‹ L'Archiprêtre: épisodes de la guerre de cent ans au XIVe siècleChapitre 15 sur 36 · L^ABGHIPBÉTRB AU SERVICE DU DUC PHILIPPE LE HARDI · texte numérisé non relu

L^ABGHIPBÉTRB AU SERVICE DU DUC PHILIPPE LE HARDI

profession. Le 15 août (I), Sombemon se rend à Yerdun-sur-le-Doubs, où il s'efforce de « faire départir la garnison des gens d'armes de la Perrière et de Guiserey ». De là il se transporte « à Saint-Georges, deyers rArcbiprêtre, afin de rescrire au conseil plus sehurement du fait pour lequel il estoit là alez ». Le même jour (2), ordre est donné au bailli de Ghalon, de rejoindre Jean d*Armagnac « à une journée pour traitier... sur le département des compaignies et autres ennemis qui estoient en la duchié de Bourgoigne ». On se presse, et non sans motib ; car le 26, (« des lettres closes apportées d'Avignon » annoncent que « messire Loys de Navarre... estoit entrez ou royaume à grant quantité de gens d*armes, et estoit ja vers Orillat-en*Auvergne, si comme on disoit (3) ». De quel côté va fondre cet orage imprévu? Serait*ce un nouveau péril qui menace la malheureuse Bourgogne? Pourtant, les Compagnies avec lesquelles l'Arcbiprêtre a traité paraissent décidées à quitter TAutunois , et la garnison de la Perrière , ainsi que celle de Goisery, ne tarda pas à les suivre (4). Le branle est donné, une lueur d'espérance commence à poindre.

Jusqu'alors, ArnaulddeGervole était resté pied au but, actif, infati* gable, .sans cesse mêlé aux affaires de son pays adoptif. Le 7 sep* tembre, il recevait encore à Tbil une lettre que le duc lui adressait de France (5). Le 18, on le croyait à Ghàteau vilain ; on lui expédiait en ce lieu un messager qui, ne Ty trouvant pas, fut réduit à courir jusque « près de Son en Lorraine, où ledit messire Amant estoit (6). » La cause de ce brusque voyage demeure pour nous un mystère. Il est plus

(1) Archioes de la Côte-dOr, B, 1416, fo 49, v«.

(2) Eodem, B. 3566, f» 31, y<>, compte du bailli de Chalon.

(3) Eodem, B. 1416, fo 50, fo. La nouvelle parait si grave que les gens du conseil la transmettent immédiatement au duc, par rintermédiaire de Blanchet, qui venait de partir pour la France. Eodem, f» 50, yo. En réalité, Louis de Navarre se rendali en Normandie. (Froissort-Luce, t. VI, Sommaire, p. lxvi, note 1.)

fl) Eodem, t> 50« y«, et 51, r«. Mention au 4 et au 14 septembre.

(5) Eodem, f« 50, y».

(6) Archives de la Côte-d^Or, B, 1416, ^ 51, r«. Je ne sais si le texte porte Son ou Fon. Le messager attendit la réponse de Geryole, et resta en tout « x jours entiers ».

facile de deviner la nature du message qui, de Chàteauvilain, poarsuivit FArchiprêtre dans ses pérégrinations lointaines. Ce message émanait de Jacques de Vienne, seigneur de Longwy, récemment nommé Ueutenant du roi et du duc aux diocèses de Langres, d'Âutun, de Gha- Ion et de Lyon (i). Le premier acte du nouveau fonctionnaire fut de provoquer dans toute Fétendue de son commandement, et notamment en Bourgogne, un grand rassemblement de troupes. Il adressa même au bailli de Sens, Guichard d'Ars (2), des lettres « contenant que lesdites lettres veues, il se traiist par devan ledit messire Jaque, quelque part qu'il fût, à tous les hommes d'armes les mieux appareilliez qu'il pourrait trouver » . De telles mesures révèlent des préoccupations graves, et Ton conçoit que Jacques de Vienne edt réclamé avec instance les conseils, l'appui de FArchiprétre. Cependant rien n'indique qu'un événement extraordinaire ait motivé ce surcroît de précautions. La physionomie des choses reste à peu près la même ; il ne s'agissait que de terminer promptement, et au besoin par la force, Fœuvre ébauchée par la diplomatie. Vers la fin de septembre, nous voyons Amanieu de Pommiers entamer des négociations analogues à celles que Gervole et d'Armagnac avaient déjà conduites. Il se rend « de Dijon à Beaune et es parties par delay (stc), pour parler à Guyot du Pin et TalebaMon, et à plusieurs autres gens d'armes, qui lors estoient es dites parties, a6n qu'il se départissent dudit paiis et pour traitter avec eux de leur département (3) ». En même temps qu'on négocie, on ne craint plus de sévir contre les pillards. Ceux qui tombent entre les mains des seigneurs ou des paysans de la Bourgogne sont immédiatement revendiqués par les baillis, qui les saisissent et les livrent à qui de droit. La justice ducale étend son bras jusqu'en Franche-Comté. Elle demande et elle obtient l'extradition des « ennemis du duché » faits prisonniers par les seigneurs comtois, entre autres par Tristan de Chalon, frère du comte

(1) Mémoires pour servir à l'histoire de France et de Bourgogne, t. II, p. 38.

(2) Guichard d'Ars se trouvait alors à Langres, c'est là du moins que le message •8t adressé. {Archives de la Côte-d^Or, B. 1416, f» 31, v». Mention sous la date du l«r octobre 1364.)

(3) Archives de la Côte-cTOr, B. 1416, fo 61, r».

Page 1