‹ L'Architecture de la Ceinture pelvienne: Essai de construction statigraphiqueChapitre 18 sur 21 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Construction statigraphique de la poulie pelvienne

Examinons à la lumière de la statigraphique la structure des portions essentielles du bassin, celles que nous avons vu constituées par les travées désignées par nous poutres fondamentales. Il nous faut pour cela imaginer une coupe du bassin telle que l’axe de la force transmise par la colonne vertébrale el qui doit passer soit dans le fémur, soit dans l'ischion, se trouve dans son plan. Une telle section plane est matériellement irréalisable par suite de l’incurvation de l'os coxal sur ses faces. Envisageons la section qui s’en rapproche le plus. Elle sera verticale, dirigée d’arrière en avant et légèrement de dedans en dehors Elle intéressera l'articulation sacroiliaque très obliquement et presque parallèlement à son plan, le fond de la grande échancrure sciatique, le sommet de l'épine scialique, la portion descendante de lischion et la cavité cotyloïde au niveau de son diamètre vertical. Cette coupe idéale renfermera les travées essentielles ou poutres fondamentales ; elle passera par la trajectoire de l'attitude droite de Walkhoff, et à la fois par la trajectoire de l’attitude assise, théoriquement conçue par Freund. Seuls l’arc antérieur et la plus grande partie de l’aile iliaque qui n’ont qu'un rôle

bo secondaire dans la statique pelvienne resteront en dehors de la coupe. Pour corriger ce qu’elle a d'un peu arbitraire, 1] faut négliger la légère courbure à concavité interne suivie par les différentes forces qui la traversent, courbure qui se traduit morphologiquement par l’incurvation de la ligne innominée. Nous pouvons, comme l'a fait Culmann pour l'extrémité supérieure du fémur, considérer la portion du squelette intéressée par notre coupe comme la section longitudinale d'une poulie. On désigne en statigraphique sous le nom de poulie un corps engendré par le mouvement d’une figure plane (cercle, rectangle ou autre) mouvement tel que, le centre de gravité de la figure décrivant une trajectoire droite ou courbe, le plan de la figure reste loujours normal à cette trajectoire. La figure génératrice est appelée section transversale, et la trajectoire du centre de gravité est appelée l'axe de la poulie. Cette lrajectoire est donc la ligne qui relie les centres de gravité de toutes les sections transversales. Si la figure génératrice reste toujours sensiblement égale à elle-même, la poulie, comme c’est le cas pour celle de Culmann, dont les diamètres ne diminuent qu’à son extrémité supérieure où ils tombent à zéro, présentera des sections transversales toujours parfaitement superposables. Mais l’on peut très bien concevoir que la figure génératrice modifie ses dimensions suivant le niveau de l’axe de la poulie, d'où des sections transversales de forme et de surface dissemblables suivant le point envisagé. En outre, dans la poulie de Culmann, l’axe ne présente qu'une seule courbure répondant à l'incurvation du col du fémur. Nous pouvons envisager un axe de gravité de forme plus complexe, des courbures en sens inverse se succédant sur son trajet.

Tel est le cas de la poulie que nous avons construite pour étudier l'architecture du coxal et qui est basée sur les mêmes principes que celle de Culmann. Il faut, pour en concevoir

la signification, la comparer à la coupe de l'os qu'elle représente, de même qu'on ne peut bien concevoir la poulie de Culmann qu'en l'étudiant à côté de la coupe du fémur passant par le même plan frontal. Parti en arrière entre les deux épies iliaques postérieures, l’axe de la poulie pelvienne que nous construisons décrit progressivement une grande courbure à concavité inférieure et, après avoir dépassé l’éperon sciatique, change de direction pour devenir descendant. Dans celte première partie de son trajet, cet axe est donc presque superposable à l’axe similaire de la poulie de Culmann. Il en diffèrera dans sa portion descendante qui, au lieu de rester reculigne, comme le commande la direction de la diaphyse fémorale, s'incurvera plusieurs fois sur elle-même pour traduire les inflexions successives de l'os coxal. C’est ainsi que nous aurons, en allant de haut en bas, une première courbure à concavité antérieure située en regard du fond de la cavité cotyloïde, puis une nouvelle courbure à concavité postérieure située au niveau du rétrécissement sous cotyloïdien et répondant à la courbure de la pelite échancrure sciatique. Le pied de la trajectoire est dirigé en arrière et en dedans, car on n'oublie pas que, dans la position assise, le bassin repose non sur le sommet de la tubérosité ischiatique, mais en avant de lui, sur le versant interne de la première portion de la branche ascendante de l'ischion.

Tout aulour de cet axe, construisons le profil schématique de la poulie répondant à la ligne limitant à la périphérie la substance dont est formée sa charpente. Ce ne sera plus une ligne sensiblement parallèle à l'axe, car 1l nous est impossible de concevoir, comme pour le fémur, que l'os coxal présente une épaisseur uniforme. [l montre au contraire, très neltement, des points rétrécis et des. points élargis que nous traduirons sur notre construction par des épaisseurs inégales du profil de la poulie. C’est ainsi que nous avons trois renfle=

— 6À — = fents et deux rétrécissements (schéma 12). Les points dilatés répondent en allant de haut en bas au massif des épines illaques postérieures, à la cavité cotyloïde prolongée en avant par la branche horizontale du pubis, à la tubérosité 1ischiatique prolongée par la branche ischio pubienne. Si si ces deux derniers épaississements ne sont pas très manifestes à la coupe, c'est qu'elle n’a pu, de par son orientation, intéresser les prolongements précités qui n’en ont pas moins une importance capitale dans la résistance de la poulie. Les points rétrécis sont le fond de la gran-

Sehéma 12

de échancrure sciatique et le rétrécissement sous cotyloïdien de la branche descendante de l'ischion. Tel est le profil de la section longitudinale de la poulie schématique qui renfermera les lignes de forces transmises par la colonne vertébrale au fémur ou à l'ischion. Mais, aux éléments de complexité si grande que nous venons de signaler, vient se surajouter, pour la modifier, une dernière et puissante cause de perturbation. Nous voulons parler de l'appui que prend la poulie fémorale contre le renflement moyen de la poulie pelvienne au

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