JUIN
T7'a\té définitif entre Amavd de Cervole, le comte de Nevers et la comtesse Marguerite, en présence et sous (g, médiation du comte de Tancarvilk.
{Archives du Nord. Chambre des comptes de Lille, B, 261, n« 8662 de Tlnventaire Godefroy.)
Marguerite, fille dn roy de France, contesse, Loys son filz, conte de Flandres, de Nevers et de Rethel, Jehan, conte deTancarville, viconte de Melun, chambellan du roy nostre sire, Amault de Gervole, seigneur de Ghasteau-Neuf, chevalier. A tous ceulx qui ces présentes lettres verront et orront, salut. Corne pour ce que, par la demorance que nous Arnaut avions et avons faites naguières par nous et noz gens en ladite conté de Nevers et baronie de Donzi, et aussi pour cause des forteresses de Cône, de Bouy (1), de la Mote Jocerant, de Bleneanl, de Dannemarie et de pluseurs autres lieux et fortereces, que détenions es diz conté et baronie et ai^tres lieux enclavez en yceulx, certain accort et traitié ait este fait par le roi nostre sire , entre nous contesse et conte, le clergié, les nobles, bourgeois, manants et habitanz es diz conté et baronie, lieux et pais enclavez en yceulx d'une part, et nous Arnaut d'autre part, nous Arnaut deussions et devions widier et faire widier, de nous et de noz gens quelconques, lesdiz pais de Nyvernois et de Donziois et lieux enclavez, et aussy devions rendre, bailler et délivrer lesdiz chastiaux et forteresces de Cône et autres que tenions es diz pais et lieux enclavez ; avec ce, toutes lettres et obligations quelconques, par les quelles lesdiz Ma Dame et Monseigneur, contesse et conte, lesdiz clergié, nobles, bourgeois, habitanz et manens desdiz pais et lieux enclavez estoient ou estre pouvoient obligez enviers nous Amault, en pluseurs et diverses grosses sommes de florins et d'argent, par pluseurs gros contraulx faiz par les dessus diz, seroient mis royal* ment et de fait en la main de nous conte de TancarvUle, seoz ce que nous Arnaut, ou autres pour nous, peussions contre lesdiz Ma Dame et Monseigneur de Flandres et les autres dessus diz, ne aucun d'eulx, à
(1) Le texte porte Bony ou Bony; s^agirait-il de Bouy, commune dn canton de SaintrAmand-en-Puysaie (Nièvre), ou de Bonny-sur-Loire, commune du canton de Briare (Loiret)? #
PIÈGES JUSTIFIGATIVES. 301
cause des chastiaux et fortereces dessus diz, par vertu desdites obligacions ne autrement, pour le temps présent ne avenir, aucune chose demander; parmi lesquelles choses et pour tous fraiz, coulz, intérés, mises et damages, que nous Arnaut eussions ou aions frayé, soustenu, missionné ou despendu, pour cause de guerre ou par quelconque autre manière que ce soit, nous Arnault devions avoir la somme de seze mUle royaulx d'or et à nous estre paiez à certains termes ja passez; et avec. ce, le roy nostre dit seigneur, de sa bonne et bénigne grâce, ait à nous Arnault et à cinc cens de noz genz, complices et adhérens, tielx comme nommer et eslire les nous plera, et qui en nostre compaignie et avec nous es diz pais ont ou auroient esté, quictié, remis et pardonné touz deliz, excès, maléfices, roberies, arsures, efforcemens de femmes et autres crimes ou mesfaiz quelxconques, que nous et les dites cinq cens personnes, que nous eslire ou nommer pourrions ou povons, pourroient ou peuvent avoir faiz et perpétrez es dis pais, soient crime de leze majesté ou autrement, si comme es lettres séellées en las de soie et cire vert pour le roy nostre dit seigneur, à nous ottroyées et qui baillées nous ont esté, est plus pleinement contenu; savoir faisons que, après pluseurs altercations, paroles et traittiez euz entre nous assemblement, par derrenière et final conclusion et appointement de et sur les choses dessus dites, a esté traittié, accordé, confessé et consenti par la manière qui s'ensuit. Gest assavoir que nous conte de Tancarville cognoissons et confessons avoir eu et receu dudit monseigneur Arnaut, par et en accomplissement et entérinement de Tacort dessus diz, les chastiaux et forteresces desdiz lieux de Cône, de Danne-Marie, de Bleneaul et le fort de Bouy, lesquielx chastiaux et forteresces ledit monseigneur Arnaut nous a bailliez et délivrez; et aussi nous nous tenons à paiez et content de la maison fort de La Moto Jocerant, pour tant que, de nostre consentement, ledit monseigneur Arnaut Ta baillée et délivrée au seigneur duquel domaine ladite maison estoit. Nous a aussi ledit monseigneur Arnault baillié et rendu pluseurs obligations, es queles ladite Madame de Flandres et lesdiz clergié, nobles, bourgois, manens et habitanz des diz pai^ de Nyvernois et de Donziois et lieux enclavez estoient obligez en pluseurs grosses et diverses sommes de florins et d'argent envers ledit monseigneur Arnaut; nous Arnaut disanz et affirmanz que autres obligations n'avions, ne savoir ne povions et ne povons que nous eussions contre ladite Madame de Flandres, ne [contre] lesdits manens et habitanz des diz pais et enclavez enyceulx, et que j âmes d'autres obligations ne nous entendions aidier contre yceulx pour la cause dessus dite; toute voie se aucun estoient, qui par nous n'eussent esté bailliées par devers nous conte de Tancarville, nous Arnault ycelles et chascune d'icelle voulons estre cassés, nulles et de nulle valeur. Et nous contesse et conte de
392 PIÈGES JUSTIFIGATHES.
Flandres cognoissons et confessons avoir en et receu dudit conte de Tancarville, nostre très chier et amé cousin, par la teneur dudit accort et pour la cause dessus dite , les dessus diz chastiaux et forteresces de Gone, de Bleneau et de Dannemarie, un chascun de nous en tant comme il 11 touche et puet appartenir, et en quittons monseigneur le roy, nostre dit cousin de Tancarville, ledit monseigneur Amaut et 'tous autres à qui quittance en doit et puet appartenir; aussi avons en receu, par la main de nostre cousin, pluseurs obligations par lesquelles nous contesse et les dictes gens de noz diz pais et lieux enclavez estions obligez envers ledit monseigneur Arnaut, lesquelles obligations baillées nous ont été cancellées comme casses, vaines et de nulle valeur. A de certes nous Arnaut confessons avoir eu et receu, à cause de ce présent accort ou traittie, par la main dudit monseigueur de Tancarville, la somme de seze mille royaulx dessus diz et unes lettres de remission et pardon dudit monseigneur de Flandres de touz crimes et maléfices faiz et perpétrés es diz conté et baronle et lieux enclavez dessus diz, pour nous et cinq cens de noz diz complices et adherens, tieulx comme par nous seront nomez, si come dit est; des quielx, dedanz le premier jour de janvier au plus tard après la date de ces présentes, nous promettons bailler les noms à monseigneur le chancellier de Flandres, les quelles lettres de remission nous ont esté baillées franchement en la manière que promis nous a esté et que ottroyé nous fu par le roy nostre dit seigneur; des quielx seze mille royaulx et lettre de remission dessus diz nous nous tenons pour bien content et paiez, et en quittons le roy nostre dit seigneur, lesdiz Madame et Monseigneur de Flandres, monseigneur de Tancarville, clergié, nobles, bourgois, manens et habitanz desdiz conté et baronie et lieux enclavez, touz ensemble et chascun par soy, de quelque estât ou condition qu'il soient, senz ce que james leur en puissons pour les causes devant dites ou autrement aucune chose demander; quittons aussi les diz Madame et Monseigneur de Flandres, clergié, nobles, bourgois et habitanz des diz conté et baronie et lieux enclavez, et toutes manières de gens de quelque estât ou condition qu'ils soient, et qui envers nous poussent estre tenuz ou obligez, et chascun par soy, de toutes debtes, obli^a* tions, causes, querelles, promesses et autres choses quelxconques, es quelx eulx ou aucun d'eulx povoient ou poussent estre tenuz envers nous, tant pour cause de despens de nous et de noz gens d'armes, de promesses en principal ou en accessoire, de plegeries, de forfaitures faites à nous ou à noz gens, en quelque forme et manière que ce soit, de restitutions de foy et seremens non tenuz, de prisons cassées ou enfraintes par voie d*ostages ou autrement, comme pour quelconques autres causes que ce soit teues ou expresses, de tout le temps passé jusques au jour duy. Pour lesquelles choses dessus dites faire entériner
et acomplir par la manière que dit est, nous contesse et conte de Flandres dessus diz, en prenant en main pour les dites gens de noz diz pais, et nous Ârnaut en prenant en main pour noz gens et familliers de nostre hostel, tant capitaines comme autres et ceux compris en ladite rémission, promettons en bonne foy, c'est assavoir, nous Arnaud par nostre foy et serement , touchée la main es saintes évangiles de Dieu, lesdites choses faire entériner et acomplir de noz pouvoirs, avoir bonne paiz ensemble, et remettons ce que Tun de nous pouroit ou puet avoir meffait à Tautre, senz en james faire attion, ne demande de droit ne de fait, par quelque voie que ce soit, pour les causes que dit est ; avec ce promettons nous Arnaut délaissier et faire délaissier et widier les diz pais, de nous et de toutes noz gens et complices, et yceulx pais tenir paisibles, senz y forfaire ou meffaire en aucune manière dores en avant, et ou cas toutevoie que aucuns de noz gens et complices présens, ceulx qui par le temps y ont esté, ou ceulx compris en ladite remission forferoient ou de forfaire s'efforceroient, par voye de guerre ou autrement, es diz pais, ou venoient ou fasoient contre les choses dessus dites ou aucunes d'icelles nous ne noz gens ne les aiderons, conseillerons ne conforterons, en aucune manière, ains les ferons widier et issir hors à notre povoir. Et lesquelx choses, paiz et accors dessus diz, nous contesse et conte de Flandres, par le commandement de monseigneur le roy et révérence de son conseil, qui sur ce pluseurs foiz nous a déprié et requis, nous conte de Tancarville et nous Arnaut, et chascun de nous avons promis et promettons tenir et garder fermement et senz enfraindre ni venir encontre, par quelque manière que ce soit, sur Tobligation de nous et de tous noz biens.
En tesmoing desquelles choses, nous avons fait mettre noz seaulx à ces présentes lettres, qui furent faites et données à Paris, Tan de grâce mil trois cens soixante et un, le xvni* jour de juing.
23 jmiLET 1359.
7\'aité conclu à La Chassagnej entre Chatillon-sur-Seine et Brionrsur- OurcCy par ks Bourguignons et les Anglo-Navarraù.
{Archives de la Côte^Or, B, H,93«, n« 1.) Les convenances pour le fait de Brion et rendue dlcelli. — L'an mil
394 PIÉGBS JUSTinCATIVES.
trois cens cinquante neuf le mardi après la Magdalene, xxni* jour de juillet, à la Ghasseingne entre Ghasteillon et Brion, accordé fa entre nobles hommes messire Jaque de Vienne, seigneur de Lonvy, et messire Girard de Thnry, mareschal de Bourgoigne, d'une part, et monsieur Jehan de Neufchastel, sire de Yelées, et messire Girard de Mairey, mareschal de Navarre, d'autre part. G'est assavoir, de par ledit messire Jehan de Nuefchastel et ledit messire Girard de Mairey pour très-haut et puissant seigneur le roy de Navarre, et par les diz messire Jaque de Vienne et ledit mareschal de Bourgoigne pour très haut et puissant prince le duc de Bourgoigne, les choses qui ensuient. Premièrement, que la maison de Brion se rendra et mettra en la main de monseigneur le duc de Bourgoigne, en Testât en quoy elle est à présent, pour en faire et ordener toute sa volenté. — Item, se sont fais fors les dessus diz messire Jehan de Nuefchastel et ledit mareschal de Navarre, que le roi de Navarre, ne ses gens quelque part qu'ils soient, ne mefferont es terres dudit M. le duc et de la royne sa mère, ou de leurs subgiez, ne à leurs personnes quelque part qu'il soient. Et par especial se sont fais fors de messire Robert Quenole, de messire Jehan de Aleton, de Wale de Buef, de Richard Adost, de WUlame Sterqui, de touz leurs complices et compeignies el généralment de tous ceulx qui font ou ferons guerre pour le roy de Navarre. Et sembiablement se sont fais fors les dessus dis messire Jaque de Vienne et le mareschal de Bourgoigne, que le duc de Boa^ goigne ne meffera ne fera melTaire au roy de Navarre ne à ses gens. Et de ce faire tenir et garder par les dessus diz seigneurs le roy de Navarre et le duc de Bourgoigne se sont fais fors les dessus nommez, tant comme les dessus diz le porront faire sens eulz mefifaire. Et au cas que les dessus diz seigneurs vodront faire le contraire, ils le doivent faire savoir l'un à l'autre un mois- avant. Et nonobstant les choses dessas dites, les subgiez des seigneurs dessus diz porront servir et faire guerre quelque part et à qui il leur pJaira, sens faire contre les choses dessus dites. Et des choses dessus dites se sont fais fors les dessus dis messire Jacque et le mareschal de Bourgoigne, par la volenté et le conseil des gens du conseil mons. le duc estanz à Ghastillon , ou quel estoient messire Guillaume de Vergy, sire de Mirebel, le sire de Grançon, messire Hugue de Vienne, seigneur de Saint-Georges, le sire de Couches, messire Jehan et messire Pierre de Sombernon, le sire de Raon, messire Guy de Prolois, messire Jehan de Rie, messire Philibert de l'Espinasse, sire de Gleette, messire Jehan de Salins, messire Ancel de Salins, messire Jean de Gusence, messire Jocerand de Luigny, messire Guillaume de Baleurre et messire Jehan de Gourtiambles. — Et aussi se sont fait fors ledit messire Jehan de Nuefchastel et ledit Girard de Mairey, par le conseil et volenté de messire Aymé d'Arondel, de messire
Wautier Paule, de messire Jehan Mouton, de messire Robert Helsant, de messire Foulques de Velses, de messire Jehan Basset et de Jehan de Naisey. En tesmoin de le quelle chose, les dessus nommés ont mis leurs seauls en ces lettres, faites et données Tan et jour dessus diz.
XII w«