‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 10 sur 133 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Au XIV** et au xv*' siècle, Tltalie possédait d'iiabiles orfèvres et d^excellents me'dailleurs. C'est par eux surtout que commença la Renaissance, et un peu par eux qu'elle se répandit. L'orfèvrerie était alors une manière d'encyclopédie de l'art; ceux qui s'y livraient, par suite des exigences multiples de leur profession, devaient savoir un peu de tout. L'architecture et la statuaire ne leur étaient pas étrangères; ils devenaient les arbitres par excellence du bon goût, ils avaient voix dans les concours; les sculpteurs et les architectes les consultaient, et souvent, comme Ghiberti, Donatello et Brunellesco, avaient commencé par être leurs élèves. Plus libres dans leurs conceptions et trouvant plus de modèles dans l'antiquité que dans le moyen âge, ils imitent la première et sont suivis de près par les médailleurs dont les produits n'ont pas de limites, chaque ville, chaque prince, chaque corporation voulant avoir sa médaille, sans compter celles qui sont émises à l'occasion du moindre événement et celles que des artistes eux-mêmes font frapper à leur effigie. L'habitude de se faire représenter en médaille engendre l'idée de se faire représenter en médaillon et de figurer de même les personnages que l'on veut honorer. Ce n'est pas assurément la Renaissance qui a inventé le médaillon, mais elle l'a employé beaucoup plus et avec beaucoup plus de bonheur que toute autre architecture, si bien qu'elle ne peut se concevoir sans lui ni en Italie ni ailleurs. Nous avons en France des médaillons empruntés comme style soit aux médaillons italiens, soit directement aux médailles qui circulaient en deçà des Alpes, après être sorties des ateliers de Pisanello,

2j L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

Matteo de' Pasti, Boldu, Sperandio, Cristoforo di Geremia, etc.

Nous avons nommé les trois artistes dont le génie marque Pavènement de la Renaissance. Le premier en date est Ghiberti (i38i-i455), Theureux vainqueur, en 1402, du concours institué à Florence pour les portes du baptistère. Brunellesco (1377- 1446), qui seul lui avait disputé la victoire, bien qu'un peu plus âgé, s'inclina de bonne grâce, reconnaissant la justice du jugement rendu; puis, en compagnie de son ami Donatello (i 386-1468), il partit pour Rome, où il espérait trouver dans l'étude des monuments antiques sa véritable voie. Là, en effet, ébloui par tout ce qu'il voit, il perd le soin de l'existence matérielle et ne rêve que chapiteaux, colonnes, entablements. Muni de bons dessins, instruit surtout par les méditations auxquelles il s'est livré, il revient plusieurs fois dans sa ville natale où une œuvre considérable préoccupe tous les esprits. Il s'agit d'élever sur le transept de Sainte-Mariedes-Fleurs la coHpole dont Arnolfo di Lapo avait préparé la place, sans trop s'occuper des difficultés de l'exécution. Voyant que ses projets ont pour l'instant peu de chance d'être acceptés, il partage de nouveau son temps entre Rome et Florence, et attend patiemment jusqu'en 1420 l'occasion de provoquer un concours entre les architectes de tous les pays. Les Italiens seuls répondent à l'appel, et Brunellesco, qui prend part aux discussions préparatoires du jugement, critique si bien les plans et les idées de chaque concurrent qu'il n'en laisse rien subsister et qu'aucune résolution nç peut être prise. C'est alors qu'il expose ses idées. Suivant lui,

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