DÉCEMBRE 1359. — AVRIL ET JUILLET
Pièce contenant ; 1° des lettres de Charles, régent de France, en dcUe du 31 décembre 1359, par lesquelles Charles de Poitiers est nommé capitaine général en NivefTiais, Donziais, Puysaie, etc., en remplacement d'Arnaud de Cervole; — 2** Des lettres de rémission accordées, au mois d'avril 1361 , par ledit capitaine; — ^^ La confirmation de ces dernières par le roi Jean, au mois d'août 1361 (1).
{Arch. nat., sect. hist. JJ, 91, f* 128.)
Johannes etc. Notum facimus universis tam presentibus quam futuris nos vidisse litteras dilecti et iidelis consanguinei nostri Karoli Pictavensis, domini Sancto Yalerio, dudum capitanei generalis ex parte
(1) Dans le registre 91 du Trésor des Chartes, cette pièce est intitulée : a Gonflrmatio remissionis pro Reginaldo Ulpe.»
nosirâ et karissimi primogeniti nostrî Karoli ducis Normannie, daiphini Yiennensis, tune regnum nostrum regentis, in partibus Niverr nensibus, Donziacensibus et in villis in eis inclinatis et in feodis, retrofeodis et resortis earumdem, formam que sequitur continentes.
« Charles de Poitiers, seigneur de Saint-Vilier, chevalier, capitaine général de par le roy nostre sire et de par monseigneur le régent es parties de Nivernois, Donziois et de Puisoie, et es villes qui y sont enclavéez, et es fiez, rerefiez et resors d'yceulz, à tous ceulz qui ces présentes lettres verront, salut : Gomme, par vertu des lettres et du povoir à nous donné dudit monseigneur le régent, dont la teneur s'ensuit :
« Charles, ainssné fils du roy de France, régent le royaume, duc de Normannie, dalphin de Viennois, à tous ceulz qui ces présentes lettres verront , salut : savoir faisons que nous, à la supplicacion de nostre très-chière cousine la contesse de Flandres et de Nevers, confians aussi à plain des sens, loyauté et diligence de nostre amé et féal cousin, messire Charles de Poitiers, ycellui nostre cousin, de Tauctorité et povoir royaulz dont nous usons, et de certaine science avons fait et ordené et establi par ces présentes, faisons et establissons, de par monseigneur et nous, capitaine général en partout le païz dudit conté de Nivers et de la baronie de Donzi, de touz les autres lieux et terres qui en y celle conté et baronnie sont enclavez, es fiez resors et appartenances quelconques d'iceulz, excepté la terre de Puisoie tant seulle*ment, en rappellant et revocant touz autres capitaines que nous y arions miz, ordenez et establiz; auquel nostre cousin, comme capitaine général des paiz et lieux dessus diz, nous avons donné et donnons plain povoir, auctorité et mandement espécial de faire mandemens, assambleez de gens d'armes, de cheval, de pié, d'archiez et d'abelettiers, pavesieuz et sergenz ; de les croistre, appetissier, de les tenir à gaigez ou autrement, ainsi que bon li semble, au proufit de la guerre et desdiz lieux et paiz; de visiter ou faire visiter tous les chasteaulz, villes et forteresses desdiz Ueux et pais ; et les garnir de genz d'armes ou autres , et autres choses nécessaires, pour la garde , défense et tuicion d'iceulz et dudit paiz ; de oster et remettre gardes et capitaines et autres gens d'armes es dites villes, chasteaulz et forteresses ; ou de les faire arraser, abatre et mettre par terre se bon li samble ; de pardonner, quittier et remettre touz deliz et mefi'aiz criminelz et civilz, en tant comme il pevent et pourront touchier monseigneur et nous, avecques toutes paines, multez et amendez criminelz et civilez, sans finence ou par finence , se bon li samble et les cas li requièrent, et ycelle finence tourner et convertir ou fait de la guerre; et rappeller banniz pour quelconques cas criminelz et civilz, et de les restablir à leurs bonnes famez et renommez au païz et à leurs
biens, et de faire et donner lettres sur ce telles que bon lui semblera, lesquelz nous confermerons, en laz de soie et en cire vert ou aultrement, ainsi comme il appartendra, toutes foiz que requis en serons, ou cas toutevoies que ce ne seroit crime de lèse majesté; de donner lettres de sauf conduit et lettres d^Ëstat et dilacion ou de respit à touz noblez et à touz autres estans soubz son gouvernement et en sa compaignie; de faire getier, tourner et imposer, pour le fait de la guerre, taillez, subsidez, imposicions et autres aidez, une ou plusieurs, et toutes foiz que bon H samblera, sur les subgez et habitans desdiz païz et lieux, au conseil toutevoies, ad vis et déliberacion d'yceliz subgez et habitans ou de la plus grant et saine partie d'iceulz, sans ce toutevoie que les généralx subsides dcz imposicions ou autres aides, octroies ou à octroier ou dit païz, à monseigneur, à nous, à noz lieux tenansou autres officiers pour le fait de la guerre, soient pour ce amendiez, reduiz ou empeschiez en aucune manière; et généralment de faire au proufit dudit paiz toutes autres choses que bon li senblera et qui à office de général capitaine puent et deuvent appartenir. Si donnons en mandement par ces présentes à touz autres capitaines, officiers et subgiez de monseigneur et de nous et à chascun d'eulz, si comme à lui appartendra, que à nostredit cousin, comme capitaine général desdiz lieux et paj'z, obéissent et entendent diligamment et donnent confort et aide, se mestier en a et il en sont requis, et les lettres que il donra sur les choses dessus dites et chascunes d'ycelles exécutent, tienent et gardent, et accomplissent et facent exécuter, tenir et garder et acomplir entièrement. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre nostre scel à ces présentez lettres, données au Louvre lez Paris, le dernier jour de décembre, Tan de grâce mil ccc lix.
Nous nous soions transportez en la ville de Nevers, et là, par devers nous soient venuz pluseurs amis de Regnaut Ulpi, la misérable supplicacion et complainte de quieux aions oye contenir que, comme Fan mil ccc Lix dernière passée ycellui Regnault, avecques pluseurs autres, se fut mis et retraiz en la ville et lieu de Varzi, pour doubte des Anglois et ennemis du royaume de France, quilorscontinuelmentestoientet encores sont entour et environ ladite ville, et afin d'aider et secourir àla garde, tuicion et défense de ladite -sille, du païz et des habitanz d'icelle contre lesdiz Angloiz et ennemiz, eust ycellui Regnaut connu, veu et seu, près de ladite ville de Varzi, un varlet appelle Jofl'roy Piot, li quiex Jofroys Piot lonc temps par avant avoit esté, si comme Ten supposoit, en la compaignie desdiz Angloiz et ennemiz, et encore estoiten et de la compaignie de pluseurs brigans, qui les biens dudit païz avoient dévastez et pillez, et gastoient et pilloient de jour en jour sanz le consentement des bonnez gens aus quiex lesdiz biens estoient, si comme de ces faiz estoient et couroit aucune famrae et renommée contre ledit Geoffroy;
et pour ce qu*il sambla audit Regnaut que, pour ledit Gieffroy, considéré la renommée, pouroit à ladite ville et au paîz estre avenu escandre, dommage et péril pour le temps lors à venir, tant par la congnoissance que avoient eue et pouroient avoir avecques lui lesdis Angloiz, et li quiex par ycellui peussent aséz avoir seu des emprise et gouvernement dudit paiz, comme cuidens faire le bien et proufit de la Yille dite et du paiz dessus dit, et à la tuicion garde et défense d'yceulz, se fat ycelluy Regnaut, avecques aucun autre son complice, traiz vers ledit Giefroy, et de fait avisié et de gaist appensé ycelui féru, batu et Tillené, tellement que peu après ce la mort se ensuy en la personne dudit Giefroy, pour lequel fait ledit Regnaut fut pris en ladite ville de Yarzi, et ses biens, et miz en la main du seigneur de ladite ville, maiz pour doubte d'ycellui fait et de rigeur de justice s'en soy et absenté; il nous pleust à ycellui faire grâce et ouvrer de pitié et miséricorde. Nous, anclinans à la supplîcacion desdiz amiz, considérans ce que telz cas et fais qui de cas d'aventure avinent à personnes suspectez, et plusieurs autres choses nous ont esmeu et meuvent, etc.. Donné ou mois d'avril Tan de grâce mil ccc lxi.
Nos autem litteras suprascriptas et omnia singula in eis contenta, etc. Datum Meldis anno domini millesimo ccc lxi mense Julii.
In requestis hospicîi ,