‹ L'Architecture de la Ceinture pelvienne: Essai de construction statigraphiqueChapitre 19 sur 21 · HAUT · texte numérisé non relu

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| — 65 — niveau de son bord antérieur. D'où la présence à ce niveau d'une cavité articulaire (l’acétabulum) qui logera l'extrémité supérieure de la poulie fémorale. Nous verrons plus loin quelles conséquences structurales dérivent de l'union à ce niveau de deux poulies différentes.

Résumons en quelques mots, d’après le schéma de Culmann, les lois de la statigraphique qui commandent la direction des courbes de forces dans une poulie. Ces lois nous permettront de calculer mathématiquement et à priori la direction des travées dans l’os coxal, puisque nous savons que celte direction traduit exactement celle des lignes de forces qui parcourent un os. Une première règle est que peu importe le point d'application de la force, à la condition qu’elle n’abandonne pas le champ de la ligne d’action. Seules la direction et la position de cette ligne d'action intéressent. C'est ainsi que dans la poulie de Culmann elle pourra s'exercer par une pression sur la convexité ou par uue traction sur la concavité ; le résultat restera le même quant à la direction des lignes de forces qu'elle fait naître dans la poulie. Quelque soit donc le point d'application de la force, elle tendra, si elle s'applique par exemple en D, à exagérer la flexion de la poulie (voir schéma 13). D'où écrasement les unes contre les autres des particules situées entre B et C et écartement de celles situées entre C et À. Les premières

subissent une pression, les secondes une traction. [l est manifeste qu'entre les par- Schéma 13

ticules soumises aux pressions et celles soumises aux tractions s'étendra une zone où s'opèrera la transition et où il n’y aura ni pression ni traction, C’est la zone neutre qui partage la coupe

a CSS en deux parties : côté des pressions E B C et côté des tractions À E C. La ligne E C réunissant tous les points de la zone neutre constitue l'axe neutre de la section longitudinale de la poulie (En pointillé sur les schémas 12, 13et15). L'axe neutre et l'axe de la poulie ne coïncident qu'aux points où les sections transversales sont parallèles à la direction de la charge. Pour une particule située du côté des pressions, plus elle se trouvera rapprochée de l'axe neutre plus faible sera la force de pression à laquelle elle sera soumise; même raisonnement du côté des tractions. Ces forces de pression et de traction donnent naissance dans la poulie à des courbes de pression et de traction orientées de telle sorte que, nées perpendiculairement du côté pression, elles vont tomber tangentiellement du côté traction et inversement. Ces courbes se coupent toujours à angle droit et elles limitent ainsi entre elles des espaces parfaitement orthogonaux. Le nombre et l’écartement de ces courbes sera toujours proportionnel au volume de la section (voir schéma 14).

Mais trachons et pressions ne sont pas les seuls effets de la charge D qui appuie sur la poulie. Chaque particule d'une seclion transversale tend en effet à se déplacer relativement aux particules de la section transversale voisine et les particules de chaque section longitudinale vis-à-vis des particules de la section longitudinale voisine. La force qui tend à produire ces déplacements s'appelle la force de poussée et ainsi se développe dans chaque section une nouvelle tension, la tension de poussée, qui s'oppose au déplacement de deux sections voisines l'une sur l’autre. Sans vouloir entrer dans la démonstration mathématique de ce qui va suivre, il est évident que la force de poussée el par conséquent la tension de poussée qu’elle développera seront maximum plus les sections transversales envisagées lendront à devenir paralièles au sensde la charge. Elles seront nulles au contraire quand cette section trans-

NN versale lui deviendra perpendiculaire. Si en effet on scie une poulie suivant la ligne A B les deux fragments glisseront l’un surl’autre {schéma 14).

Si on la scie en CDils n’auront aucune tendance à se déplacer. Or les courbes de force toujours dirigées en chaque point dans le sens des pressions ou des trac-

Üons maxima se trouvent :

être perpendiculaires au sens de la poussée (cette dernière n'intervient ni dans leur nombre, ni dans

leur densité). Il s’ensuivra

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qu'au niveau de la section

A B ou les forces de poussée sont maximum, toutes les Er

courbes seront réparties dans toute la surface de la coupe formant un quadrillé parfaitement orthogonal. Au contraire, au niveau de la coupe C D, qui est normal ou qui fait un angle très grand avec la direction de la charge, la force de poussée étant nulle, les courbes des forces de pression ou de traction se {asseront à la périphérie et, tangentes au profil de la poulie, resteront perpendiculaires au sens de la poussée.

La charge qui appuie sur la poulie pelvienne et qui lui est fransmise par la colonne lombaire peut être représentée par la ligne X Y. Supposons qu'elle n’agit que comme pression dirigée de haut en bas et faisons abstraction de son action de poussée latérale qui tend à écarter les deux os coxaux et que nous ne pouvons étudier sur cetle section longitudimale faite dans un plan sagittal. Envisageons une première sec{ion

Ve

transversale faite suivant À B et passant par le renflement supérieur de la poulie pelvienne (Pour toute cette discussion se rapporter au schéma 13). Prolongée en bas, elle fait un angle tellement aigu avec la ligne de la charge, qu'on peut la considérer comme lui étant parallèle; à son niveau, l'axe neulre se confond avec l’axe de la poulie. La charge X Y produit des pressions sur le côté B D et des tractions sur le côté À C. En outre, de par son inclinaison même sur le sens de la charge, la tension de poussée sera maximum dans son plan. De chacun des versants À Cet B D partiront des courbes de forces perpendiculaires à ces surfaces et destinées à traduire les forces de pression et de traction qui s'exercent à ce niveau. Celles qui partent du côté traction À C devront, suivant les règles précédemment exposées, tomber tangentiellement sur le côté pression au point, où la poulie subissant une première inflexion, nous pouvons imaginer une section transversale perpendiculaire au sens de la charge. Celle section C D répond au rélrécissement sciatique. De même, les courbes qui partiront perpendiculairement du côté pression B D iront tomber tangentiellement en C, du côté lraction de la seclion transversale C D. En ces deux points Cet D les courbes se condensent donc à la périphérie en formant un épaississement des bords de la poulie, alors qu’elles font défaut en son centre. En A B, au contraire, elles sont uniformément réparties sur toute la surface de la section, donnant à cette portion de la poulie une struclure aréolaire répondant parfaitement à la force de poussée qui s'exerce à son niveau.

Dans la section transversale G H, répondant au renflement inférieur de la poulie pelvienne, nous pouvons tracer une construction en tout point comparable à celle de la section À B. Elle fait en effet à son Lour un angle très aigu avec la direction de la charge, ce qui entraine une force de poussée maximum à son niveau, Du côté F H s’exercent les pressions

ne

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Schéma 13

et du côté E G les tractions. Les lignes de force s’entrecroisant perpendiculairemant en G H donneront à cette portion de la poulie une structure aréolaire. Comme elles vont respectivement tomber tangentiellement en E du côté traction et en F du côté pression, elles se condenseront à ce niveau à la périphérie de la poulie sans traverser la région médiane de cette même section transversale E F.

Enfin, dans le renflement moyen de la poulie, entre les sections C Det EF, les différentes sections transversales de la poulie que l'on pourra mener couperont toutes plus ou moins perpendiculairement le sens de la charge. Il s’ensuivra que les courbes de forces resteront tassées à la périphérie et décriront des trajectoires à grand rayon. Parties tangentiellement en F ou en D du côté pression elles iront tomber perpendiculairement du côlé traction en C E. Quant aux courbes qui devraient théoriquement partir tangentiellement de Cet de E pour aller tomber perpendiculairement du côté pression D F nous ne les construirons pas sur celte figure, leur direction et leur signification se trouvant trop profondément modifiée, comme nous allons le voir plus loin, par la présence à ce niveau de la poulie fémorale.

Mais, en dehors de ces divers groupes de courbes de forces situés tout entier dans les trois renflements de la poulie, doivent exister des systèmes de courbes d'association qui, issues du côté pression au niveau de la section transversale de l’un des renflements, iront se terminer sur le côté traction de la section transversale d’un renflement sus ou sous jacent el inversement. Telles sont les courbes qui, nées tangentiellement en C, iront tomber normalement en H après s’être relayées en E, ou encore celles qui, parties tangentiellement en E, tomberont normalement en B après relai en C. Les diverses porlions de la poulie sont donc architecturalement solidaires et l’on peut en dernière analyse conclure qu’elle

est constituée par une série de courbes de forces situées sut le prolongement l’une de l'autre et ohéissant aux lois de la statigraphique,qu'on les envisage dans leurs éléments isolés ou dans tout leur trajet.

Appuyons maintenant contre la poulie pelvienne la poulie fémorale de Culmann. Ceite dernière supporte dans la station debout une charge qui s'exerce suivant la ligne U V et qui développe une zone de pression en A’ B’ et une zone de traction en A’C7. L'’extrémité de celte poulie creuse dans le massif de la poulie pelvienne une cavité dans laquelle elle prendra point d'appui et qui, vu l’absence de continuité des travées osseuses entre les pièces squelettiques, s'opposera par sa configuration à la force de poussée développée à ce niveau et qui tendrait à faire glisser les surfaces arliculaires l’une sur l’autre. Ainsi s'explique la morphologie de la cavité acéabulaire surplombée par le sourcil cotyloïdien et le massif des épines iliaques antérieures. Mais outre la force de poussée qui tendrait à disjoindre les surfaces articulaires el qui est compensée par la morphologie spéciale de l’article, la tête fémorale, de par le sens de la charge, renferme une série de courbes de forces qui traduisent les achons de pression et de traction auxquelles elle est soumise. Élant donné la solidarité fonctionnelle qui existe entre ces deux os, nous devons présager en principe la même solidarité structurale et que les courbes de la poulie pelvienne doivent se trouver sur le prolongement des courbes fémorales au point de juxtaposition de ces deux poulies. C’est ce que démontre d’une façon admirable la mise en place de la poulie fémorale dans ses rapports normaux avec la poulie pelvienne. On voit dans la tête fémorale deux systèmes principaux de courbes. Le premier répondant aux tractions est constitué par des courbes qui, parties tangentiellement de la diaphyse fémorale du côté de la concavité du col, montent obliquement

pour se jeter normalement sur la surface articulaire dans la région située au-dessus de la fossette du ligament rond. Les fibres du second système répondant aux pressions partent au niveau de la convexité du col et se terminent sur la surface articulaire au-dessous de la fossette. Les premières se continuent bout à bout avec les courbes pelviennes parties du rétrécissement ischiatique au niveau de la section transversale C D. Les supérieures vont, après un relai en C, tomber du côté pression en B. Les inférieures, après un relai en D, du côté traction en A. Elles restent donc tangentes à une de leur extrémité et perpendiculaires à l’autre. Quant aux courbes fémorales, les plus externes, elles se continuent dans la poulie pelvienne par des lignes de forces qui appartiennent en propre à la station debout et qui sont toutes entières situées dans le massif des épines illaques antérieures. Ces dernières courbes, normales à chacune des parois limitante de la poulie pelvienne, paraissent échapper à la règle que nous avons posée au début de ce chapitre. Ce n’est qu’une apparence, si l’on veut bien se souvenir qu'elles ne sont que la continuation des courbes de la poulie fémorale. Normales à leur origine du côté traction dans la poulie pelvienne, elles sont, en effet, langentes du côté pression dans le col du fémur. (1)

Les courbes femorales répondant à la pression se continuent dans la poulie pelvienne par des courbes très courtes qui vont tomber obliquement en E. Ici aussi la loi générale se vérifie car ces fibres parties tangentiellement du côtétraction

(1) La radiographie d’une pièce d'ankylose donnée par Latarjet et Gallois dans leur travail démontre encore mieux la continuité de ces deux systèmes. Les deux systèmes fémoraux et pelviens désormais fusionnés par le processus pathologique ankylosant de l'articulation coxo-fémorale s’y retrouvent parfaitement continus.

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dans la poulie fémorale se continuent en réalité après un relai en E avec les courbes du renflement inférieur de la poulie pelvienne qui vont tomber normalement sur le côté pression en H.

Il suffit de se rapporter à la description et mieux encore à la planche IV que nous donnons de la coupe répondant à la section longitudinale de la poulie que nous venons de construire pour voir la concordance parfaite qui existe entre les courbes théoriques de la staligraphique et les travées de l'os. Seules font défaut dans la poulie les travées concentriques les plus voisines de la cavité cotyloïde. Il s'agit d’un système surajouté comme en trouve sur tous les os au niveau des surfaces concaves et destiné à s’opposer à l'écrasement de la surface articulaire et à solhidariser les diverses travéesrayonnées qui lui sont perpendiculaires. Ce système, situé en dehors du trajet des lignes de forces, ne pouvait trouver place dans une construction théorique.

Si nous résumons maintenant, en quelques mols, les données précitées, nous voyons que pour les renflements supérieur et inférieur de la poulie pelvienne la formule de la direcüon des travées est très simple et répond à la formule qui a été donnée pour la poulie fémorale. Les sections transversales y sont parallèles, d’où deux systèmes de trajectoires normales au côlé pression et traction et allant se terminer tangentiellement à la périphérie de la poulie au niveau des sections transversales CG D et E F perpendiculaires au sens de la charge. Ces deux renflements de la poulie ont donc la même structure que les épiphyses des os longs et les sections transversales perpendiculaires à la charge celle des diaphyses. C'est là une conclusion qui ne fait que confirmer ce que nous avons dit précédemment en exposant notre conception de la signification anatomique de chacune des portions constitutives de l'os coxal. Cette simplicité structurale répond, en

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