut de l'y assiéger, et Sombernon consentit à partager les risques de l'entreprise. On dit encore que cette double détermination fut provoquée par le bailli royal de Sens. Voici, en tous cas, des faits positifs. Dès le 18 juillet (2), le lendemain du jour où il avait refusé la bataille, le comte de Montbéliard, qui se trouvait « à Anciez devant Gray », prend/ les mesures nécessaires « pour aler devant Dam pierre que tenoit messire Jehan de Chauffour ». Le 20 (3), il quitte, Gray, et le siège commence presque aussitôt. Huit jours après, le a chastel de Dampierre-soubz- Saulon » est déjà « rendu et mis en la main de monseigneur le duo par monseigneur Jehan de Ghauffour qui le tenoit », et c'est un Bourguignon , « mons. Garnier de Blaisey, chevalier , » qui en est constitué capitaine et gardien (4). Le succès avait été plus rapide que personne n'eût osé l'espérer. Quand Ghauffour s'était vu exposé à des attaques combinées et à des représailles inévitables, il avait essayé de s'enfuir, en compagnie de son jeune fils et de quelques pillards de sa bande. La place était soigneusement investie : il tomba entre les mains des troupes ducales (5). En vain, pour sauver sa tète, il offrit de leur

sont expédiés par le conseil à Sombernon, et non pas, par Sombernon an conseil.

(1) Dampierre, actuellement chef-lieu de canton de rarrondissement de Gray (Hante-Saône), était alors une ville du comté de Bourgogne.

(2) Archives de la Càte^Or^ B. 1418. Compte de Nicolas Joly. Quand je ne cite pas la page ou le folio, c'est que le compte ne porte aucune trace de pagination ou de numérotage.

(3) Eodem.

(4) Eodem, B, 1416, f» 58, y». Comptes de Dimanche de Vitel

(5) On trouve, dans les Comptes de Dtmafiche de Vitel et dans .quelques autres,

ouvrir les portes de Dampierre. D'accord avec les membres du conseil, Sombernon le livra à un tribunal militaire, qui le condamna au dernier supplice; il fut décapité à Langres en août 1364.

Comment une guerre aussi menaçante avait-elle pu se terminer par un coup de théâtre aussi brusque, par un revirement aussi complet? La comtesse Marguerite déplorait au fond du cœur les conflits dans lesquels une série de circonstances plus fortes que sa volonté Tavaienl entraînée peu à peu. Toujours dévouée à la maison de Valois, toujours animée d'une profonde sympathie pour la France, elle cherchait l'occasion d'un arrangement honorable. D'autre part, Charles Y se serait bien gardé de pousser à bout une femme qui lui avait rendu tant de services et qui pouvait lui en rendre de plus grands encore. Quelle que fût sa confiance dans les promesses d'Urbain Y pour empêcher le mariage de Marguerite de Flandre, de la veuve de Philippe de Rouvres, avec le comte de Cambridge, il éprouvait à ce propos de jutes inquiétudes. Les pourparlers continuaient ostensiblement entre les deux familles, et, sans se préoccuper de dispenses qu'elles semblaient certaines d'obtenir tôt ou tard, elles arrêtaient leurs convention matrimonie^les (1). Personne autre que la comtesse Marguerite, grand'mère de la future, n'était à même de déjouer les projets d'Edouard ÏII. Il fallait reconquérir son appui, son ancienne bienveillance, par conséquent, terminer au plus tôt la guerre des deux Bourgognes, tarir la source de dissentiments fâcheux. Charles Y y parvint sans peine. Il se mit en rapports directs avec la comtesse, et, le 25 juillet 1364, tous deux s'empressèrent de signer des préliminaires de paix (2) qui, dans leur

de nombreux détails touchant la capture de Jean de Chauffour, ainsi qne celle de son fils et de ses compagnons. Nous nous bornons à les résumer en quelques mots, mais sur des notes détaillées et précises.

(1) Le 20 juillet 1364, Edouard III nommait des représentants chargés de régler en son nom avec le comte de Flandre les conditions du mariage projeté. (Rymer, t. VI, p. 444-4i5. ) Peu après, le comte de Flandre vint & Douvres s'entendre directement avec le roi d'Angleterre. (Froissart, édition Luce, t. VI, Sonmaire, p. uiv, note 2.) Enfin le contrat fut arrêté et dressé au château de Douvres, le 19 octobre 1364. (Rymer, Eodem, p. 445-449.)

(2) Le texte de ces préliminaires a été publié par D. Planclier, l. III, Prwiw»,

no xym.

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intention formelle, devaient bientôt se convertir en paix conoplète et irrévocable.

Les clauses de ces préliminaires sont curieuses à étudier. Elles dévoilent les véritables motifs de la dernière guerre, les intérêts qui se trouvaient en jeu et les passions qui s'ag:itaient à côté de ces intérêts. En somme, Marguerite de Flandre ne réclamait sérieusement que deux cboses, la totalité de la terre de Ghaussin et sa part dans les acquêts que le duc Eudes, durant son mariage, ou le duc Philippe de Rouvres, pendant sa vie, avaient ajoutés à Tancien comté de Bourgogne. Pour toute concession immédiate, Charles Y reconnut que la comtesse avait droit à la moitié de la terre de Ghaussin. Quant à Fautre moitié et quant aux acquêts, il fut simplement convenu que les parties contractantes se réuniraient de nouveau « à la quinzaine d*aprè8 la Toussaint prochain venant », et qu'alors on procéderait « ou traitié et accord des choses dessus dites et autres qui toucheront les dites parties». La comtesse se plaignait encore des dommages causés à ses États « par les chevauchées de mons. le duc et de ses gens ». Cependant elle n'insistait guère, car elle abandonnait ce grief au libre arbitre du roi. Les questions les plus difQciles à régler ne la touchaient qu'indirectement. Quelle satisfaction donner au comte de Montbéliard et à son fougueux allié Jean de Neufchatel, ainsi qu'aux barons comtois animés des mêmes passions qu'eux? Charles V n'hésitait pas à se porter fort pour son frère absent, pour le duc de Bourgogne. Mais la comtesse Marguerite n'osait prendre la même attitude vis-à-vis de ses prétendus défenseurs. On se tira d'embarras à l'aide des dispositions suivantes : « Item à la requeste de ma dite dame de Flandres a esté ordonné par leroy » que si le comte de Montbéliard, Jean de Neufchatel, « leurs aydans et complices, » veulent consentir une trêve, qui durera jusqu'à trois semaines après la Toussaint, le duc y consentira de son côté; et, pendant la durée de cette trêve, Charles V, « oyes les dites parties^ les mettra à accort de son povoir. » S'ils refusent, le duc continuera la guerre « sans faire domage sur madame )) ou à charge de le réparer. Il est en outre convenu qu'en cas d'acceptation de la trêve susindiquée, le duc de Bourgogne fera évacuer le comté par ses troupes

et par les Compagnies à sa solde (4), rendra « tous les prisonniers de Dôle et d*autre part, subgez sans moyen à madame », qui sont entre les mains de ses sujets à lui, « fera son loyal pouvoir de délivrer franchement » ceux qui sont entre les mains des Compagnies, enfin restituera toutes les places qu'il occupe. Par ce système, les points intéressant les parties contractantes étaient complètement prévus et réglés. Ceux qui restaient en suspens n'offraient à leurs yeux qu'une importance secondaire, et n^étaient pas de nature à créer de nouvelles difficultés. Marguerite témoigna aussitôt la joie que lui inspirait un résultat si prompt : elle s'empressa de récompenser l'habile négociateur qui l'avait assistée de ses conseils, son chancelier Anceau de Salins (2). Puis elle l'envoya communiquer à ses sujets les clauses du pacte qu'elle venait de conclure (3). Ce pacte ne souleva aucune objection et ne rencontra aucune résistance de la part des barons francs-<^omtois. Satisfaite des concessions accordées par Charles Y, l'immense majorité d'entre eux congédia ses vassaux et rentra paisiblement dans ses foyers.

Cette retraite laissait le comte de Montbéliard et Jean de Neufchatel livrés à leurs propres forces. Plus calme et plus prudent que son neveu, Henri de Montfaucon se décida le premier à entrer dans la voie des accommodements. Le 48 août 4364, un messager (4) parti de Dijon va porter à Salins des lettres du conseil ducal, adressées à « monseigneur Ansel de Salins, sur le fait des trêves accordées par le roy

(1) On plus généralement par les Compagnies, qui s^aatorisaient de son nom pour infester la Franche- Comté. C'est la mise en pratique de ces diverses clauses qui nécessita l'intervention du bailli de Sens, chargé des pouvoirs de Charles Y.

(2) « Ancel de Salins avait été le négociateur de cette paix. Le premier soin de Marguerite fut de le récompenser (Voir ses lettres datées de Paris le 27 juillet 1364 {Chambre des Comptes, B, 595). » Clerc, Essai sur Vhistoire de la Franche^wnUy t II, p. 144.

(3) C*est le 2 août qu' Anceau de Salins, arrivé de Paris, communiqua aux barons comtois les préliminaires du 25 juillet. Eodem,

(4) Arcïwm de la Côt&-d'Or, B, 1416, ^ 49, vo.

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entre mons. le duc et le comte de Montbéliard » . Bientôt, un autre messager parti de Salins arrive à Dijon. Cette fois Jean de Neufchatel a suivi Texemple de son oncle (i). Il est vrai que les trêves par eux consenties n'avaient qu*un caractère provisoire. Diaprés les préliminaires du 25 juillet^ elles leur permettaient de porter devant le roi leurs griefs et leurs réclamations, sans leur enlever le droit de reprendre les armes, si la décision rendue ne leur semblait pas satisfaisante. Mais on a vu qu'elles entraînaient l'évacuation immédiate du comté de Bourgogne par les troupes ducales, Téloignement des Compagnies, la remise des places, la délivrance des prisonniers. Après quoi , les deux provinces revenaient complètement aux conditions normales de l'état de paix.

Les administrateurs de la Bourgogne n'attendirent pas jusque-là sans 86 préoccuper d'intérêts et de questions que les tracas de la guerre les avait contraints de laisser en souffrance. Aussitôt qu'ils entrevirent la probabilité d'une solution pacifique, ils résolurent de consacrer leurs ressources actuellement disponibles à débarrasser le pays des Compagnies qui l'infestaient. Leurs premiers regards .se fixèrent sur les points où le danger était le plus pressant. Un grand nombre de bandes d'origines diverses avaient élu domicile aux confins de l'Auxois, de TAutunois et du Chàlonnais. Les unes étaient commandées par des aventuriers , qui naguère avaient servi le duc de Touraine et qui l'avaient quitté en se plaignant de ne pas recevoir le prix de leurs services; les autres arrivaient on ne sait d'où (2), sous les ordres de cbefs

(1) ArcfUves de la Côte-dVr, f» 51, v». « Dimanche, xxu« jour de septembre, à Jeban de Dole, messaigier, qui avoit apportées de Salins les trêves scellées des scels du comte de Montbeliart et de mons. Jeban de Nuefchastel, données le xyu* jour de septembre, et lequel en devoit reporter les pareilles soubz le scel de mons. le duc, lesquelles il convint porter sceller a Beaune, et pour ce, le fit le conseil attendre le Tanredi et le sabmedi précèdent, pour ses despens par les diz deux jours, par ihandement donné le jour d'huy, trois gros. »

(2) Un mandement de Charles Y, en date du 14 juillet 1364, constate qu*à cette époque le Méconnais était infesté par les Ck>mpagnies. (Revue des Sodétée Bavantes ^ année 1870, 1. 1, p. 164.) C'est de là probablement qu'elles se répandaient dans la partie méridionale du duché.

obscurs ou tristement fameux. Elles occupaient plusieurs petites forteresses voisines, se prêtaient un mutuel appui et combinaient ensemble les expéditions qu'elles dirigeaient au loin. Vers la fîn de juillet 1364, elles étendaient leurs ravages depuis les environs de Beaune jusqu'à ceux de Mâcon. Trois de leurs capitaines (1), Guillampot, Guyot du Pin et le Bourg Camus venaient d'écrire au bailli de Chalon-sur-Saône que, s'il ne consentait pas à « reanssonner» son bailliage, ils y porteraient le fer et le feu. C'est alors que le conseil ducal entreprit de mettre un terme à leurs désordres. Il commença (2) (23 juillet) par expédier un négociateur « devers madame de Berry, le bailli de Mâcon et le prévôt dudit lieu, » afin de concerter avec eux les mesures à prendre contre les Compagnies, et au besoin les moyens « de faire finance pour vuider le paiis ». Sur ces entrefaites (3), la nouvelle se répand (24 juillet) que lun des aventuriers les plus connus et les plus redoutables, Arnaud de Tallebarde, était tombé entre les mains do prieur de Bar-le-Régulier (4). Vite, on charge le bailli d'Auxoiia d'aller vérifier « la certenetey de la prise de Talebardon » et de s'aboucher avec le prieur « afin qu'il voussist icelii déliver audit bailli. » Malheureusement, la nouvelle était fausse, ou le bailli arriva trop tard, car nous verrons bientôt Arnaud de Tallebarde usant et abusant d'une entière liberté. Autre incident : le 25 juillet (5), un messager va « porter lettres closes de mons' Girart de Joly, chevalier et compère de

(1) « A Pierre de Savoie, vallet a pié, pour porter la copie d'unes lettres que Goillampot, Guiot du Pin et le Bourc Camus avoient envoiées au bailliz pour reans- Bonner le baiUiage de Chalon. Ci aavoia le bailliz la copie de la dite lettre de Gbalon aux gens du conseil de Mgr le duc a Dijon, la quelle lettre est ci-readue ; et fuit la semaine après la Magdelaiue cccLxiin. » Archives de la Côte-d'Or, B, 3S66, fo 81, r«. Compte du haUU de Chalon.

(2) Eodem, ^ 31, r«.

(3) Archives de la Côte-d'Or, B. 1416, fo 47, v©, Compte de Dimanche de Viteî; et B. 2751, compte non paginé du bailli d'Auxois, mention du 26 juillet 1364.

(4) Commune du canton de Liemais, arrondissement de Beaune (Côte-d'Or) ; il 7 a/ait autrefois un prieuré fondé au x^ siècle et un château fort. (Garnier, Nomenclature kistorigtÂô des communes j etc., de la Côle-d'Or^ p. 83 et 197.)

(5) Archives de la Côle-dVr, B, 1416, fo 48, r*.

l'aRCHIPRÊTRE au service du duc PHILIPPE LE HARDI. 281

2D0DS. Jehan d'Armignac , de Dijon à Beaune, adreçan an bastard d'Alebrac, à Guillampot, à Guyot du Pin et au Bour Camus, contenant que les lettres veues, il se départissent d'environ Beaune où il estoient ». Est-ce une menace qu'on leur signifie? Est-ce un arrangement qu'on leur propose? Le doute ne vaut pas la peine d'être éclairci. Vers le commencement d'août, toutes les Compagnies refluent sur Autun, elles s'y rassemblent et se préparent «à faire un très-grand fait (1)». D'abord leur intention parait être de tourner leurs pas du côté de Ch&tillon-sur- Seine ou de Bar-sur-Aube, et même de pousser jusqu'à Troyes. Des courriers, expédiés à la hâte, préviennent ces trois villes de l'orage qui va fondre sur elle. A la suite de nouveaux renseignements surgissent des inquiétudes différentes. Les Compagnies n'ont pas quitté TAutunois; personne ne sait au juste quand et comment elles partiront. La situation devient intolérable, et l'administration bourguignonne, impatiente d'en sortir, .s'adresse à l'Archiprétre.

C'était lui qui, durant le séjour du duc Philippe à Villeneuve-le-Roî, avait embauché la plupart des capitaines qui se plaignaient justement ' de n'avoir pas touché le solde de leurs gages. C'était à lui qu'appar* tenait le soin d'arrêter avec eux un règlement amiable, si le conseil se décidait à prendre ce parti; et vraiment, l'hésitation n'était guère permise. Outre la nécessité de procurer à la Bourgogne un peu de calme après tant d'épreuves, il y avait là une question de loyauté qui primait toutes les autres. Arnaud de Cervole fut chargé d'entrer en relation avec les plaignants. Il habitait alors son château de Thil, où il se reposait des courtes fatigues de la campagne de Franche-Comté. Le 5 août 1364 (2), il y reçut les pouvoirs et les dernières instructions qu'il attendait « sur le fait d'une journée à laquelle il devoît avoir les capitaines d'aucunes des Compagnies qui estoient à Othun, pour accorder à eux de leurs gages desserviz soubz le gouvernement de Mgr le duc ». Le résultat de son intervention ne se fît pas attendre. Il obtint des Compagnies, qui occupaient a les fors de Monnay, Chissey et La

(1) Archives de la CàU-d*Or^ f» k%, v», mention portant la date du 2 août 1364.

(2) Eodem, B, 1416, fo 48, v*.

Vevre», qu'elles les restitueraient moyennant une somme convenue (1). Avisé de cet accord, le conseil se hâta de Tapprouver. Dès le 8 août, un traité rédigé en bonne forme fut transmis à Beaune, au chancelier Philibert Paillard, afin qu'il y apposât « le scel de mons. le duc, fait de nuef, qu'il avoit apporté de Paris », et, qu'après l'avoir scellé, il envoyât aux parties intéressées l'exemplaire destiné à leur servir de titre. La Vêvre était un château et un fief de la paroisse, aujourd'hui commune de la Gelle-lez-Autun, canton deLucenay (Saône-et-Loire) (2). Dans le même canton se trouve Ghissey, où l'on remarque « un vieux château flanqué d'un gros donjon et de trois tours (3). Non loin de là, dans le canton contigu de Liernais (Côte-d'Or), s'élève l'égUse d'un village appelé de nos jours Manlay, jadis Monnay ou Mannay, église bâtie sur l'emplacement d'un ancien fort, dont une des tours sert de chœur (4). » Situées à l'extrémité du Morvan, au milieu d'une contrée d'accès difficile, ces trois places assuraient aux pillards un refuge et une base d'opérations. L'une d'elles semble avoir été la résidence spéciale de Guyot du Pin (5). G'est aussi dans leurs environs, près de Ba^ le-Régulier, qu'Arnaud de Tallebarde s'était laissé surprendre. L'abandon de postes aussi précieux impliquait, de la part de ceux qui l'avaient consenti, l'intention formelle d'un prochain départ.

Mais ce n'était là qu'un premier pas. Pour obtenir un succès complet, pour délivrer la Bourgogne de tous les maux qui la rongeaient et rétablir l'ordre sur tous les points de son territoire, il fallait une longue série de négociations, de sacrifices et parfois de mesures énergi* ques. Plusieurs des garnisons installées dans les châteaux ducaux et chargées de leur défense donnaient autant de spuci que les pillards de

(1) Archives de la Côle-fj^Or, f» 49, r», mentioiis des 8 et 13 août.

(2) Voir ci-deesuB.

(9) Baudiau, Le Morvan, t. II, p. 457.

(4) Eodem, t III, p. 369. Comparez Froissart, édition Lace, t. VI, Samtnmh, p. XXI, note 1.

(5) M. Luce, loco cita4o^ donne Textrait d'une lettre de rémission constatant qae « Gnyot du Pin et plusieurs autres piUars de sa suite et compaignie... tenoient et oecupoient le fort de Mannay ».

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